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Critique Ciné : Martha Marcy May Marlene, dépression ensoleillée...

3 Mars 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Martha Marcy May Marlene // De Sean Durkin. Avec Elizabeth Olsen, John Hawkes et Sarah Paulson.


Le cinéma indépendant américain a le vent en poupe en prouve ce petit Martha Marcy May Marlene, film qui dépeint un quotidien pas rose du tout dans un décor assez rêveur finalement. On passe pas plusieurs stades de dépression, mais chacun des personnages nous prouve petit à petit qu'il n'est pas heureux et que ce qu'ils veulent construire ne peut pas fonctionner comme c'est fait. Martha Marcy May Marlene raconte avec dureté mais sagesse une histoire puissante et surtout très touchante. Avec une esthétique brulante et chaleureuse, le film instaure ce mal-être constant autour des personnages. On ne sait jamais comment prendre ce que l'on voit à l'écran, si ce n'est de la mauvaise façon. En tout cas, c'est clairement un film qui mise surtout sur son esthétisme plus que sur son scénario. Ce dernier étant pas totalement réussi, lorgnant par moment sur quelque chose de prévisible et pas forcément super finaud. Mais bon, l'ensemble est interprété par un cast de choix. Notamment Elizabeth Olsen qui, en femme torturée m'a beaucoup touchée et Sarah Paulson fidèle à elle même que j'ai également bien aimé.

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu...

Ce petit Martha Marcy May Marlene est naturel, c'est sûrement ce qui le rend encore plus dur et réaliste. Bien que je n'ai pas totalement adhéré à ce que l'on nous raconte pour la simple et bonne raison que par moment j'avais l'impression que l'histoire voulait trop en faire dans son univers dépressif, finalement c'est un petit film qui tente des choses, de façon très artisanal mais lissés par une production jolie et mignonne, très ensoleillée. Les relations entre les hommes et les femmes, les femmes et les femmes, les hommes et les hommes, les êtres humains à leur nature, les sens avec les sens, nous plongent dans une effluve assez impressionnants de moments plus fous les uns que les autres. Mais ce que le film a compris c'est qu'il fallait aussi par moment nous choquer l'esprit notamment quand il s'agira de parler de nos plus bas instincts. Ce qui rend le film encore plus cinglé dans son esprit malgré son côté calme olympien, c'est vraiment les moments chocs. Ils permettent de nous plonger encore plus dans ce mal-être omniprésent. On ne sait pas comment aborder Martha Marcy May Marlene et c'est bien aussi ce qui aurait pu causer sa perte.

Pour moi, ce n'est pas un énorme coup de coeur car il n'exploite pas suffisamment la misère de la femme soumise, la puissance de l'homme face à la nature, … il y a une maitrise qui est là, certes sur plusieurs plans mais le côté sectaire aurait pu être bien mieux traité par l'histoire. Je pense qu'on rate une réflexion sur les sectes. Peut être que le scénariste du film a eu peur, peur qu'on lui tombe dessus mais je pense que cela aurait été bien d'aller encore plus loin sur ce sujet bancal qui de nos jours fait parler sans faire parler. Martha Marcy May Marlene manque donc de profondeur car il ne va pas totalement au fond des choses comme je l'aurais souhaité. Mais il reste ce côté paisible et calme, bordé par la folie de Martha auprès de sa soeur Lucy. Un petit peu de ce film pourrait presque rappeler l'univers de Malick sans pour autant jouer sur le silence dans celui ci. Mais le coeur y est. Martha Marcy May Marlene n'est pas une déception bien au contraire, je vous le conseille, mais pour moi il manque un petit truc, un détail qui aurait pu en faire un avènement, un chef d'oeuvre…

Note : 7/10. En bref, Martha Marcy May Marlene apparait comme un petit film indépendant magnifique traitant d'un univers dépressif en plusieurs étapes, nous plongeant dans le chaos d'une vie.

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