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Critique Ciné : Gainsbourg, vie héroïque, un biopic bien foutu !

15 Juin 2010 , Rédigé par Ca Deborde De Potins ! Publié dans #Critique Ciné

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Gainsbourg, vie héroïque // De Joann Sfar. Avec Eric Elmosnino et Lucy Gordon.

 

Je me suis enfin penché sur le biopic sur Gainsbourg. Je vais d'abord commenter le sous titre du titre du film : vie héroïque. J'ai bien eu du mal à comprendre pourquoi sa vie est héroïque et finalement, à la fin du film, je n'ai pas eu la réponse. Globalement et esthétiquement parlant, c'était tout simplement magnifiquement bien foutu, on ne manque pas de légerté dans les personnages et surtout de fivolité très déshabillée mais ça, ce n'est qu'une petite partie du film. Eric Elmosnino, mis à part sa ressemblance affolante à Gainsbourg il n'en ai pas moins un très bon acteur dans ce rôle, il m'a vraiment convaincu de voir un film intime sur la vie de Gainsbourg comme un livre où l'on montre tout sans rien caché. Ici, c'est pareil et c'est réussit.

J'ai longtemps hésiter à regarder ce biopic, ayant une peur de l'ennui car deux heures de film sur un artiste certes dont la vie est intéressante mais bon, les biopics sont rarement réussit. J'ai l'impression qu'en France on a une culture des biopics réussit car après La Môme, celui ci crève également l'écran de milles feu.

Dans un premier temps, le film se concentre sur l'enfance du chanteur / compositeur afin de comprendre le personnage et savoir le pourquoi du comment. Ce film nous entraîne dans un trip avec l'égo imaginaire de Serge représenté par un grosse tête. On se croirait vraiment comme dans un trip sous acide et l'ensemble est réussit. Ce n'est en aucun cas gênant de découvrir le personnage sous un forme peu anodine et très peu conventionnel. On sort des clous en racontant l'enfance peu ordinaire d'un enfant juif qui va réussir à passer dans les mailles du fillet de la Seconde Guerre Mondiale. Peut-être est ce là la vie héroïque ? Je ne sais pas trop mais en tout cas il n'a pas eu l'enfance de Mr tout le monde notre Gainsbard national.

Après une enfance peut ordinaire, on découvre à coeur ouvert un personnage complètement fou et cinglé au fond de lui, à la limite de la schizophrénie, demandant conseil à son égo surdimentionné. On découvert également un homme fragile et sensible qui voue un totale vocation aux femmes et à leurs mystères. Entre ses premières chansons, et son changement de vocation (au départ peintre puis compositeur), ses premières amours. Le passage avec France Gall c'était bien sympathique. Il n'aime pas du tout le père de France Gall et il le montre, et sa petite phrase "Quand vos parents aiment ce que vous fêtent, c'est que c'est de la merde", franchement, on reconnaît bien la touche Serge Gainsbourg dans cette phrase. Mr qui s'en fou complètement de ce que les autres pensent de lui et qui n'en fait qu'à sa tête. Intéressant. Puis on a droit à Brigitte Bardot et une entrée des plus remarquable de Laeticia Casta sur un remix très bien foutu de Initiales B.B. J'adore cette musique. Puis après on a droit à la majestique Bonnie & Clyde qui reste l'un des duos français les plus sensuels des années 60 tout de même. Une chanson qui reste gravée à jamais, un duo de charme et de séduction parfait. Ils étaient fait pour s'entendre ces deux là mais finalement ça n'a jamais réussit.

Et voilà, on passe ensuite à Jane Birkin. Sous les traits de la sublime Lucy Gordon que trop vide disparue du monde du cinéma s'étant suicidée peu de temps après le tournage de ce film (le film lui est d'ailleurs dédié à la fin). Bref, son accent anglais me fait complètement fondre et cette Jane Birkin là, elle en a de la classe du charme. Notamment cette reprise de Je t'aime moi non plus, tout simplement génialissime et vraiment belle reprise. Lucy Gordon sublime l'écran dans la peau de l'une des icônes des années 70. Je crois que ma scène la plus marquante reste le moment où Serge rentre chez lui et qu'il est ivre, qu'il gueule sur ses enfants et que Jane arrive et l'engueule à son tour. C'était tellement beau cette scène. Ce film est vraiment sublime du côté esthétique.

Enfin, on arrive à la partie de la descente aux enfers, la véritable fin de Serge Gainsbourg et son enterrement à coup de petite cuillère au fur et à mesure que le temps passe. Des scènes émouvantes avec un acteur qui reste une révélation pour moi car très intéressant dans ce rôle là. On revoit cette partie avec la reprise raggae de La Marseillaise. Je ne suis pas frillant de raggae donc je n'ai pas du tout aimé cette reprise mais l'idée était bonne au départ et puis Serge Gainsbourg c'est un gars complètement fou à la base aussi donc on peut lui pardonné cet écart.

 

Note : 8/10. En bref, un biopic maîtrisé, sublimé par une esthétique parfaite et un casting charismatique et plus que parfait. Une réussite française. C'est rare pour être souligner donc, profitons en.

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