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Critique Ciné : D'une vie à l'autre, usurpation d'identité

14 Mai 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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D’une vie à l’autre // De Georg Maas. Avec Juliane Kohler, Liv Ullmann et Sven Nordin.


Les films sur la Seconde Guerre Mondiale sont devenus monnaie courante ces dernières années et cette année c'est pas moins du troisième film qui met en scène une histoire parlant de nazis et de Stasi. La différence avec les autres c'est que D'une vie à l'Autre se déroule bien après la guerre et avant la réunification. L'histoire devient rapidement attachante même si celle ci n'évite malheureusement pas les poncifs du petit thriller qui ne veut pas faire trop de bruit. Du coup le film reste assez innocent, beaucoup trop à mon goût alors qu'ils auraient réellement pu en profiter. On nous parle tout de mêmes des enjeux de la Norvège (le point de vue est norvégien) vis à vis de toute cette histoire où une femme est avant tout en quête d'identité. C'est ça le but premier de ce film bien au deal de la dénonce de ce qui aurait pu se dérouler a cette époque. Le sujet est riche mais les personnages du film n'évoluent pas tellement si ce n'est au travers de quelques scènes ressemblant à un vieux film d'espionnage (je pourrais prendre comme référence La Taupe). D'une vie à l'Autre se doit aussi de faire une petite leçon d'histoire.

Europe 1990, le mur de Berlin est tombé.
Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse.
Progressivement de lourds secrets refont surface, dévoilant le rôle de la STASI, les services secrets de la RDA, dans le destin de ces enfants. Pour elle et ses proches, quel est le plus important ? la vie qu’ils ont construite ensemble, ou le mensonge sur lequel elle repose ?…

Si cela nous permet d'en apprendre sur la Norvège à l'époque de la Seconde Guerre la présentation historique est beaucoup trop convenue et académique (un professeur d'histoire et des diapos) puis cette scène de confession montée avec des flashbacks filmés de façon très old school (mais dans le bon sens du terme, collant parfaitement a ce que l'on peut attendre d'images d'archive de cette époque) fonctionne. Bien que le film dans sa globalité ne soit pas particulièrement surprenant c'est esthétiquement très travaillé et même plutôt beau. Quand je suis aller voir D'une vie à l'Autre je dois avouer que je ne m'attendais pas du tout à aller voir un film aussi bien mis en scène. Certes, les pays nordiques ont tendance a faire de belles productions mais celle ci est très cinématographique. L'histoire a tout d'un téléfilm mais ce qui l'enrobe fait le réel succès de D'une vie à l'Autre. Je ne suis pas un spécialiste de cette époque et encore moins du cinéma norvégien mais je pense que ce film mérite amplement sa sortie au cinéma. Comme je le disais plus haut l'histoire n'est pas nécessairement très novatrice mais elle nous permet d'avoir le point de vue d'un autre pays que l'on a tendance a oublier quand on parle de l'occupation nazi.

Cette histoire a très bien pu de dérouler dans d'autres pays occupés mais le film tissé au fil de son histoire quelque chose de bien plus complexe qu'une simple quête de réponse. Pour ce qui est des aveux c'était très bien interprété et judicieux afin de caler quelques solides flashbacks nous permettant de comprendre un peu mieux le passé de cette femme et les enjeux de ce qui oui arrive aujourd'hui des années après. La narration est cependant simple et même si mon arrive sans problème à aller au bout du film je dois avouer que je me suis demandé s'ils n'auraient peut-être pas pu ajouter des éléments plus dramatiques. Avec une femme au passé si troublant et touchant on aurait pu apprécier d'être émus mais je n'ai malheureusement rien ressenti de ce point de vue là non plus. Il y a des choses qui sont tout de même dénoncées dans ce film et notamment la manière dont l'héroïne est amenée a témoigner qui est assez perturbante ou encore les dangers dont elle va plus ou moins être victime (la scène de la poussette était impressionnante tout de même dans le sens où elle nous implique avec le personne et les problèmes dans lesquels elle s'est mise toute seule).

Au fond je suis donc très partagé entre une mise en scène impeccable, un solide casting mais un scénario pas toujours suffisant et faisant quelques impasses malheureuses sur des aspects de l'histoire qu'il aurait été intéressant de développer. Mais ce n'est pas faute de tenter des choses, des aller retour dans l'intrigue et au travers de la vie de ce personnage a fleur de peau mais tout ne semble malheureusement pas coller comme cela devrait. C'est un peu comme si le film ne trouvait par moment pas de moyens d'équilibrer le tout. J'ai donc être perdu par moment par D'une vie à l'Autre alors qu'au fond c'était un sujet qui m'intéressait. Malgré un twist prévisible, la prestation de Juliane Kohler est tout de même impeccable et je pense que c'est avant tout ce qu'il faut retenir. De plus, on sent le réalisateur, Georg Maas, impliqué dans ce qu'il veut nous raconter. Je ne connaissais personne (alors que je regarde pas mal de fictions télévisées norvégiennes a défaut de films) mais cela m'a donné envie de creuser et de voir ce que je pourrais peut être découvrir comme pépite dans ce pays.

Note : 5/10. En bref, un film avec un sujet intéressant mais qui ne trouve pas d'équilibre dans son ton. On pourra tout de même se satisfaire d'un solide casting et d'une mise en scène irréprochable.

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