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Critique Ciné : Lady Vegas, les mémoires d'une insolation...

13 Janvier 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Lady Vegas, les mémoires d'une joueuse // De Stephen Frears. Avec Bruce Willis et Rebecca Hall.


Stephen Frears nous offre avec Lady Vegas son tout dernier film américain. Et ce n'est pas très glorieux. Le réalisateur des Liaisons Dangereuses ou encore du solide The Queen se retrouve donc à la tête de ce film, manquant de rythme et d'intérêt. Disons que j'aurais tellement aimé que Lady Vegas prenne un virage Tarantinesque, surtout avec un personnage comme celui de Bruce Willis qui reste beaucoup trop dans ses pantoufles. J'attendais tout au long du film que le sujet explose réellement. Du coup, on ne veut pas aller plus loin que la surface. Derrière ce scénario, écrit par D.V. DeVincentis (à qui l'on doit notamment le très moyen Haute Fidélité avec John Cusack). Basé sur les mémoires (vraies) de Beth Raymer, Lady Vegas n'échappe pas aux facilités et à un scénario particulièrement feignant sur les rebondissements. L'humour, qui fait également parti de ce film semble sortir d'un autre siècle.

Aussi ravissante que généreuse, Beth Raymer comprend qu’elle a tout intérêt à abandonner son métier de strip-teaseuse et quitte donc la Floride pour devenir barmaid à Las Vegas. Alors qu’elle ne trouve pas de travail, elle fait la connaissance de Dink, parieur sportif professionnel qui, croyant déceler un vrai potentiel chez la pétillante Beth, lui offre un boulot : elle est censée prendre des paris en son nom et démarcher des clients par téléphone. Dink a eu le nez creux : la jeune femme se révèle particulièrement douée et ne tarde pas à devenir sa mascotte jusqu’à ce que la roue tourne…

L'histoire de Lady Vegas manque de structure. Disons que cette histoire ressemble à tout sauf à un film de Stephen Frears, cet homme qui avait un oeil hagard. Ici il semble beaucoup trop se reposer sur ses acquis, ne cherchant même plus à faire quelque chose de nouveau ou à imposer son style. Je suis également déçu de Rebecca Hall qui incarne ici un personnage sans saveur alors qu'elle était brillante dans la mini série Parade's End (BBC) ou encore dans The Town pour ne citer que ces deux oeuvres. Surement la faute à un scénariste qui n'a pas su mettre en valeur la bonne histoire qu'il avait sous les mains. Réaliser une adaptation de livre est souvent assez complexe, il ne faut pas en laisser échapper l'essence. Du début à la fin, je me suis ennuyé. Mais l'impression que laisse Lady Vegas c'est finalement celle d'une mayonnaise qu'on aurait trop laissé dorer au soleil de Las Vegas. Car malgré la nullité sans nom de l'histoire et de l'ensemble du film, on peut reconnaitre que les décors sont tops.

Et c'est la seule chose que je sauve de ce film. Car laissé en pilotage automatique du début à la fin, Stephen Frears se contente de faire le strict minimum. Ce qui est dommage, lui qui est pourtant si talentueux pour mettre en valeur de jolies histoires avec une ambivalence politique. Ici il joue au feignant et finalement il l'assume derrière le personnage de gros balourd de Bruce Willis. Beaucoup de séquences sont même affligeantes. On peut se demander comment des producteurs ont pu accepter qu'un tel film soit produit si ce n'est grâce à Bruce Willis qui fait une belle tête d'affiche (mais ne garanti en rien le succès puisque Lady Vegas a fait un four complètement au box office). La gagne à l'américaine n'a pas vraiment quelque chose de passionnant, et c'est ce que ce film tente de nous prouver. Rendez à Steven Soderbergh ce qu'il aurait pu rendre magnifique.

Note : 1/10. En bref, une mayonnaise qui a tournée en plein soleil. Un vrai navet.

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