Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : Hijacking, oppressante vérité

31 Août 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

21006611_2013051617393351.jpg

 

Hijacking // De Tobias Lindholm. Avec Pilou Asbaek, Soren Malling et Dar Salim.


Mine de rien, le Danemark est devenu un pays à suivre aussi bien au cinéma (La Chasse dont Tobias Lindholm a écrit le scénario) qu'en termes de séries (Borgen, Bron, Forbrydelsen, etc.). Hijacking fait partie de ces très bonnes surprises que l'on n'attend pas. A chaque fois que je me lance dans un film danois j'ai peur qu'il ne soit pas nécessairement ce que j'avais en tête et une fois que je n'ai vu, je ne le regrette finalement pas. Le sujet exploité par Hijacking va également être le sujet du prochain film de Paul Greengrass avec Tom Hanks, l'histoire d'une prise d'otages aux abords de la Somalie. Bref, Hijacking exploite son sujet de façon très réaliste et passionnante sans jamais faire retomber la pression. Le fait que l'on soit sur un bateau et dans la cellule de crise de l'entreprise à qui appartient le cargo au Danemark permet de nous offrir un film particulièrement percutant du début à la fin. Dès les premières minutes, la sobriété de la réalisation de Tobias Lindholm (scénariste pour Borgen dont il a emprunter Soren Malling connu pour son rôle de Torben dans la série politique).

En plein océan Indien, le navire danois "MV Rosen" est pris d’assaut par des pirates somaliens qui retiennent en otage l’équipage et réclament une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes restés à bord, Mikkel, le cuisinier, marié et père d’une petite fille. Prisonnier et affaibli, il se retrouve au cœur d’une négociation entre Peter, le PDG de la compagnie du cargo et les pirates. Pour l’armateur, sauver ses hommes est un devoir. Mais le sang-froid et les millions suffiront-ils à ramener tous ses marins dans leur famille ?

Le scénario gère avec beaucoup de minutie cette terrible histoire. Jusqu'au bout Hijacking est ponctué par des moments percutants qui parviennent à nous montrer qu'au fond, tout cela ne pouvait pas bien se terminer. Au-delà de la prise d'otages et de la vie sur le bateau, Hijacking se permet également d'exploiter les difficultés de la négociation pour trouver un accord sur le montant qu'ils pourront donner aux ravisseurs ou encore le poids que cela induit pour le responsable de la société. Tout cela est là aussi très bien mis en scène. Notamment car la cellule de crise au Danemark est encore plus confinée que le bateau et que les personnages sont encore plus mal à l'aise alors qu'ils n'ont aucune idée de ce qu'il se passe réellement sur leur bateau. Rapidement, Hijacking devient un film oppressant qui gère ses personnages avec une telle sincérité que l'on a envie de croire que ce qu'il se passe s'est bel et bien déroulé (et au fond, tout cela s'est déjà déroulé plusieurs fois, notamment il y a quelques temps où ce genre de kidnappings de bateau étaient à la mode).

Le film nous propose également une manière sobre de faire les choses. Tobias Lindholm filme tout avec sincérité. Il utilise à foison les gros plans afin de nous plonger encore plus aux côtés des personnages et de ce qu'ils peuvent vivre. En tout cas, l'expression des visages de chacun nous montre déjà à quel point tout ce qu'il se passe sur ce bateau n'est pas simple. Et justement, le casting est fort voire même puissant. Il se dégage quelque chose de réellement bon de leur part. En créant son univers étouffant, le réalisateur parvient à ne jamais donner envie aux spectateurs de lâcher son écran ce qui n'était pas pour autant ce à quoi je m'attendais. Le scénariste du brillant La Chasse devient donc ici très en forme avec quelque chose de réaliste et de singulier à la fois. En effet, bien que cela soit quelque chose qui se déroule souvent ce n'est pas un sujet très exploité au cinéma. Dommage, surtout quand l'on voit la qualité de Hijacking.

Note : 9/10. En bref, un brillant film oppressant et singulier. Une prise d'otages comme si l'on y était.

 

Date de sortie : 10 juillet 2013

Commenter cet article