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Critique Ciné : The Tree of Life, un film inclassable

24 Mai 2011 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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The Tree of Life // De Terrence Malick. Avec Brad Pitt.


Quelques années après le magnifique et innommable (encore de nos jours) Le nouveau Monde, Terence Malick était de retour avec ce nouveau film, The Tree of Life. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'on est en face d'une oeuvre d'art. Ce petit morceau de pellicule, emprisonné, éclos sur l'écran comme naît une vie. Car au final, c'est le sujet de ce film, la vie et ses choix, ses changements, ses envies, ses chamboulements. Je reconnais toutes les qualités du réalisateur qui est certainement l'un des rares depuis Kubrick a savoir capturer les décors et la lumière comme jamais. Il caresse et apprivoise le vent.

Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Le film est très contemplatif, présentant en premier les décors avant de placer la moindre phrase de dialogue. Cela passe également par une musique classique d'une légèreté, notamment ce morceau de Brams, magique et sublime à la fois. C'est aussi les joies de la vie que ce film veut montrer. Au travers de ces images il parvient à le faire. Cela passe de l'état sauvage, la nature, l'eau, le feu, les éléments, tout est transposé au mieux pour entrer dans le film comme la pluie ruissellerait. A mi chemin entre un documentaire et de la pure fiction, la vraie leçon de ces belles images (allant même jusqu'au "mythosis" de l'âme et de l'être humain en lui même) est un message unanime.

Malick utilise la religion. Beaucoup trop à mon goût. Il en fait presque une fin en soi, une apogée épique qui n'a finalement rien d'exceptionnelle. C'est certes grandiloquent, les dialogues sur le sujet sont percutants. Le père de famille, très croyant qui au final n'a pas réussi à être musicien et qui perd tout du jour au lendemain (ses enfants le déteste, il perd son travail à l'usine, sa femme semble lui tourner le dos, …) revient également sur sa croyance. Mais peut être que ce message, si beau soit-il est finalement un message auto-didactique perdu dans les méandres de la vie. Il parle de la vie et au final, on évoque souvent la religion dans la création de cette "vie" notamment.

Le réalisateur utilise des figures de style théâtrales de mise en scène (les plans en contre plongée, l'insistance vers le ciel, les plans comparatifs, …). Cela permet de mieux mettre en lumière ce qu'il veut nous raconter. L'histoire, est touchante mais l'utilisation du silence, des bruits de la nature durant des moments de cris et de doutes, permet de pénétrer au plus profond du scénario, si fin soit-il. Car oui, l'histoire en elle même tient le film mais ce n'est pas ce qu'avait envie le réalisateur. Trop de blabla tue souvent un film, voulant être trop sérieux et en raconter des tonnes. Celui ci ne le fait pas, il ouvre un univers à la limite du saut dans le vie, apportant des tas de sentiments à la fois.

Car oui, le film est absolument magnifique mais il est aussi émouvant. Les belles scènes familiales, certes heureuses ne peuvent pas laisser de glas le spectateur. C'est filmé avec une telle délicatesse, cette lumière magique transperce l'objectif de la caméra et permet de profiter pleinement des "moments". Mais il y a également du rire. C'est involontaire mais c'est comme si l'on partageait un morceau de vie de cette famille et on participe aussi bien à ses peines qu'à ses plaisirs.

Je crois que l'on veut peut être nous montrer que la vie est dure aussi. Ce système d'éducation à double tranchant (le père sévère et la mère laxiste) met en centre du film deux genres en même temps. La cohérence de l'ensemble permet de se retrouver soit dans l'un, soit dans l'autre. On joue aussi du complexe d'Oedipe avec ce film. En principe, un garçon va préférer sa mère à la naissance, c'est un fait. C'est pourquoi le film joue aussi avec ça et s'amuse tellement qu'il en perd presque les pédales dans un des personnages, prenant la mauvaise voie. Il veut s'émanciper de sa famille, puisque pour lui son père préfèrerait qu'il n'existe pas et que sa mère ne fait rien pour empêcher ça.

Revenons donc au sujet du film transposé dans son titre : L'arbre de la vie. C'est exactement ce que Malick raconte dans son film. Un arbre c'est un être vivant, on nous le rappelle dans le film d'ailleurs et il a besoin d'attention mais également de rudesse afin d'éviter qu'il soit trop encombrant ou bien qu'il pousse n'importe comment. Un arbre a de multiples branches, ici représentées par les choix de cette famille mais surtout des fils. L'un va choisir d'être le vilain garçon, l'autre de suivre son père pas à pas et le dernier de ne rien faire et suivre son frère.

La réussite comme facteur est aussi un des traitements de ce film. Cela vient d'une réplique bien trouvée du personnage incarné par Brad Pitt, que la réussite vient à ceux qui s'en donne les moyens mais pas trop. On peut être riche, mais il ne faut pas abuser. Alors je sais, c'est très moralisateur vu comme ça et je ne suis pas un grand partisan de cette morale mais il faut l'avouer, elle est jolie. Le film met d'ailleurs en parallèle la vie future d'un des fils, le vilain garçon incarné par Sean Penn, qui semble avoir plus que réussi dans la vie et qui au final, remercie son père.

Au final, The Tree of Life est un film sublime qui a peu de mots mais tellement d'images qu'on entre dans un autre monde, cet autre monde c'est celui de Terence Malick. Il aime jouer avec sa caméra et les sons qui l'entoure. C'est un travail d'orfèvre qu'il exécute à merveille. Rares sont les films de cet envergure. Alors j'en vois déjà les critiques s'emballés, pour ou contre, le constat est là et indéniable, ce film, primé à Cannes récemment restera la plus belle oeuvre jamais conçue par Malick (à ce jour). Je tiens également à souligner la performance droite du casting et notamment de Brad Pitt qui mériterait amplement un Oscar.

Note : -/10. En bref, impossible pour moi de noter de chef d'oeuvre inclassable. Ce serait lui donner une fin en soi et ce n'est pas ce que je veux, je veux qu'il vive encore et toujours à travers ce qu'il a entrepris : raconter la vie.

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SamyXXY 24/05/2011 18:59



J'ai vu le film, hier, et pour faire simple je trouve ta critique juste.


Je vais m'arrêter là parce que j'ai pas envie de prendre part dans la conversation entre si c'est bien, trop long, trop onirique, ect; chacun se fera son idée. Donc mon conseil c'est allez-le
voir et faites-vous votre idée.