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Critique Ciné : The Master, richesse artistique...

24 Mars 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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The Master // De Paul Thomas Anderson. Avec Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman.


20 ans après Punch Drunk Love, Paul Thomas Anderson retrouvait Philip Seymour Hoffman. L'association fait encore du beau, même si l'acteur n'est pas ce qu'il y a de plus important à retenir de The Master. Car oui, The Master c'est avant tout la prestation d'un autre acteur : Joaquin Phoenix. Alors qu'en 2008 il annonçait arrêter sa carrière d'acteur dans l'émission Extra, tout cela pour tourner un faux-documentaire sur le milieu de la musique avec Casey Affleck (I'm Still Here), il revient dans The Master très en forme. L'acteur était bouleversant et sa prestation s'embellie de scènes en scènes et de minutes en minutes pour finir par éblouir le spectateur à la fin du film. Comparé à Marlon Brando par la presse américaine, il mérite amplement ce titre. Son personnage, Freddie, est quelqu'un de touchant et rustre à la fois qui tente de se faire une place. Paul Thomas Anderson parvient alors à lui donner tout son sens et à le diriger d'une main de maitre dans un film aussi robuste et alcoolisé que son héros.

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

La force considérable de The Master provient surtout de deux éléments. D'une part la prestation de Joaquin Phoenix dont je vous parlais plus haut, et la réalisation de Paul Thomas Anderson qui sait comment mettre en valeur l'univers dépeint par le scénario qu'il a lui même écrit également. Je ne suis pas un grand connaisseur de la technique, ni même du style de pellicule mais tourné en 70mm, il parvient à nous plonger dans les années 50 avec une certaine facilité. On croit donc un peu plus à ce que l'on voit à l'écran et tout parait alors sortir de nulle part. Le réalisateur parvient à mettre en exergue la relation de ces deux hommes, cette amitié immuable qui ne changera jamais malgré le temps qui passe. Philip Seymour Hoffman offrait bien évidemment lui aussi une belle composition dans The Master. L'acteur n'ayant plus à démontrer l'étendue de son talent et faisant généralement de judicieux choix au cinéma.

Mais The Master c'est aussi très soigné et élégant. C'est cette richesse visuelle qui donne au film toute son ampleur. Je ne m'attendais pas du tout à autant apprécier d'autant plus que le sujet de base n'était pas non plus quelque chose qui raisonne comme le film de l'année. Mais c'est un assemblage de choses, et non pas de son postulat de départ, qui font de ce The Master quelque chose de brillant. On parvient à ressentir les choses grâce aux acteurs, mais l'on parvient également à voir au travers de moments saisissants (la crise de nerf de Freddie, Freddie complètement bourré, l'introduction du film, la scène de la mobylette dans le désert, …) grâce à leur beauté et leur authenticité. C'est aussi des moments plus intimes (le face à face entre Freddie et Peggy à la fin du film, le petit monologue de Laura Dern en laquelle j'ai retrouvé le côté perché de l'actrice).

Note : 8/10. En bref, d'une fluidité remarquable, The Master tient particulièrement bien grâce à une mise en scène élégante et brute mais aussi grâce à la prestation d'un Joaquin Phoenix qui habite son rôle.

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