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Critique Ciné : New York Melody, this is The Voice

29 Juillet 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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New York Melody // De John Carney. Avec Keira Knightley, Mark Ruffalo, Adam Levine et Cee-Lo Green.


John Carney, le réalisateur et scénariste du très bon Once était de retour pour parler encore une fois de musique dans New York Melody. C’est l’histoire d’un producteur de musique, tout fraîchement viré du label indépendant qu’il a créé par son partenaire en affaires et celle d’une jeune femme qui n’avait pas voulu faire d’album et qui s’est finalement dit pourquoi pas alors que sa relation avec une nouvelle star de la musique vient d’exploser. L’histoire de New York Melody est assez classique au fond mais fonctionne très bien grâce à la belle énergie qui règne entre Keira Knightley et Mark Ruffalo. Ce duo fonctionne à merveille et ce malgré les longueurs palpables de cette jolie petite histoire. En effet, New York Melody est loin d’être la comédie (musicale) du siècle. L’originalité, on la tient dans la musique qui est mise en valeur dans le film qui pourrait tout droit sortir de ces labels indépendants de la ville de New York. C’est de la musique originale, faite de façon originale (il fallait la trouver l’idée d’enregistrer des chansons dans plusieurs parties de la ville afin de profiter de l’acoustique). Mais c’est ce sur quoi semble vouloir mettre l’accent John Carney. Mais le problème, un peu comme pour Inside Lewin Davis, c’est qu’il y a une partie du film qui est un peu trop longue et qui le fait ressentir au spectateur.

Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d'autant plus magique pour les deux anglais qu'on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l'idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et... une attachée de presse.
Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur pote. Ce dernier l'emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle un producteur s'adonne à sa plus dangereuse passion : l'alcool. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il a perdu le fil de sa vie,... Et soudain il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique... Une rencontre enchantée qui pourrait finir en chansons...

J’ai donc été en partie déçu du résultat. L’histoire se tient, tout semble se tenir mais il manque peut-être un petit je ne sais quoi à certains moments pour rendre le tout encore plus jouissif. Car c’est aussi le but de New York Melody, transcender la musique d’une façon originale. On suit alors le destin de ces deux personnages. D’un côté Gretta qui est en train de douloureusement se remettre de son histoire d’amour d’avec Kohl (incarné par Adam Levine). Il y a des choses là dedans qui ne servent pas à grand chose et qui donnent l’impression que le film ne va nulle part. Car le personnage de Kohl est ennuyeux. J’adore Adam Levine, il est charmant, et les chansons qu’il chante sont parfaites, mais le tout aurait dû être un peu plus intéressant à mon humble avis. En parallèle, je préfère donc largement le destin de Dan, ce producteur qui vient de trouver une nouvelle perle et qu’il va tenter de faire éclore dans un album complètement différent de ce qu’il aurait pu faire avec les moyens de la maison de disque. Il y a aussi une petite histoire familiale là derrière qui est assez coquette. Je trouve juste dommage qu’il y a presque un souci de résolution mais je ne vous en dit pas plus de ce point de vue là.

John Carney tente alors de profiter de la ville de New York à son maximum sans pour autant jouer au touriste. Bien au contraire, il nous offre donc un spectacle réellement intelligent et efficace. De ce point de vue là, les scènes d’enregistrement sont donc les plus belles scènes de New York Melody. Mais ce n’était pas difficile de se dire qu’il allait réussir à mettre en scène ces si belles chansons. Keira Knightley vient aussi nous prouver qu’elle a un joli timbre de voix. Derrière le micro, elle a changé tous les titres du film. C’est impressionnant et à la fois une preuve qu’au fond pour faire ce genre de films et pour faire passer de jolies émotions, il fallait quelqu’un qui chante réellement (Scarlett Johansson aurait elle aussi pu faire l’affaire si l’on suit son parcours musical particulièrement surprenant, notamment son tout premier album que je trouve encore aujourd’hui magnifique). Et il y a Mark Ruffalo (le Hulk de Avengers) qui change ici complètement de registre mais un registre qui lui sied bien mieux que tout ce qu’il a pu nous faire auparavant. Je suis surpris dans le bon sens du terme du coup j’ai hâte de voir ce que John Carney va bien pouvoir nous offrir comme prochain film.

Note : 6/10. En bref, un film sincère et plein de belles chansons. Dommage que cela traine en longueur à certains moments, lâchant plus ou moins le spectateur.

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