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Critique Ciné : Restless, quand Van Sant vie l'amour comme le dernier...

1 Janvier 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Restless // De Gus Van Sant. Avec Mia Wasikowska et Henry Hopper.


Après le très mauvais Paranoïd Park, le très bon Harvey Boss et le très bon pilote de Boss, je découvre ici le dernier Gus Vant Sant : Restless. Ce dernier nous propose un regard assez sympathique sur l'adolescence toujours de cette manière indépendante et comme Gus Van Sant sait très bien le faire. On a de bons dialogues et une réalisation bien foutue, avec une bande originale de Danny Elfman qui fait tout de suite mouche. Mais Restless c'est aussi un film touchant, racontant une histoire malheureuse, de la façon la plus heureuse qu'il soit, celle d'un amour naissance entre deux ados. L'ensemble est très bien interprété par une Mia Wasikowska resplendissante et un Henry Hopper que je découvrais dans ce film et qui m'a tellement surpris. Voilà des jeunes acteurs talentueux, et leur découverte incombe à Van Sant. Il est fort pour trouver ces acteurs il faut dire. Bref, Restless c'est un très beau film, un peu pathos par moment ce qui rend le propos assez light et forcément, ce trop plein de sentiments exacerbés n'est jamais bon.

Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.

L'histoire de Restless est assez simple, et surtout elle ne s'encombre pas des facilités d'un scénario qui aurait pu directement viré dans le drame sans queue ni tête, avec pleins de sentiments sans aucune forme. Sauf que ce n'est pas le cas, les sentiments sentent bons, on a des vraies démonstrations d'affection, et surtout le duo d'acteur est assez bien formé avec un scénario à la hauteur. Il y a des moments du film plus intéressants que d'autres. C'est aussi bien un des problèmes de Gus Van Sant par moment, qui arrive à nous rendre certains moments très beaux et pertinents et d'autres qui s'apparente à un exercice de style bien dégueulasse. Je pense notamment à Paranoïd Park qui était bourré de scènes inutiles, juste là pour satisfaire son plaisir solitaire et surtout ne pas nous laisse prendre au jeu de ce qu'il nous raconte qui n'a pas vraiment de sens. Restless est donc un beau film par moment, et un peu moins par d'autres aspects. Il y a un certain sentiment d'inachevé.

La réalisation est très bien, c'est sûrement ce qui permet de donner un peu plus d'ampleur au film et à ce qu'il nous raconte. Cela passe également par des bons acteurs et un casting réussi. C'est un fait important dans ce genre de film. Je regrette cependant que le film choisisse la facilité en ne développant réellement que les deux acteurs principaux de la série. Il y avait à mon avis les moyens pour transformer ce film en quelque chose de plus acidulé, un vrai beau bonbon mais même si ce n'est pas totalement le cas, je ne vais pas nié que j'ai pris un plaisir sympathique à suivre les aventures de ce deux personnages, héros malheureux d'une histoire touchante et sensible. Au final, Gus Van Sant après l'exercice de style raté, et un biopic intéressant, ou encore un pilote de série politique réaliste et assez bluffant, voilà Restless, un film adolescent (on connaît la passion du réalisateur pour cette période si on regarde Paranoïd Park ou encore Elephant dans les derniers), chronique d'une vie qui n'est jamais heureuse.

Note : 6/10. En bref, Van Sant nous offre un film parfois morose, mais jouant la carte des sentiments légers.

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