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Critique Ciné : Le Loup de Wall Street, maître Scorcese

13 Janvier 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Le Loup de Wall Street // De Martin Scorcese. Avec Leonardo Dicaprio, Jonah Hill et Margot Robbie.


Le Loup de Wall Street c’est l’histoire vraie de Jordan Belfort, un homme d’affaires américain qui a réussi à trouver un moyen de se faire de l’argent rapidement et en très grosse quantité. Sauf que ce qu’il ne disait pas c’est qu’il faisait tout cela plus ou moins sur le dos des gens en leur vendant notamment des actions pourries. On retrouve ici un Martin Scorcese pétant le feu, dirigeant à merveille son poulain Leonardo Dicaprio, qui le suit depuis Gangs of New York. Sur un scénario de Terence Winter, le film déroule pendant presque de trois heures la vie de cet homme qui est passé d’inconnu noyé au milieu des gros poissons à un gigantesque poisson que le FBI rêvait alors de mettre sous les verrous. Ce qu’il y a de fascinant chez ce personnage c’est la manière dont sa personnalité évolue. Si le film ne prend pas toujours le temps de tout raconter (quelques ellipses sont là pour éviter au film de durer trop longtemps), je dois avouer que j’ai été assez surpris de la manière dont tout cela est fait. C’était tout amplement brillant. Mais Martin Scorcese est un grand maitre et il sait très bien ce qu’il faut faire pour faire des films de trois heures captivants.

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Car le risque c’était justement que le film ennui le spectateur (et cela peut arriver sur une aussi grande durée) mais il n’en est rien. Le scénario joue à couteaux tirés avec le téléspectateur qui jouit en même temps que le héros. Car oui, on a tous envie d’être riche comme le dit si bien Jordan Belfort et ce serait mentir que de dire le contraire. Il a juste trouvé un moyen de le faire et également de donner une opportunité à d’autres de le faire eux aussi. C’est quelqu’un d’intelligent qui a voulu jouer à la roulette russe avec le système. Durant tout le long du film il y a tout un tas de moments où le film cherche à faire prendre conscience au héros que ce qu’il fait va se payer un jour (les remontrances de son père par rapport à ses dépenses et le fait qu’il pourrait tout arrêter mais fait le choix de continuer car au fond l’argent appelle toujours l’argent). Leonardo Dicaprio est tout simplement brillant dans ce rôle d’homme égocentrique aimant les putes et la drogue. C’est d’ailleurs assez fascinant de le voir être dans des états de dépravations.

De ce fait, Le Loup de Wall Street n’oublie pas d’être légèrement comique. J’ai beaucoup aimé suivre les aventures de ce personnage durant près de trois heures surtout que finalement on est assez loin de la technologie et que les choses sont faites de façon beaucoup moins mécaniques. Je dois avouer que je préfère largement un film sur la finance qui se déroule dans cette période (bien que le film élude assez rapidement le crack de 87) plutôt qu’un film qui se déroule actuellement où l’on passe plus de temps à suivre des écrans d’ordinateurs que des négociations. Sans parler du fait que le film ne cherche pas forcément à dézinguer le tout puisqu’il n’y a pas de leçon. Le héros finit en prison car il n’a jamais voulu arrêter alors qu’on lui avait pourtant permis de se ranger et d’éviter les bombes. Par ailleurs, je pense qu’il faut aussi signaler la présence de Matthew McConaughey dans un rôle de quelques minutes mais que l’on oublie jamais tout au long du film et après, ou encore Jean Dujardin dans ce rôle de banquier suisse véreux parlant un franglais des plus brillant.

Note : 10/10. En bref, époustouflant de folie et d’énergie, un film réussi sur tous les plans.

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Tahp 14/01/2014 17:13


Réussite social qui s'écroule au final. Mais oui je comprends mieux du coup ce que tu veux dire, c'est ce qui est representé au niveau de l'histoire par le dilemme de l'agent fédéral. Mais au
niveau du spectateur je pense que cet aspect est largement compensé par le ridicule (réellement jouissif pour le coup) des personnages.

delromainzika 14/01/2014 09:02


@Tim : Il a envie de se retrouver à sa place d'un point de vue de sa réussite sociale.

Tim 14/01/2014 08:47


Assez surprenant quand tu parles de "jouissance du spectateur" qui voudrait se retrouver à la place de Jordan.


L'argument tiendrait éventuellement au début du film mais l'absurdité de son comportement est tellement poussé au paroxysme que j'ai pas ressentit d'envie d'etre à sa place mais au contraire une
sorte d'empathie, de pitié pour un homme dépendant d'autant de facteurs source de sa dégradation moral, physiologique et social (à la fin du film).


Sinon pour ceux qui ne l'ont pas encore vu courrer le voir, et n'écouter pas les pseudo-polémique du moment: le film en vaut la chandelle.