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Critiques Séries : Utopia. Saison 1. Pilot (UK).

19 Janvier 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Crit. Sér. : UK

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Utopia // Saison 1. Episode 1. Pilot.


Je me demande parfois si les anglais ont une conscience morale. Plus violente qu'une Breaking Bad, Utopia rappelle dans sa manière de faire les choses un film britannique de Stanley Kubrick : Orange Mécanique. Car finalement, l'histoire d'Utopia, mélange de roman graphique surréaliste et proche de la science fiction et de conspiration balancée à la figure du téléspectateur. Le tout fonctionne à merveille, intrigue, dérange même, jusqu'à rendre suffisamment cinglé pour que l'on se demande si l'objet que l'on a vu était réel ou uniquement rêvé. Créée par Dennis Kelly (Pulling, Velvet Soup, MI5), Utopia met rapidement en condition son téléspectateur dès la première séquence se déroulant dans un magasin de bandes dessinés. Nous sommes tout de suite surtout très dérangés par la violence de la séquence. Jusqu'où peut aller Utopia finalement ? La série n'a aucune limite, fait presque l'apologie de la torture gratuite et de la violence pour le plaisir. Car même si les deux tueurs principaux sont là pour camoufler quelque chose, ils prennent aussi plaisir à faire le mal.

"Utopia" est une bande-dessinée légendaire sur laquelle plane le mystère. Mais quand Ian, Becky, Grant et Wilson, un petit groupe de personnes qui n'avaient jusqu'alors aucun lien, se retrouvent chacun en possession d'un exemplaire original du manuscrit, leurs vies basculent soudainement et brutalement. Immédiatement pris pour cible par une impitoyable organisation meurtrière connue sous le nom du Network, les membres du groupe, terrifiés, n'ont plus qu'une seule solution s'ils veulent survivre : courir !
vlcsnap-2013-01-19-15h44m53s54.pngvlcsnap-2013-01-19-15h36m12s219.pngUtopia frappe également son téléspectateur grâce à la mise en scène. A la fois pop du point de vue des couleurs, mais aussi très étouffante par une gestion assez millimétrée de la bande originale. L'ensemble laisse lors le téléspectateur inconfortable, se rongeant les ongles jusqu'au sang sans réellement comprendre ce qu'il a sous les yeux. Petit à petit nous avons quelques révélations qui sont faites au téléspectateur afin de nous donner aussi les clés pour la suite mais cela reste assez minimaliste. Disons que ce premier épisode n'a pas besoin d'en dire trop quand l'on voit que le reste fait déjà son boulot pour que l'on soit complètement plongés dans la série et surtout cette folie. Je pense qu'il n'est pas vain de saluer la prestation de Paul Higgins (Life of Duty, Hope Springs) qui nous offre ici une prestation dérangeante et surtout pleine de folie. Finalement, on découvre que les personnages n'ont aucune limite et s'en est presque fascinant. Car oui, dans un genre assez proche (en termes de violence), nous avions peu Black Mirror l'an dernier (dont on attend la seconde saison prochainement).

Les anglais nous offre avec Utopia l'une des plus grosses curiosité de la saison et elle n'a surement pas fini de faire parler d'elle. Je reste à la fois sans voix et choqué par ce premier épisode. L'effet que m'a procuré Utopia est assez rare finalement car cette série parvient à ne ressembler à aucune autre. Même si certains éléments (dont quelques critiques de la société) tentent de nous offrir une partie des réponses, l'ensemble ne fonctionne pas de cette façon. Finalement, Utopia est une excellente série car elle a su faire avec ce qui semblait presque absurde au début quelque chose plein de curiosité, de folie et surtout en brisant les codes de ce que l'on peut faire en télévision. Le moins que l'on puisse dire c'est que Channel 4 n'a peur de rien et c'est peut être ce qu'il y a de plus fascinant avec cette série. Je reste subjugué par la beauté des images, forçant bien évidemment le respect. Réalisé par Marc Munden (Vanity Fair, Miranda, The Crimson Petal and the White), voilà donc une sorte de chef d'oeuvre en pleine éclosion.

Note : 9/10. En bref, confus et violent, un pilote fascinant par son univers graphique et son histoire curieuse.

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thibaut 23/01/2013 02:18


Je suis soufflé… Quel plaisir de regarder une série sans s'attendre à rien de particulier sinon passer le temps et tomber sur un ovni rien moins que prodigieux. Si la qualité se maintient le long
de la saison, nul doute que l'on tient là une série promise à faire parler d'elle; et je ne crains rien de ce côté là au vu du soin des réalisations britanniques en général et de l'écriture de
celle-ci, qui ne semble avoir rien laissé au hasard. Un ton unique, absolument original dans son habileté à fondre les genres, une réalisation sophistiquée et aérienne à la hauteur de ses enjeux
(on pense bien sûr à Lynch pour l'étrangeté de certains personnages et situations, mais aussi à "Eléphant" de Gus van Sant pour ces lents travelling avant et latéraux envoûtants de même que pour
le sens de l'espace et la lumière). Enjeux qui, au vu du pilote, sont élevés, soutenus par des acteurs qui s'en sont visiblement donnés à coeur joie, tous excellents. Noire et lumineuse à la
fois, d'une esthétique jamais gratuite mais toujours en symbiose avec son sujet, soutenue par une bande son stratosphérique de toute beauté (1), cette plongée dans la paranoïa contemporaine, à
l'humour décalé, arrive à marier à la brutalité la plus noire une sorte de grâce auto-parodique en contrepoint heureux. C'est peu dire que je suis conquis. 9/10 aussi :)

(1) le compositeur et sa musique ici: https://soundcloud.com/cristobal-tapia-de-veer/utopia-1