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Critique Ciné : Notre Paradis, amoureux écorchés...

9 Avril 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Notre Paradis // De Gael Morel. Avec Stephane Rideau, Dimitri Durdaine et Béatrice Dalle.


En voilà un drame bouleversant. Même si tout n'est pas parfait, je dois bien avoué que Notre Paradis est un film assez bien construit avec un sujet très fort et contrasté. Le cinéma LGBT français nous offre certainement ce qu'il y a eu de plus poignant depuis Complices. Les personnages ne sont pas parfaits mais ils sont écorchés vifs, et malgré des débuts poussifs (la rencontre dans le bois de Boulogne, Angelo qui tombe amoureux dès le premier regard, Vassilli qui le prend son son aile, le premier meurtre, …) on se prend finalement au jeu de ces deux petits personnages au destin plus que tragique. J'ai eu l'impression de voir un film réellement cruel, et vrai. Son côté réaliste lui donne une envergure assez intéressante et le fait que Gael Morel ne soit pas un réalisateur chevronné et qu'il ne soit pas non plus à la tête d'un pactole permet de nous plonger un peu plus dans cet univers si froid et pourtant si chaud qu'est l'amour, même dans un cas aussi extrême que celui ci. Qui aurait pu penser que le meurtre puisse relier deux hommes, qu'ils puissent tomber amoureux. C'est quand même assez fou vous ne trouvez pas ?

Vassili, prostitué vieillissant aux pulsions criminelles, trouve un jeune homme inanimé dans le Bois de Boulogne et le recueille chez lui. Les deux hommes, devenus complices et amants, se prostituent ensemble et volent leurs clients. Mais peu à peu, l’étau se resserre suite aux menaces de représailles et le couple doit fuir Paris précipitamment. La cavale commence…

Petit à petit les rencontres se font, s'achèvent et se défonts. J'ai bien aimé ce qu'apporte Béatrice Dalle dans ce film. Elle est devenue au fil des années l'une des saintes patronnes du cinéma indépendant français et elle nous offre ici une petite performance de mère étriquée qui tente de conciliée la vie avec son fils et sa "passion" pour la baise pourrait-on simplement dire. Ce que j'ai trouvé d'assez intéressant chez ce personnage c'est qu'elle tente d'oublier sa vie passée, mais qu'elle va la rattraper, avant de terminer le tout de la façon la plus dramatique qu'il soit. Il y a des scènes assez violentes dans ce film, peut être même trop par moment. Cela rend le film un peu trop grossier (notamment le cinglé avec le rat, une partie du film à oublier par sa lourdeur et son non intérêt). Alors que cette rencontre avait tout d'anodin et de peu passionnant, à la fin du film on pourrait prendre se dire qu'on aurait envie de leur faire payer pour tout ce qu'ils ont fait mais leur amour laisse une si belle empreinte sur ce film qu'ils le rendent bien plus beau qu'on ne pourrait le penser. C'est malgré l'horreur, une belle preuve d'amour non ?

Le réalisateur empreinte qu'elles scènes assez esthétiques et tente de ne pas nous brusquer dans tout ce qui est sexuel. Le but est réellement de ne pas nous brutaliser au delà des morts que l'on enchaine au fur et à mesure dans le film. Peut être que si Notre Paradis avait été un peu plus travaillé il aurait pu devenir un vrai film coup de coeur pour moi, comme l'a été Weekend plus tôt cette année. Il n'en reste pas moins un film assez simple, qui tente de ne pas se prendre la tête (même si il veut écumer tous les genres et notamment les clichés gay : le fétichisme, les gars bizarre, les hommes mariés qui se font des gigolos, le SIDA passe aussi par là, sans compter le bois de Boulogne, les rencontres bizarres, etc…). On accumule par moment les choses étranges dans ce film, et les clichés n'aident pas toujours mais bon, même si Notre Paradis est loin d'être parfait il est loin d'être mauvais également.

Note : 5/10. En bref, un film assez brutal racontant une histoire d'amour sur lit de meurtres et de prostitution. Choc et parfois cliché, l'ensemble reste assez simple pour un film correct du cinéma indépendant français.

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