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Critique Ciné : Les Voies du Destin, lourdeur monumentale

13 Juin 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Les Voies du Destin // De Jonathan Teplitzky. Avec Colin Firth et Nicole Kidman.


J’ai énormément de compassion pour Nicole Kidman. C’est une actrice que j’apprécie car elle m’a l’air tellement gentille. Mais on ne peut que constater les échecs successifs de sa carrière qui sont tout de même honteusement catastrophiques. Et en voici un nouveau, tant sur le plan qualitatif que sur le plan public. Il faut dire que Les Voies du Destin est un navet de compétition. En effet, le film est tout de même sacrément long et ennuyeux. Je me demande même comment on peut encore produire des films qui ressemblent à des téléfilms Lifetime du milieu d’après-midi où une jeune femme en roulotte a perdu l’homme de sa vie au front. Il n’y a rien de bien intéressant, surtout que Les Voies du Destin est beaucoup trop romancé et ne parvient donc jamais à réellement nous montrer le problème de la Seconde Guerre Mondiale et de ces soldats britanniques torturés afin de construire une voie ferrée. Mais dès le départ Les Voies du Destin était déjà bancal, nous raconter l’histoire d’un homme passionné de voies ferrées c’est déjà légèrement incongru. Pourtant, c’est apparemment inspiré de faits réels. Cela aurait pu donner au film une implication émotionnelle forte sauf que l’émotif que je suis n’a pas versé une seule larme.

Le lieutenant écossais Eric Lomax, a été fait prisonnier par les Japonais à Singapour durant la Seconde Guerre mondiale et envoyé dans un camp en Thaïlande. Là-bas, il a été forcé de contribuer à la construction du fameux pont sur la rivière Kwaï. Des années plus tard, il souffre toujours d'un stress post-traumatique. Sa deuxième femme, Patricia Wallace, décidée à l'aider à surmonter ses démons, découvre que le jeune officier japonais qui hante sa mémoire est toujours vivant. Doit-elle donner à Eric une chance de se confronter à celui qui l'a torturé ?

Le problème c’est que l’histoire est racontée de façon tellement diluée. Il n’y a donc jamais vraiment de moment où l’on parvient à rentrer dans le film. Les Voies du Destin m’a tellement ennuyé que par moment j’avais vraiment envie de faire une petite sieste. La première partie est sûrement la plus intéressante se concentrant sur la jeunesse et le problème de la Guerre mais est-ce suffisant ? Non. Au bout d’un bon trois quart d’heure le film commence à partir en vrille et surtout à nous ennuyer terriblement. Impossible de passer un bon moment avec un Colin Firth (Le Discours d’un Roi) qui cabotine de haut en bas. Le pauvre, il méritait un rôle un peu plus libre et efficace que ce truc saucissonné. Voici donc un film Femme Actuelle, le genre de trucs que l’on pourrait voir de partout dans les programmes télé de l’après-midi. Ce n’est pas un compliment. Surtout quand le mélo tourne vraiment au drame. La catastrophe est assez impressionnante car même tout ce qui attrait au traumatisme de guerre ne fonctionne pas une seule seconde. Bien au contraire, c’est même certainement l’un des pires aspects de ce film qui se cherche constamment.

Et pourtant là dedans je crois que le truc qui m’a le plus plu c’est Nicole Kidman (Grace de Monaco). La pauvre n’a pas grand chose à jouer mais elle est raffinée et intelligente. Elle fait même avancer l’histoire quand Colin Firth la ralenti. Cela me rappelle un téléfilm Lifetime avec Betty White et Jennifer Love Hewitt. L’histoire n’est pas si différente puisqu’elle se déroule également en 1944. Mais c’est gavé de bons sentiments écoeurants et le spectateur n’a pas vraiment envie de voir ça au cinéma. On peut à la limite faire du repassage là devant mais pas se retrouver dans une salle avec seulement ça à faire. La mise en scène est d’une lourdeur pas possible et ce malgré quelques décors sympathiques. La manière dont les flashbacks sont introduits est là aussi une façon encore très ronflante de faire des films de ce genre là. Avec un film sans surprise et une histoire réchauffée respirant la naphtaline on a donc un film niais et raté qui n’aurait pas mérité cette sortie cinéma (Les Voies du Destin date tout de même de 2012). Il y a des films qui sortent comme ça prenant la place d’autres films que l’on n’aura probablement pas la chance de découvrir au cinéma (UGC n’a même pas sorti Palo Alto sur Lyon, hérésie).

Note : 1/10. En bref, un navet de compétition où tout s’effondre au fur et à mesure que le film passe tel un château de cartes.

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