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Critique Ciné : Sous Surveillance, thriller engagé

8 Mai 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Sous Surveillance // De Robert Redford. Avec Robert Redford, Shia LaBeouf et Richard Jenkins.


Après le médiocre The Conspirator (2010) et le mauvais Lions et Agneaux (2007) pour ne citer que ses deux dernières réalisations, Robert Redford était de retour derrière (et devant) la caméra afin de mettre en scène The Company You Keep, un roman de Neil Gordon. Ecrit par Lem Dobbs à qui l'on doit le bon Piégée de Steven Soderbergh, Sous Surveillance partait déjà avec un bon pied dans l'étriller. Et le résultat, bien qu'imparfait, n'était pas mauvais du tout. Robert Redford a beau avoir de la bouteille, il reste en pleine forme. On n'a pas l'impression qu'il vieillit finalement et c'est ce qui le rend encore plus intéressant dans le rôle de Jim Grant (ou Nick Sloan pour les intimes). Ce film est avant tout une réflexion intelligente sur un monde qui ne se bat plus ou n'a plus le courage de se battre. Malgré le fait que le film est bien trop riche (2h n'étaient pas suffisantes pour tout raconter), la composition est soignée et laisse un arrière goût de réussite. Peut être que le défaut de Sous Surveillance est celui de Robert Redford, avoir voulu faire un film très droit, sans fausse note.

En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam.
La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui.
L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg. Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant, un avocat apparemment sans histoires… Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI.

Ce que j'ai avant tout aimé dans Sous Surveillance c'est son histoire. Petit à petit on nous plonge dans un thriller très efficace, une petite course contre la montre qui ne cherche pourtant pas à en mettre plein la vue. Le film se concentre donc sur l'aspect émotionnel des personnages. D'un côté la relation entre Nick et sa vie passée et présente. Ou encore Ben Schulberg et son ambition. Shia LaBeouf (Transformers) n'est pas mauvais dans ce rôle. Disons qu'il colle assez bien à l'idée que l'on peut se faire de ce personnage. Je ne m'attendais cependant pas à ce qu'il soit aussi old-school. Le film ne tente pas de coller à tout prix avec la modernité (les lunettes de Ben, les décors froids et classiques, le grain léger du film ou encore les costumes). Tout est là pour que l'on ne se rende pas compte que l'on est en train de voir un film de 2013. J'ai même retrouvé un peu de ce que Ben Affleck avait pu faire avec son brillant Argo (oscarisé cette année).

Malgré une bonne histoire et un scénario qui tient plutôt bien la route, le tout aurait pu aller encore un peu plus loin. Le problème reste la durée du film. C'est beaucoup trop court pour que l'on prenne le temps de se concentrer sur chacun des personnages. Du coup, celui de Susan Sarandon, de Nick Nolte ou encore de Terrence Howard ne servent pas à grand chose dans un récit pourtant ambitieux. Avec une bonne demie heure supplémentaire, Sous Surveillance aurait pu prendre le temps de se laisser emporter par la vie de ces personnages que j'avais envie de connaitre. Disons que l'histoire est tellement bien ficelée (je n'ai pas réussi à décrocher des deux heures de film) qu'à la fin on n'est pas suffisamment rassasié. Le film créé constamment des attentes de la part du spectateur. Mais je reste malgré tout content car j'ai passé un agréable moment et Robert Redford (Spy Game), qui se fait de plus en plus absent emprunte à l'aube d'une retraite bien méritée un chemin plus vertueux qu'un Robert de Niro par exemple qui lui, enchaine les navets.

Note : 7/10. En bref, un solide petit thriller engagé. Réglé comme du papier à musique, Robert Redford séduit par sa prestation d'acteur mais veut peut être trop vient faire sous sa casquette de réalisateur.

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