Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : Dead Man Talking, milles et une nuits

3 Septembre 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

20469164.jpg

 

Dead Man Talking // De Patrick Ridremont. Avec Patrick Ridremont, François Berléand et Virginie Efira.


Si l'on peut saluer l'essai, le premier film de Patrick Ridremont reste malgré tout de même un pneu crevé. Disons que Dead Man Talking aurait certainement pu faire un bon court métrage mais sur une heure quarante de film on passe alors de spectacle intéressant à spectacle ennuyant. Le casting n'est pourtant pas raté mais il manque terriblement de direction dans cet univers glauque et fade. En voulant donner à son film un arrière goût de film sale et violent, le propos grotesque et les personnages particulièrement lissent ne permettent pas de développer le propos. On sent qu'il y a une volonté de faire de ce film SF quelque chose, notamment quand l'on nous introduit la question qui va tout changer "Il a le droit de parler pendant combien de temps ?". Au premier abord, le film inspire la curiosité (le curé rouillé et bourré, le directeur de prison râleur, la fille de celui-ci qui aimerait bien pimenter un peu sa vie, etc...) et puis rapidement il s'embourbe dans tout ce qu'il tente de nous montrer à l'écran.

20 h. Une prison quelque part. William Lamers est condamné à mort. La loi ne précisant pas la longueur de sa dernière déclaration, il va profiter de ce vide juridique pour dérouler le fil de sa vie afin d’échapper à la sentence. Son exécution qui ne devait être qu’une formalité va alors devenir le plus incroyable des enjeux politique et médiatique.

Le scénario manque donc de forces. Les histoires que William Lamers nous conte ne sont pas vraiment intéressantes et malheureusement c'est ce qui est sensé rythmer le film du début jusqu'à la fin. Les personnages autour de lui, de la chargée de com transparente (incarnée par Virginie Efira) au Gouverneur aussi niais qu'un François Pignon. L'aspect télé-réalité de Dead Man Talking est lui aussi très mal exploité. Cela aurait pu être un excellent ressort scénaristique sauf qu'il s'avère que c'est très mal exploité. On se contente de nous parler ici et là des retombées médiatiques sans que l'on en mesure réellement l'ampleur. J'aurais bien aimé que l'on nous montre aussi à quel point les téléspectateurs sont pour la perversité de la télé-réalité et dénoncer aussi cette forme de télévision qui a envahie le paysage audiovisuel. Je ne sais pas quel était le réel premier but de Patrick Ridremont avec Dead Man Talking mais à mon sens il avait tellement de choses entre les mains qu'il s'est paumé en cours de route.

L'introduction du film démontrait déjà la vacuité du truc. Malgré tout, l'humour noir aide à faire passer en grande partie la pillule. Une pillule un peu trop grosse tout de même qui manque un peu de charme par moment quand Dead Man Talking tente de revenir à l'histoire de son "héros". Le vice est poussé jusqu'au moment où ils vont tout faire pour le réanimer alors qu'il était sensé mourir. Dead Man Talking s'apparente finalement à une relecture de l'histoire de Shéhérazade, cette femme qui après son mariage, le soir venu, va raconter une histoire palpitante au sultan sans la terminer. Son époux, voulant tellement connaître la suite va finir par lui laisser la vie sauve une journée de plus jusqu'à ce que ce stratagème dure pendant mille et une nuits et finit alors par se résoudre à garder Shéhérazade auprès de lui pour toujours. Dead Man Talking ne parvient pas à faire naître l'intérêt, l'envie de connaître la suite alors qu'au fond c'était le postulat de départ de ce film.

Note : 3/10. En bref, malgré une très bonne idée de départ, le tout s'enfonce dans quelque chose de particulièrement grossier.

Commenter cet article