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Critique Ciné : Laurence Anyways, d'un amour éternel...

31 Juillet 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Laurence Anyways // De Xavier Dolan. Avec Melvil Poupaud et Nathalie Baye.


Tabernacle ! Le jeune prodige du cinéma québécois a encore frappé. Après le très intime (cela reste mon chouchou) J'ai tué ma mère, et le très beau Les Amours Imaginaires, il était de retour avec Laurence Anyways. Sans en incarner le héros (d'ailleurs ce sera la seule fois qu'il ne jouera pas dans son film, il avait confié à Première qu'il avait été frustré de ne pas avoir pu jouer dans son film), il laisse la lourde tâche à Melvil, un acteur français qui va relever ce défit et arriver à sublimer le personnage de Laurence Alia. Il prend le pari de parler du sujet difficile qu'est le changement de sexe. Autant dire que des le départ, c'était plutôt ambitieux. Mais il va parvenir à donner un certain ton à son film que j'ai particulièrement apprécié. Sans faire trop des fantaisies, en utilisant l'improbable format 4/3 en 2012 et en créant des personnages vrais avec un brin de folie.

Laurence Anyways, c'est l'histoire d'un amour impossible.
Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d'abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme.

Revenons justement sur le format du film. Après avoir posé la question à Xavier Dolan (très disponible pour ses admirateurs sur Twitter), il m'a confié que c'était simplement parce que c'est un format intimiste et plus étouffant. On comprend donc un peu mieux l'idée qui est excellente. En plus de rappeler que le film débute dans les années 80 (la raison que je croyais être la bonne au départ), il joue sur le format pour donner à son film toute sa puissance et son énergie. On ressent un peu plus le poids des mots et des scènes poignantes. Le coup de caméra de Dolan est toujours aussi fabuleux. Le jeune réalisateur tente, fait de son film un véritable exercice de style, une poésie. On peut difficilement passer à côté de certains plans tout simplement magnifiques (le bal sera l'orgasme imagé du film sur font de Visage).

Ce n'est pas tout. L'histoire de Laurence Anyways prend place sur dix ans, de 1989 à 1999. Même si le film n'exclu pas quelques longueurs (il dure tout de même 2h40), le tout reste soigné. Dolan est fort pour à la fois nous faire rire et nous toucher tout en nous bluffant par quelques scènes poignantes (une scène de l'île aux noirs raisonne encore dans ma tête). Le scénario s'avère donc plutôt bien équilibré. Mais évidemment il fallait mettre tout cela entre les mains de bons comédiens et le bluffant Melvil qui s'est complément métamorphosé pour le film jouissait d'une certaine sensibilité. Le tout est complété par des actrices de talents comme Suzanne Clément (je retiens notre petite française Nathalie Baye en mère désabusée). Le cast du film jouit également d'une apparition hitchcockienne du réalisateur lors d'une scène (l'aurez vous reconnu ?). 

Dolan reste aussi ce jeune réalisateur qui aime faire de ses films des œuvres à part entière. Du coup il utilise à merveille sa caméra, tente des choses et s'amuse. Le tout reste cohérent avec l'histoire. Il faut adhérer à ce style, c'est certain, mais une fois adopté vous serez hypnotisés. Certains plans sont magnifiques et font partis sans contestation possible des plus beaux de l'année. Ce qu'il y a d'excellent avec Dolan c'est qu'il utilise à merveille les décors (l'inondation), la nature (les feuilles mortes, la pluie) et le regard de ses personnages dans une scène d'ouverture déjà percutante. Vous l'aurez compris, j'ai adoré Laurence Anyways même si ce n'est pas mon œuvre préférée du réalisateur. Il mélange certains ingrédients de ses deux précédents films tout en innovant encore. Peu de cinéaste peuvent se targuer de nos jours d'être aussi inventif. Et le fait qu'il soit déjà en train de finaliser un nouveau script m'anime de joie à l'idée de voir un nouveau film.

Note : 9/10. En bref, un film beau et poétique à la fois. Une œuvre percutante et unique. Xavier Dolan a encore frappé. L'amour inspire Xavier Dolan, en espérant que l'amour l'inspirera toujours.

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SamyXXY 09/01/2013 23:26


J'ai vu le film hier, et je voulais le signaler. Je savais que tu avais contacté Xavier Dolan par twitter interposé et j'avais été plus que ravi et surpris qu'il soit si disponible.


Enfin bon, j'ai rattrapé ses précédents films récemment d'abords Heartbeats/Les Amours Imaginaires puis J'ai Tué Ma Mère après avoir vu un montage sur Youtube au tour de la
chanson de Indochine reprise par Miss Kittin (oui je sais c'est compliqué). Et j'ai vraiment beaucoup aimé ces deux films celui-ci aussi, même si peut-être que je m'attendais à quelque chose de
plus difficile avec plus de souffrance. En réalité il s'agit encore toujours un peu d'une histoire d'amour. Mise en scène avec plus de confiance, une déclaration d'amour aussi envers les années
80 leur esthétique.


Voilà je voulais juste dire que j'aimais quand même ce film et qu'il serait dur de ne pas trouver tout à fait normale et méritée la note que tu lui a accordé.


 


J'espère de tout coeur que X.Dolan trouvera bientôt un très large public et montrera à tous ce que c'est de faire un film avec la sensibilité et le talent hors-norme d'un jeune d'aujourd'hui.