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Critique Ciné : Skyfall, entre authenticité et modernité...

26 Octobre 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Skyfall // De Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Ben Whishaw et Javier Bardem.


Skyfall était un épisode attendu au tournant. D'une part à cause de Quantum of Solace, victime de la grève des scénaristes et il est vrai opus assez décevant (sans être totalement cochonné) des aventures de James Bond. D'autre part puisqu'il sort pour le 50ème anniversaire de la franchise (en effet, 50 ans sépare la sortie de Skyfall et celle de James Bond contre le Dr No). Et enfin parce que le film a mis plusieurs années à accoucher des suites des démêlées financières de MGM qui ont retardé le tournage. Je vais entrer dans le vif du sujet puisque Skyfall n'est pas décevant. C'est un très solide opus de la saga (sans pour autant être le meilleur puisque je réserve encore cette place au magnifique Casino Royale de Martin Campbell datant de 2006). En tant que grand fan de la saga, je me suis donc rué du mieux que j'ai pu le jour de la sortie de ce nouveau volet pour en découvrir l'antre. Tout démarre tambour battant avec un grand déballage de moyens. Un pré générique efficace et bien mené qui prouve déjà que Sam Mendes était un choix judicieux (la séquence se suivant avec délectation jusqu'au dernier souffle).

Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

S'en suit alors un générique, lui aussi très inspiré et très beau visuellement. La saga James Bond a toujours été une championne des génériques (pas forcément musicaux mais esthétiquement parlant tout du moins). Interprétée par Adele, "Skyfall", la chanson de ce générique, met tout de suite dans une ambiance assez funèbre et sombre laissant présager une fin pas forcément radieuse pour son héros. Depuis The Dark Knight de Christopher Nolan, le monde du cinéma fustige et n'arrête pas de s'inspirer du Joker. Si le méchant de Skyfall pourrait être jugé en tant que représentation Bondesque du Joker, je trouve que Skyfall n'empreinte rien du tout au film de Nolan. Bien au contraire, le charisme de Javier Bardem (Vicky Christina Barcelona) rappelle beaucoup plus des méchants psychologiques comme ceux incarnés par le français Michael Lonsdale dans Mooraker (qui n'est pourtant pas l'un des meilleurs  James Bond, bien au contraire). Le film empreinte tout une flopée de références (Rien que pour vos Yeux, l'Aston Martin, …) aux précédents opus de la saga. Un choix des plus judicieux qui permet de revenir aussi aux rudiments de l'espionnage.

Car la particularité des James Bond avec Daniel Craig c'est la presque absence de gadget. Une particularité qui laisse alors place à du spectacle bien plus vivant et au coeur de l'action (qui n'a pas retenu son souffle à plusieurs reprises devant Skyfall et les diverses cascades que l'acteur nous propose). Le film se permet également de parler un peu plus de psychologie avec la relation entre Bond et M qui n'avait jamais été aussi bien développée dans la saga que depuis que Craig est sous les traits du héros. Ou encore l'apparition d'un tout nouveau Q incarné par un Ben Wishaw amusant et geek, mélange assez sympathique d'authentique et de modernité. Skyfall est donc surement le James Bond le plus fidèle en termes de racines de la franchise. Il s'impose alors comme une sorte de nouvelle vie pour la saga. Craig prouve encore une fois qu'il est le meilleur incarnant du personnage (pas forcément pour ses expressions mais plutôt pour son maniement de l'action, au diapason).

Personne ne pourra donc reprocher grand chose à Skyfall. Le film délivre un réel spectacle visuel de plus de 2h30. C'est assez impressionnant un film qui puisse tenir autant de temps sans jamais ennuyer le spectateur. Beaucoup plus organisé qu'un autre film sorti cette année (et adulé des critiques), Skyfall revient aux fondamentaux de James Bond et de l'espionnage, tout en fustigeant quelques petites répliques bien anglaises (à voir absolument en VO pour en apprécier toute l'empileur. Je suis ravi de voir que Skyfall est une réussite mais j'avais déjà confiance en ce film que je donnais vainqueur avant même sa sortie comme mon film préféré de l'année 2012. C'est maintenant marqué, cloué, écrit dans le marbre. Et avec en bonus un retour plutôt touchant sur l'enfance et les parents du héros. Le Bond de Craig prouve encore une fois son attachement à l'histoire du personnage bien au delà du méchant de l'année. Maintenant que Craig a signé pour cinq volets supplémentaires, j'ai hâte de voir la suite.

Note : 10/10. En bref, un excellent James Bond, authentique, passionnant, amusant et moderne.   

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