Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : Ton Absence, égocentrisme autobiographique

4 Juin 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

229468.jpg

 

Ton Absence // De Daniele Luchetti. Avec Kim Rossi Stuart, Micaela Ramazzotti et Martina Gedeck.


Daniele Luchetti, le réalisateur de Ton Absence a confié que ce film est son film le plus personnel. Notamment car il se veut plus ou moins autobiographique. L’histoire d’amour qui lie Guido à Serena est tout de même assez attachante mais je pense que ce qui fait la force de Ton Absence c’est la seconde partie du film. On a souvent tendance à trouver la première partie d’un film bien meilleure que la seconde et pourtant, ici c’est tout l’inverse. J’ai beaucoup aimé la manière dont ce couple va peu à peu sombrer avant de petit à petit reconstruire les morceaux. Pourtant, Guido n’est clairement pas le personnage le plus intéressant de ce film. Bien au contraire, c’est tout le reste qui est beaucoup plus intelligent et travaillé. Les enfants notamment et la vision qu’ils ont de leurs parents qui se déchirent mais j’ai tout de même été ému par la terrible fin que le film vient nous offrir. Mais l’on peut reprocher au film d’être un peu trop conventionnel. Disons que la forme ne parvient jamais à réellement mettre en valeur le joli fond qu’il y a. Car il y a de très belles choses au fond de ce film et c’est tout ce que j’aurais aimé voir.

1974, Rome.
Guido est un artiste qui aimerait faire partie de l'avant garde contemporaine mais sa femme, Serena, qui l'aime passionnément, a du mal à accepter son art et surtout son intérêt pour ses modèles... Leurs fils, Dario et Paolo, 10 et 5 ans, sont les témoins de leur irrésistible attraction, de leurs échecs, de leurs trahisons, de leurs perpétuels marchandages amoureux...

Du coup, malgré une très jolie histoire et toute la bonne volonté de Daniele Luchetti, Ton Absence ne parvient jamais à séduite le spectateur. Bien au contraire, celui-ci reste de marbre de longs moments malgré quelques jolies trouvailles. Notamment l’utilisation de la lumière du soleil qui donne un teint très lumineux au film dans sa première partie. D’un point de vue scénariste ce n’est pas la partie la plus passionnante, notamment car les personnages prennent un peu de temps à délivrer. Le problème vient peut-être de l’autobiographique. Daniele Luchetti tombe dans le piège du film qui se veut un peu trop lisse. C’est poli et courtois comme film. Il ne cherche donc jamais vraiment à dresser un portait de l’époque. Pourtant, le réalisateur avait dit avoir été marqué par l’année 1974. Je n’ai pas réussi à retrouver le choc qu’il a pu vivre à cette époque quand il n’avait encore que 13 ans. Mais peu importe, le scénario est bien souvent tiré par les cheveux, balançant ses personnages d’un moment à un autre. Le montage veut donc que l’on peut que tout ça ce sont des souvenirs, ni plus ni moins.

A trop vouloir nous balader dans ses souvenirs, Ton Absence semble nous perdre. En tout cas je n’ai pas réussi à trouver tout l’intérêt de ce film malgré ses qualités intrinsèques. Le précédent film de Daniele Luchetti que j’avais pu voir c’était il y a plusieurs années de ça quand je pratiquais encore de l’italien dans mes études supérieurs. Ce que je ne retrouve pas dans Ton Absence c’est l’aspect engagé. Finalement, le film s’avère beaucoup trop médiocre à mon goût et ne parvient pas à délivrer tout ce que l’on aurait pu attendre de la part d’un réalisateur aussi connu et reconnu en Italie. Après tout, on ne peut pas en vouloir au réalisateur de s’être fait plaisir et d’avoir voulu faire un film qui lui ressemble et qui nous parler de sa propre existence mais était-ce nécessaire d’oublier toute la substance qui a forgé les oeuvres précédentes du réalisateur ? Je n’en suis pas si sûr. Reste alors les années 70 à Rome. C’est très beau, la représentation historique est assez intéressant car l’on n’a pas l’occasion de voir l’Italie des années 70 souvent.

Note : 4/10. En bref, malgré toute la dévotion de Daniele Luchetti, le film est un peu trop lisse.

Commenter cet article