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Critique Ciné : Philomena, où es tu mon fils ?

24 Janvier 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Philomena // De Stephen Frears. Avec Judi Dench et Steve Coogan.


Je dois avouer que je suis encore tout secoué de Philomena. De toute façon je ne pense pas avoir déjà été déçu d’un film de Stephen Frears. Ce cinéaste anglais a réussi à faire quelque chose d’assez malin avec ce film, nous racontant l’histoire comme si nous étions dans le livre dont il est adapté. On a donc l’impression de lire un livre dont on ne peut jamais sortir. Vous avez certainement déjà connu ça vous aussi si vous lisez, ces livres dont vous vous dites que vous allez lire le premier chapitre et puis une fois que vous avez fini votre séance lecture vous vous rendez compte que vous êtes déjà à la moitié du livre et que vous avez déjà envie de lire la suite. C’est un peu ce qui se passe avec Philomena mais en version cinématographique. Cela me donne énormément envie de lire le livre (ou en tout cas l’histoire) dont est adapté ce film. En prenant le point de vue du journaliste et non pas de Philomena, le film choisi donc de nous raconter la perception d’une histoire si touchante par quelqu’un d’extérieur (qui pourtant a aussi un lien comme nous allons le voir au travers du film). L’histoire se met assez rapidement en place afin de passer au sujet : Philomena. Cette femme qui raconte son histoire à un journaliste et qui part à la recherche de son fils perdu.

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

Ce film choisit donc de nous raconter une histoire passionnante mais aussi terriblement émouvante à la fois. On m’a fait remarquer quelque chose après avoir vu le film c’est que celui-ci est construit de façon très étrange. En effet, dès que Philomena commence à être heureuse ou connait le bonheur, quelque chose de mauvais vient contrebalancer. Le tout ne tombe jamais pour autant dans le mélodrame sans queue ni tête, ou même sans fond. Au contraire, le personnage de Philomena est quelqu’un de naturellement joyeux et Judi Dench (Skyfall) est merveilleuse dans ce rôle là. Je pense que peu d’actrices aurait pu être aussi bonnes. Le film joue aussi les subtilités anglaises et l’humour anglais à merveille. C’est aussi ce qui le rend aussi jovial et passionnant. S’il était passé sous le rouleau compresseur américain, je ne pense pas que le film aurait été aussi piquant et touchant à la fois. Car Hollywood ne sait pas faire de l’humour comme celui-ci tout simplement. L’alchimie entre Judi Dench et Steve Coogan joue elle aussi beaucoup.

Si Stephen Frears n’égale pas le film de sa carrière (The Queen), je pense vraiment qu’il a trouvé ici un moyen de raconter une histoire sans jamais trop en faire ou bien tomber dans des facilités du genre qui pourraient être grossières et ennuyeuses. J’ai même trouvé le tout assez ingénieux finalement dans le sens où le film fonctionne terriblement bien grâce à un ensemble de choses et pas seulement que des personnages. Ce sont aussi les décors, la mise en scène avec ces fausses images d’archives qui rendent le tout encore plus bouleversants, la manière dont on découvre petit à petit des choses sur Anthony, le film de Philomena. Tout est bien trouvé finalement et cela finit donc en gros bain d’émotions bien senties. On est ému aux larmes mais pour les bonnes raisons et pas les mauvaises du coup cela rend le tout beaucoup plus plaisant à mon goût. Je ne pouvais pas rêver mieux. Avec un sujet aussi poignant, Stephen Frears reste intelligent et nous emporte. Bravo.

Note : 8/10. En bref, un film poignant, envoutant et riche de belles choses.

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robin 24/01/2014 20:46


Un très bon film mais je ne pense pas que cela sera suffisant pour les Oscars !