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Critique Ciné : Les Yeux Jaunes des Crocociles, destin brisé

13 Avril 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Les Yeux Jaunes des Crocodiles // De Cécile Telerman. Avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart et Patrick Bruel.


Je m’attendais à m’ennuyer terriblement et puis finalement non, c’est le contraire qui s’est produit. Sans trouver Les Yeux Jaunes des Crocodiles parfait, j’ai trouvé cette histoire plutôt bien ficelée, notamment car le destin d’Iris et de Joséphine passionne. On a envie de voir où le film veut réellement en venir alors que justement, celui-ci n’est pas particulièrement prévisible. Bien au contraire, on ne sait pas trop ce qui va se passer tout au long de l’histoire et où les destins vont se détruire et se croiser. J’ai trouvé ça assez intelligent que de plus ou moins brouiller les pistes sur le sujet. Cécile Telerman, déjà réalisatrice de Quelque chose à te dire et du très sympathique Tout pour Plaire revient donc ici avec un film charmant adapté d’un best seller du même nom de Katherine Pancol. Il est vrai que derrière le scénario il y a quelque chose de très littéraire et cela me va très bien. Là où cela pèche un peu c’est justement dans la mise en scène, parfois un peu trop lisse à mon goût. Disons que Cécile Telerman semble vouloir être trop gentille et ne pas nous surprendre, elle se contente donc de filmer les choses comme elles viennent.

Deux sœurs que tout oppose. Joséphine, historienne spécialisée dans le XIIème siècle, confrontée aux difficultés de la vie, et Iris, outrageusement belle, menant une vie de parisienne aisée et futile. Un soir, lors d’un dîner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Le succès du livre va changer à jamais leur relation et transformer radicalement leurs vies.

Les Yeux Jaunes des Crocodiles repose avant tout sur deux personnages, Jo et Iris, Julie Depardieu et Emmanuelle Béart. Cela faisait un bout de temps que je n’avais pas vu cette dernière au cinéma (je me demande du coup pourquoi) et ici elle était absolument fabuleuse. J’ai adoré son jeu, un peu exagéré, tout comme le personnage d’Iris qui exagère sa propre vie. A côté il y a Julie Depardieu, parfaite en jeune femme manipulée par tous les gens qu’elle rencontre sans qu’ils ne voient en elle une quelconque reconnaissance. Durant les deux heures de film je m’attendais sincèrement à faire une vraie sieste et puis finalement pas du tout. Il y a quelques longueurs forcément mais le tout est étonnamment fluide car l’on s’attache rapidement à ces deux femmes et à leur destin. On partage la haine de Jo mais aussi le fait qu’elle évolue tout au long du film. La morale de Les Yeux Jaunes des Crocodiles est assez intéressante car elle n’est pas nécessairement amenée comme on aurait pu le croire.

Le format de Les Yeux Jaunes des Crocodiles reprend tout un tas de choses connues mais le film parvient malgré tout à en faire quelque chose d’assez régulier car tout cela est bien exploité et les destins choisis sont intéressants. Les deux soeurs que tout séparent vont être réunies par le destin. L’un des moments les plus cruels de cette relation c’est un flashback qui nous permet de voir quelque chose d’assez surprenant. Dommage peut-être que le film parte parfois sur des destins que l’on n’a pas nécessairement envie de suite (l’histoire du beau père et de sa secrétaire par exemple même si cela fait très bizarre de voir Karole Rocher passer de Braquo à Les Yeux Jaunes des Crocodiles), mais c’est aussi l’enjeu d’une adaptation de la sorte. N’ayant pas lu la saga, je ne peux donc pas comparer mais ce petit film, sans prétention aucune, parvient malgré tout à délivrer quelque chose d’agréable et d’efficace sans que l’on ne s’y attende nécessairement.

Note : 6/10. En bref, bâti sur une solide histoire, aussi sordide que touchante, Les Yeux Jaunes des Crocodiles fonctionne.

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