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Critique Ciné : Le procès de Viviane Amsalem, l'amour perdu

15 Juillet 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Le procès de Viviane Amsalem // De Shiomi Elkabetz et Ronit Elkabetz. Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian et Menashe Noy.


Ces derniers temps le cinéma israélien semble pénétrer un peu plus les salles françaises et c'est une excellente nouvelle. L'histoire de Le procès de Viviane Amsalem de déroule uniquement autour du procès. Ce huis clos est donc assez impressionnant par moment car la dynamique de lieu permet de se concentrer sur tout le reste et notamment des confrontations, des dialogues et de l'ambiance qui permet au ton de rapidement monter en puissance. Les faces à faces avec les juges sont donc des plus intéressants, passionnants et surprenants. Cela nous permet de découvrir comment fonctionne un couple en Israël avec les obligations des deux membres d'un couple l'un envers l'autre. Dans un pays où le divorce est interdit sans le consentement du mari, je dois avouer qu'il y a un truc que nous français pouvons avoir du mal à comprendre. Mais c'est un fait culturel aussi bouleversant soit-il pour une femme comme Viviane Amsalem qui finalement va vivre un calvaire simplement car son mari ne veut pas lui accorder le divorce.

Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse.
Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n'est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari.
Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l'absurde, où l'on juge de tout, sauf de la requête initiale.

La manière dont le film nous emmène à sa fin est assez étrange par moment car l'on a l'impression qu'elle comparait pour meurtre. Le scénario de Le procès de Viviane Amsalem est donc truffé d'échanges entre les deux époux, entre les avocats, les membres de la famille ou encore avec les juges de ce tribunal pas comme les autres. La question est tout de même assez bizarre pour nous occidentaux. En effet pourquoi laisser ce couple si la femme n'aime plus son mari ? Au détour de rebondissements (les témoins et les révélations qui y sont faites sur le bonheur du couple) le film évolue alors dans une direction qui lui donne une certaine ambiance, un certain cadre et la mise en scène très proche des personnages cherche alors â nous impliquer un peu plus dans cette aventure qui semble interminable. La scène d'ouverture est déjà une très belle scène avec des gros plans qui vont nous empêcher dans un premier temps de voir la femme et le tribunal puis de nous les montrer par la suite. Le procès de Viviane Amsalem met en scène à merveille ses personnages mais étrangement ce ne sont pas les plus importants, les Amsalem.

Après tout le plus important dans ce procès c'est la procédure et comme en ce genre d'affaires peuvent et sont réglées dans ce genre de pays. D'un point de vue purement culturel j'ai trouvé Le procès de Viviane Amsalem inspiré et enrichissant. Il nous permet de comprendre qu'au fond les femmes ont beau être libres les hommes ont toujours le dernier mot. Peu importe les circonstances (quand une femme parle dans le tribunal). Mon personnage préféré est certainement celui de la sœur de Viviane. Avec son côté franche et entrant dans le lard. Elle est excellente car elle sait comment apporter un peu de piquant dans un procès qui parfois peut sembler légèrement filiforme. Car oui la procédure reste répétitive mine de rien mais ce n'est pas un problème étant donné que le but n'est pas forcément de trop en faire non plus et donc de rester proche de la vérité. Sans avoir été totalement bouleversé par Le procès de Viviane Amsalem ce film ne laisse pas indifférent, fait réfléchir sur la condition de la femme à l'étranger et réussi à nous amuser de façon assez intelligent sans tourner quoi que ce soit au ridicule.

Note : 6.5/10. En bref, un procès impressionnant pour si peu. Parfois filiforme mais rythmé comme il faut.

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