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Critique Ciné : The Sessions, dérangeante émotions...

7 Janvier 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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The Sessions // De Ben Lewin. Avec John Hawkes et Helen Hunt.


The Sessions c'est surtout la version américaine de Intouchables. Ce n'est pas totalement la même histoire mais au fond, il y a la même lueur d'espoir. C'est un film dérangeant et admirable. D'un côté dérangeant car au fond, voir Helen Hunt et John Hawkes dans ces positions était particulièrement choquant et surprenant à la fois. Et puis d'un autre côté, il y a ce côté admirable qui aura été d'écrire un film aussi humble et ne fondant jamais dans le pathos. Pour un film américain c'était à mon sens l'une des choses les plus difficiles à faire. Mais ils y sont parvenus. Outre les scènes assez choquantes que le film nous offre, jusqu'aux premiers gémissements sexuels de Mark O'Brien, il faut bien évidemment saluer la prestation de John Hawkes (Kenny Powers, American Gangster) qui s'en sort royalement bien et qui livre ici la performance d'une carrière tout simplement. C'est un rôle très difficile à jouer car il faut à la fois respecter la maladie (sans en dénaturer la difficulté à vivre au quotidien), tout en restant dans un réalisme suffisant (sans jamais fondre dans le caricatural).

Mark O'Brien est un paraplégique condamné à vivre entièrement paralysé et survivant grâce à des poumons d'acier. Il contacte une assistante sexuelle pour perdre sa virginité.

Ce qui est le plus séduisant dans The Sessions c'est finalement sa simplicité. Le film ne cherche jamais à dénaturer quoi que ce soit, ou même à ressembler à autre chose. Il finit alors par nous offrir une histoire difficile, sans pour autant que le téléspectateur doive avoir de la pitié pour lui. Car l'erreur aurait clairement été celle ci, celle de donner de la pitié au spectateur. Et je ne pense pas que c'était la volonté de Ben Lewin (Georgia, Rue Saint Sulpice) quand il a écrit et accessoirement réalisé ce film. Pour la petite histoire le réalisateur est lui même handicapé. C'est surement pour cela qu'il a pu retranscrire au mieux dans le script sa pensée de la maladie et le fait qu'il s'agit de quelque chose de très difficile à vivre finalement. The Sessions n'en oublie pas pour autant Helen Hunt (Pour le meilleur et pour le pire, Dingue de Toi) qui s'en sort royalement. S'en est presque effrayant cette relation qui lui son personnage à Mark. J'ai été estomaqué de voir ces moments difficiles que l'on partage avec les personnages. Car au fond nous partageons leur intimité, avec une toute un processus de psychanalyse.

La fin du film est d'autant plus bouleversante qu'elle laisse alors une sorte de vide dans le coeur du spectateur qui s'attache petit à petit au personnage et à son histoire, aussi terrible soit-elle. Je ne pense pas que ce soit un film que l'on puisse voir plusieurs fois tant il brasse le spectateur et ne laisse pas indifférent. Si Intouchables avant traité de la paraplégie de façon humoristique afin de faire oublier la maladie et de faire vivre son héros dans un monde heureux, The Sessions joue plutôt sur la mélancolie et le désir d'un homme qui malgré son handicap veut réaliser quelque chose dans sa vie : perdre sa virginité. Je ne sais pas vraiment si cela est une histoire qui aurait pu se réaliser mais le film fait clairement froid dans le dos et je pense que je ne verrais plus jamais cet handicap de la même manière car bien plus qu'Intouchables, The Sessions fait réagir le spectateur. Ben Lawin n'a donc pas fauté, et n'est jamais tombé dans la pacotille. Merci.

Note : 7/10. En bref, un film dur et remarquable qui ne fond jamais dans le pathos pour cette histoire réaliste et dérangeante.

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