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Critique Ciné : Des Gens qui s'Embrassent, style dépassé

15 Septembre 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Des Gens qui s'Embrassent // De Danièle Thompson. Avec Eric Elmosnino, Kad Merad et Max Boublil.


Mine de rien, le cinéma chorale est un exercice à la fois difficile et périlleux. D'une part car rare sont les films réussis de ce genre là et d'autre part car c'est casse gueule tout simplement sauf que Danièle Thompson s'entête et ne comprends pas qu'il faut qu'elle arrête ce genre de film avant qu'il ne soit trop tard. En effet, Des Gens qui s'Embrassent s'enlise au fil du film dans une mixture pas toujours très lisible. Les personnages, saucissonnés dans des intrigues pas terribles et manquant d'originalité ne parviennent donc jamais à éclore. Alors certes, on peut saluer la prestation de la brillante Valérie Bonneton qui semble être excellente en toutes circonstances (notamment quand elle est aux côtés de Ivry Gitlis dans sa chambre d'hôpital à expliquer ce qu'elle fait) et à Ivry Gitlis qui justement joue de sa simplicité et de ce fait nous offre une prestation particulièrement joviale et intéressante. Malheureusement, on peut regretter qu'au-delà de ça, les personnages ennuient le spectateur qui est trimbalé de scènes en scènes sans que l'on ne ressente de la cohérence entre les histoires.

Ça tombe mal l’enterrement de la femme de Zef pendant que Roni marie sa fille ! Cet événement inattendu aggrave les conflits entre les deux frères que tout sépare déjà : métiers, femmes, austérité religieuse de l’un, joie de vivre de l’autre, tout, à part leur vieux père au cerveau en vadrouille et leurs deux filles qui s’adorent. Entre Londres, Paris, Saint-Tropez et New York, affrontements, malentendus, trahisons, vont exploser le paysage de la famille, mais grâce à ces disputes, à ces réconciliations chaotiques, vont naître une grande histoire d’amour… et peut-être deux.

Des Gens qui s'Embrassent souffre donc d'un montage particulièrement anarchique. Tout semble se perdre ici et là sans que l'on ne parvienne à mettre le doigt sur les problèmes réels de ce film. J'avais envie de quelque chose d'amusant sauf que les gags sont rarement réussis et ne parviennent pas vraiment à donner de coup de fouet à l'histoire. S'il faut attendre Valérie Bonneton à chaque fois pour réellement s'amuser dans Des Gens qui s'Embrassent, on peut attendre longtemps étant donné que ce n'est pas l'un des personnages principaux. Eric Elmosnino, découvert dans Gainsbourg (vie héroïque) incarne ici un personnage particulièrement plat et ce n'est pas Kad Merad qui va l'aide. Ce dernier, passant un bon tiers de son temps à chanter du Frank Sinatra finit rapidement par nous ennuyer et nous donner envie de zapper. Encore une fois, je me demande vraiment ce que voulait réellement nous raconter Danièle Thompson avec son film. Il semble bien partir et puis tout d'un coup l'ensemble se transforme tantôt en fiante imbuvable et tantôt en film gentillet inoffensif.

Alors certes, je veux bien être gentil et accepter le fait que Des Gens qui s'Embrassent peut avoir des défauts mais disons que le film ne cherche jamais à nous impliquer. On ne ressent donc aucune émotion et pour un film chorale de ce genre là, je pense que c'est un gros problème. Danièle Thompson qui a monté son film au couteau ne s'est certainement pas rendu compte que cela tuait alors l'implication émotionnelle des spectateurs. Sauf que c'est important pour le spectateur de ressentir ce qu'il voit à l'écran. Vous ne pensez pas ? Le cinéma c'est généralement un moment d'émotions. Alors cela ne veut pas nécessairement dire de pleures mais cela peut aussi être d'éclats de rire, de sueurs froides, etc. La froideur clinique de Des Gens qui s'Embrassent clôture donc ce panel de défauts plus grossiers les uns que les autres. Il y avait quelques bonnes choses (on peut aussi citer Monica Bellucci qui réussie à être drôle une fois dans le film) mais voilà, c'est loin d'être suffisant.

Note : 3/10. En bref, un film choral à oublier. Danièle Thompson devrait tout bonnement arrêter ce style de cinéma qui ne lui va pas à ravir.

Date de sortie : 10 avril 2013

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