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Critique Ciné : Des Vents Contraires, touchantes facilités...

19 Avril 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Des Vents Contraires // De Jalil Lespert. Avec Benoît Magimel, Antoine Duléry et Isabelle Carré.


Jalil Lespert passe derrière la caméra pour la première fois de sa carrière avec Des Vents Contraires et laisse donc le premier rôle à Benoît Magimel. Sans être un acteur que j'idolâtre tout particulièrement, j'ai trouvé sa prestation d'un père perdu que seul l'amour pour son fils va sauver de la mort était très sympathique. Au fond, si Des Vents Contraires n'est pas trop étouffant c'est grâce à l'énergie de son interprète principal. Il est certain que sans lui, le film ne serait pas exceptionnel. Il y a des moments particulièrement touchants (la découverte de la mort de sa femme à la fin du film, la mort d'un ami qu'il avait tenté de sauver du gouffre, la persécution dont il a été victime aussi bien par les coups de téléphone de remords que par la police). Au fond, Des Vents Contraires nous plonge dans un univers qui par moment se veut trop vide de pas mal de sens. Il est certain important de garder la dimension émotionnel de ce film en tête mais l'histoire en elle même n'est pas toujours assez consistante. On passe du coq à l'âne assez rapidement. Il faut à tout prix que le personnage principal plonge dans une spirale infernale vers le désespoir le plus total...

La vie de Paul bascule le jour où sa femme Sarah disparait subitement. Après une année de recherches infructueuses, Paul est un homme brisé, rongé par le doute et la culpabilité. Sa dernière chance est peut être de tout reprendre à zéro : déménager avec ses 2 enfants à Saint-Malo, la ville où il a grandit. Mais des rencontres inattendues vont donner à ce nouveau départ une tournure qu’il n’imaginait pas.

Au fond, Des Vents Contraires nous raconte une histoire assez déprimante mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas bonne. La base est assez solide, ce qui permet d'adhérer assez rapidement au sujet. Jalil Lespert a mis en scène son film de façon à ce que l'on s'imprègne au maximum des personnages et des décors avant même de ce que l'on nous dialogue tout au long. Il y a une vraie sensibilité qui se dégage du personnage principal, Paul. C'est aussi ce qui permet au film de ne pas nous ennuyer car Paul est si attachant dès le début. On navigue donc entre amis, son travail (la scène avec la jeune élève de l'école n'était pas nécessaire). On sent au début du film qu'il y a une certaine volonté directe de bourrer le personnage de Paul de malheureuses situations, d'échecs brutaux de sa vie, … Peut être qu'il aurait fallu prendre le film mais dans le sens inverse. L'impact émotionnel aurait été différent et aurait sûrement apparu moins lourd et plus léger. L'histoire tombe donc par moment dans les facilités scénaristiques tout comme les clichés, ce qui galvaude la justesse du propos.

Cependant, Des Vents Contraires parvient à nous offrir un Benoît Magimel particulièrement bon dans ce qu'il nous offre. La direction d'acteur est assez bonne pour être notée finalement. Cela aide donc le film à aller au bout de ses propres envies par moment (certains points culminants arrivent tout de même à mouiller les yeux, sans forcément nous faire pleurer). Isabelle Carré quant à elle m'a presque fait de la peine. Elle est très bonne dans ce qu'elle fait, mais le souci vient de son personnage que j'ai trouvé lourd et antipathique. Je sais bien que l'histoire veut ça, mais ce n'était pas tellement ce que j'aurais voulu. Antoine Duléry incarne quant à lui un frère qui en veut à Paul pour tout ce qui s'est passé avec son père, l'abandon et l'absence (au fond, le sujet de ce film peut se résumer avec ces deux mots). Jalil Lespert réalise ici un premier essai correct, sans être exceptionnel. Disons que le film se suffit et qu'il fera passé un bon moment à tous les mélancoliques. Si vous ne voulez pas déprimer, évitez.

Note : 6/10. En bref, un film tout en simplicité avec une légère saveur d'émotions malgré une histoire plongeant par moment dans les facilités et clichés scénaristiques.

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