Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : La Majordome, le silence est d'or

20 Septembre 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

21017975_20130705175456051.jpg

 

Le Majordome // De Lee Daniels. Avec Forest Whitaker, Oprah Winfrey et Alex Petyfer.


Après le dérangeant et troublant Paperboy mais le très beau Precious, Lee Daniels était de retour au cinéma avec une toute autre histoire, celle du Majordome qui a servi pendant près de trente ans les Présidents des Etats-Unis. Cette histoire est bien plus instructive qu'elle ne le laisse à penser. En effet, Lee Daniels ne se contente pas de brosser le portrait de ce Majordome, il s'impose aussi comme un historien en nous racontant avec ses mots l'histoire de la ségrégation et de l'esclavage des noirs dans les champs de cotons aux Etats-Unis. Forcément que Le Majordome est un film engagé mais je trouve ça particulièrement touchant. En tout cas, on doit aussi la beauté de ce film au talent de Forest Whitaker, sans failles aucune qui séduit jusqu'aux dernières minutes le spectateur et le laisse dans un bain de larmes. Car si Barack Obama a pleuré devant ce film (je le vois aussi comme un argument marketing fort), au fond moi aussi j'ai pleuré à plusieurs reprises devant ce récit bouleversant. Le Majordome veut aussi nous démontrer qu'au fond ce personnage a peut-être changé l'histoire. C'est présomptueux de la part de Lee Daniels mais au fond la réflexion est intelligente.

Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C'est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale.
À travers le regard de Cecil Gaines, le film retrace l'évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés. De l'assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil vit ces événements de l'intérieur, mais aussi en père de famille…

Intelligente car tout au long du film on tente de nous démontrer qu'au fond les majordomes sont des personnages importants dans l'histoire de la ségrégation car ils ont montré une image différentes des afro-américains à l'époque. Le récit réussi en tout cas avec brio à nous raconter toute l'implication politique des différents Présidents et comment chacun a fait évoluer la loi envers les afro-américains. Je suppose aussi que l'on a déjà notre prochain gagnant aux Oscars. Forest Whitaker balaye d'un souffle tout le monde avec une prestation sobre mais particulièrement attachante. Mais la personne qui m'a le plus surpris dans Le Majordome c'est Oprah Winfrey. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle soit une aussi bonne actrice. Aussi bien bourrée que touchée, elle est parfaite du début à la fin. Je ne sais pas si c'est la manière dont Lee Daniels a mis en scène son film qui en a fait sa réussite mais en tout cas j'ai été réellement touché par sa prestation (notamment quand elle raconte que son fils l'a découverte sur le sol, évanouie, bourrée).

Lee Daniels garde le même ton sobre que dans ses précédents films. Bien que le récit soit fort et engagé, la réalisation se veut plus calme et plus posée. Les plans se succèdent donc avec une fluidité étonnante (et ce malgré la violence de certains passages du film). Cela donne aussi par moment un côté sirupeux à Le Majordome (notamment toute la partie sur Kennedy mais je suppose que cela vient bien plus de James Marsden qu'autre chose). Je dois avouer qu'avant de voir Le Majordome j'avais peur. Pourquoi ? Car les récits historiques peuvent rapidement devenir des histoires formelles et ennuyeuses sauf que ce n'est jamais le cas de Le Majordome. Celui-ci parvient à déjouer tous les pièges du film du genre et s'en sort royalement bien. Je ne pouvais donc pas rêver mieux si ce n'est d'être encore un peu plus surpris. J'aurais aimé être encore plus bouleversé par ce film que je ne l'ai été car toutes les larmes (et elles sont nombreuses) que j'ai déversé n'étaient presque pas suffisantes.

Note : 9/10. En bref, c'est beau tout simplement. Forest Whitaker est brillant, à Oscariser d'urgence.

YOP : Effets secondaires

Commenter cet article