Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : La Belle et la Bête, belle et bête

13 Février 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

110035.jpg

 

La Belle et la Bête // De Christophe Gans. Avec Léa Seydoux et Vincent Cassel.


Très attendu, La Belle et la Bête se devait de tenir ses promesses. Que cela soit sur le plan visuel (le film étant doté d’un budget plus que confortable) ou bien sur le plan de l’histoire. Christophe Gans qui l’on doit déjà Silent Hill ou encore Le Pacte des Loups retrouve Vincent Cassel pour la deuxième fois de sa carrière en tentant la relecture d’un conte de fées pourtant déjà si exploité. La dernière fois que j’ai vu l’histoire de La Belle et la Bête c’est dans Once Upon a Time, une série américaine aux fonds verts éblouissants de laideur. Du coup, cela partait à mon humble avis de très bas. Mais le film réussi le pari incroyable de surprendre visuellement. Car c’est avant tout une belle prouesse visuelle que d’avoir réussi à recréer un tel univers. C’était féérique et l’utilisation de l’univers par la réalisation de Christophe Gans est suffisamment convaincante pour ne pas ennuyer ses yeux. Le film est donc ambitieux mais s’il l’est visuellement, on ne peut pas en dire autant du point de vue du scénario. Certes l’histoire de base de conte n’a rien de très élaboré mais on était certainement en droit d’attendre une relecture plus monstrueuse. J’attendais un film plus sombre et surtout moins centré sur Belle.

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.
Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.

Car le problème de Belle c’est Léa Seydoux (La Vie d’Adèle). Cette actrice est assez fade et quand on sait que Jérôme Seydoux, son père, est producteur de La Belle et la Bête, on comprend mieux comment elle a eu le premier rôle. Elle avait un côté irritant/attachiant dans La Vie d’Adèle qui lui collait bien à la peau mais elle n’a pas le charisme et l’humilité qu’il faut pour un rôle comme Belle. C’est dommage car cela gâche une bonne partie du film, un film étonnamment centré sur elle. J’aurais bien aimé que justement La Belle et la Bête cherche à se concentre beaucoup plus sur la Bête, peut-être même en axant les bases de son histoire sur ce rôle là. Surtout que l’on ne peut pas dire que la vie de Belle en dehors de son histoire d’amour soit passionnante. Il faut donc à chaque fois attendre quelque chose de ses soeurs (qui pour le coup sont drôles) ou bien de son père incarné par un André Dussollier légèrement fatigué. A vouloir trop en attendre, forcément que La Belle et la Bête déçoit et c’est bien dommage car c’est un conte que j’apprécie énormément car loin des conventionnelles histoires de princes et princesses.

Vincent Cassel de son côté incarne la Bête avec suffisamment de charisme. Il faut dire que par nature l’acteur colle déjà parfaitement au rôle qui lui est donné dans le film. On est aussi assez loin du La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Je me demande bien comment ce film a pu être validé. Son scénario est assez creux, les dialogues prêtent plus à rire du film qu’autre chose (et ce même si le film n’est pas dénué d’humour on ne ressent en tout cas jamais le côté tragique). J’ai failli être ému à la fin de l’histoire mais non. J’attendais des larmes ruisselantes mais il ne s’est rien passé, seulement un picotement. C’est bien la preuve que le film n’est pas si bon que ça. Pourtant je ne peux pas entièrement en vouloir à Christophe Gans car visuellement c’est splendide et cela m’a permis de ne pas passer un si mauvais moment que ça. Du coup, malgré tous les gros ratés du film, je me demande si le visuel ne pourrait pas l’emporter sur le reste pour une fois.

Note : 4.5/10. En bref, c’est merveilleusement bien fichu d’un point de vue visuel. La Belle et la Bête est donc une démonstration technique grâce à un budget confortable qui n’a malheureusement pas été mis à contribution du reste, manquant cruellement de saveur.

Commenter cet article

sim-edina 13/02/2014 19:40


Tout à fait d'accord. Le visuel l'emporte clairement sur le reste. Léa Seydoux fait du Léa Seydoux, donc de la fadeur, elle passe à côté de son rôle et à côté de ses répliques, mais elle n'est
pas la seule. Le film commence plutôt bien en fait, les 45 premières minutes sont même assez bonnes et puis on finit après par tomber dans des répliques qui ont quand même fait rire toute la
salle, des répliques sur écrites:


- Belle quittant sa maison pour rejoindre le château, à sa famille: "Noubliez pas de m'aimer !". Heu, ok, un peu d'humilité, ça fait pas de mal !


- le méchant pas beau à sa poufiasse qui déclame ses répliques comme au temps des grecs: 


Lui: "Je voulais te donner ce que tu souhaites!"


Elle: "Mourir tous les deux, mon amour!"


Comment ne pas rire à ça ?


Suivi d'un : "Je te souhaite une mort plus forte que mon amour!".


Et enfin, évidemment, Léa Seydoux dans la forêt: "Je veux retrouver le château, c'est mon seul souhait... (attention, on fixe la caméra pour plus d'intensité et pour la bande annonce)... Mon seul
désir". 


 


Les intentions étaient bonnes mais bon, c'est un gâchis compte tenu du budget qui a été dépensé pour un tel film. Visuellement je n'ai quasiment rien à redire (bon la mort de la princesse biche
ressemblait à une pub pour Dior mais passe encore c pas le pire), mais j'aurais préféré des acteurs qui se sentent plus concernés par la profondeur du sujet que par le chèque remis à la fin du
tournage...