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Critique Ciné : Inside Llewyn Davis, musicos paumé

13 Novembre 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Inside Llewyn Davis // De Ethan et Joel Coen. Avec Oscar Isaac, Carey Mulligan et Justin Timberlake.


Je suis client du cinéma des frères Coen car ils savent se renouveler constamment. Et avec Inside Llewyn Davis nous avons l’occasion de voir d’autres choses encore. Nous sommes dans les années 60 à New York au milieu de musiciens pratiquants la folk. L’ensemble est plutôt bien fichu, surtout du point de vue de la mise en scène soignée des deux frères et de la photographie léchée. Le scénario est pourtant très simpliste, prenant une tranche de la vie de Llewyn Davis. Il ne faut donc pas aller chercher plus loin mais l’univers et la musique absorbent le spectateur de façon intelligente. Ce qui fait plaisir c’est que le film ne cherche jamais à trop en faire et s’en sort ainsi royalement bien. Les dialogues sont d’ailleurs savoureux et ce malgré la simplicité du récit. C’est plein de joie et l’on rit assez souvent ce qui permet de passer un agréable moment. Mais pour apprécier réellement Inside Llewyn Davis, il faut entrer dans l’histoire ce qui n’est pas forcément très simple.

Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d'un jeune chanteur de folk dans l'univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu'un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu'il se crée lui-même. Il ne survit que grâce à l'aide que lui apportent des amis ou des inconnus, en acceptant n'importe quel petit boulot. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu'à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d'où il vient.

Comme je le disais, le scénario est très simple. Mais au milieu de cette petite histoire se glissent donc des dialogues intelligents et soignés. C’est d’ailleurs ce que le film a de plus délicieux à offrir. Au fil du film, nous avons donc quelques passages cocasses (notamment le personnage de John Goodman, marionnette sur pattes) et un fil conducteur absolument fabuleux : le chat Ulysse. Le rapport avec l’Odyssée d’Homer est forcément là, surtout pour les frères Coen. Au delà de la production léchée et des effets de style particulièrement réussis (le côté sirupeux de l’image) nous avons l’histoire d’un homme malheureux, raté qui se rend compte au fil du film qu’il fait toujours les plus mauvais choix. Et pourtant, on lui propose à certains moments (notamment le passage des droits d’auteur) des opportunités qu’il ne va pas saisir, uniquement car il vit au jour le jour et qu’il ne cherche pas d’attache. Le personnage vit sur les canapés de ses amis, sa guitare et un sac sur son épaule.

On pourra être charmés par Oscar Isaac qui interprète son rôle avec beaucoup de mélancolie. Et puis de Carey Mulligan parfaite dans le rôle de cette femme légèrement froide sur les bords. Inside Llewyn Davis me fait énormément penser à A Serious Man (un autre film des frères Coen). On sent la patte et surtout la référence. Mais Inside Llewyn Davis est un film étrange qui ne rentre dans aucune case. Dans le registre musical du genre, j’ai tout de même préféré Alabama Monroe sorti plus tôt cette année. Même pour la musique. Je ne suis pas un grand fan de folk, d’où ma préférence pour la musique country du film belge. Mais cela ne veut pas pour autant dire que le film n’est pas réussi. Dans sa globalité je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. C’est fluide et pile poil ce que je voulais en voir. Car quand je suis aller voir Inside Llewyn Davis, je dois vous avouer que j’étais un peu frileux. J’avais peur qu’il ne sache pas du tout me séduire.

Note : 6.5/10. En bref, un récit surprenant et touchant.

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Tim 14/11/2013 16:45


WARNING SPOILER


 


Par rapport à l'oeuvre des Coen en général, c'est surtout qu'ils se renouvellent tout en gardant une patte artistique reconnaissable et des thématiques récurrentes (c'est rare d'avoir un Coen qui
n'en rappelle aucun autre de ce point de vue là). Je trouve que le film est toutefois plus proche d'O'brother (et pas seulement pour la partie musical) mais parce que les deux films sont des
odyssées (comme tu le soulignes en parlant (trop?) brièvement du chat).


Llewyn Davis part tout comme Ulysse (le héros mythologique tout comme le chat du film) d'un point A pour y retourner, sa situation initiale étant confondue avec sa situation finale bien qu'il ait
vécu des péripéties entre temps.


Là ou je suis en désaccord avec tes propos c'est quand tu dis que le personnage se rend compte durant le film qu'il prend les mauvaises décisions, là ou j'ai plutot l'impression qu'il en est
conscient bien qu'il tente de ne pas trop y penser parce que ce qu'il fait à beau ne pas marcher ou ne pas ameillorer sa situation, il ne sait pas faire autre chose, voir ne veut pas faire autre
chose (cf la première discussion avec sa soeur et l'enregistrement de la chanson commerciale).


Pour le refus des droits d'auteur c'est juste qu'il fallait l'accord de son agent pour ça, que ça aurait pris du temps et qu'il avait besoin d'argent en urgence (Pour la contraception).