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Critique Ciné : Renoir, portrait peint

18 Août 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Renoir // De Gilles Bourdos. Avec Michel Bouquet et Christa Teret.


Raconter l'histoire d'Auguste Renoir n'était pas facile. D'une part car il fallait en faire un récit touchant sur l'histoire de cet homme qui vit les derniers jours de sa vie, mais en plus de ça, d'autre part faire en sorte de lui faire honneur sans pour autant oublier ses traits de caractère. Je ne connais pas du tout Auguste Renoir et je ne connais de son oeuvre que ce que j'ai déjà pu voir ici et là en cours d'arts plastiques ou dans des musées. Ecrit par Gilles Bourdos et Jérôme Tonnerre (Mon meilleur ami), Renoir est un film étrange qui parvient à mettre en avant à la fois la beauté des paysages du Sud de la France, ensoleillés, avec lesquels on se sent bien. Et puis le film vire aussi à l'exercice sensuel, voire parfois même assez osé (la relation ambiguë entre Renoir et sa muse, Andrée par exemple). Mais le tout se fait avec une intelligence que je n'attendais pas du tout. De plus, le film ne cherche pas à brosser un portrait bon chic bon genre des Renoir, il n'oublie donc pas les relations complexes entre Auguste et Jean, etc.

1915. Sur la Côte d’Azur. Au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir est éprouvé par la perte de son épouse, les douleurs du grand âge, et les mauvaises nouvelles venues du front : son fils Jean est blessé… Mais une jeune fille, Andrée, apparue dans sa vie comme un miracle, va insuffler au vieil homme une énergie qu’il n’attendait plus. Éclatante de vitalité, rayonnante de beauté, Andrée sera le dernier modèle du peintre, sa source de jouvence.
Lorsque Jean, revenu blessé de la guerre, vient passer sa convalescence dans la maison familiale, il découvre à son tour, fasciné, celle qui est devenue l’astre roux de la galaxie Renoir. Et dans cet éden Méditerranéen, Jean, malgré l’opposition ronchonne du vieux peintre, va aimer celle qui, animée par une volonté désordonnée, insaisissable, fera de lui, jeune officier velléitaire et bancal, un apprenti cinéaste…

Si le scénario souffre par moment de quelques baisses de tension, on ne peut pas enlever à Renoir son charme. Comme ses personnages, les Renoir, le film égraine quelques défauts. Cela peut parfois valoir au film d'être un peu ennuyeux (notamment au milieu alors que l'on nage entre les diverses attirances amoureuses) mais fort heureusement que la photographie que l'on doit à Ping Bin Lee (In the Mood for Love) est étincelante. Je ne suis pas un grand fan de la Provence (disons qu'un été au milieu des cigales m'a dégoûté) et pourtant, on est absorbé par les décors de façon inattendu. C'est tout simplement envoûtant. Ces paysages bercés de soleil donnent à Renoir un air pictural très intéressant. C'est d'ailleurs l'un des attraits premiers de ce film. On peut également saluer la prestation de Michel Bouquet qui après s'être confondu sous les traits de François Mitterrand pour Le Promeneur du Champ de Mars incarne ici un Renoir intéressant que l'on n'aurait pas nécessairement pu imaginer.

Ne connaissant pas ce peintre ou encore sa famille, je dois avouer que j'ai trouvé ça assez instructif d'un côté, même si au fond Renoir se concentre énormément sur les relations amoureuses et la sensualité que dégage Andrée. Cette dernière peut parfois être une faiblesse dans le film étant donné que tout tourne plus ou moins autour d'elle. Alors certes, les aventures de Jean sont assez passionnante pour contre-balancer mais ce dernier va aussi se retrouver épris d'histoires d'amour sans réelle valeur ajoutée. Il faut donc attendre que Andrée entre réellement dans la balance pour faire le contre poids. Ainsi, Renoir est un beau film, léché comme tout, qui ne cherche pas non plus à donner une image trop gentillette et lisse des Renoir. Derrière le film de Gilles Bourdos on retrouve donc un arrière goût de Jean Becker mais en plus chic et enrobé dans le sens où Gilles ne filme pas la Provence artisane mais la Provence plus chic.

Note : 6/10. En bref, portrait intelligent d'un peinture. Une belle dose de soleil dans des décors léchés et la sensualité de certaines scènes.

Commenter cet article

Tim 18/08/2013 23:10


Merci :)

delromainzika 18/08/2013 23:09


Ah oui pas bête . Je vais tenter d'y penser :)

Tim 18/08/2013 22:58


Dit ce serait possible que pour les prochaines critiques de films d'avoir la date de sortie dans l'article?


Comme tu vois pas forçément tes films dans les salles françaises (hum hum) je me mélange toujours les pinceaux en voyant les titres de films sans trop savoir si il s'agit de ressortit/ de
"preview" (on se comprend :p)/ d'un retard que tu combles.