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L’Humeur – L'inusable succès des comédies...

30 Mai 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Série Express

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Après avoir parlé du deuil et donc de la dépression post arrêt d’une série, je vais maintenant me pencher sur le cas des comédies et de leur nombre de plus en plus croissant aux Etats-Unis. Pas un jour ne se déroulera l’an prochain à la télévision américaine sans que l’on ait droit à notre dose de comédies. Pourquoi ? Telle est la question justement. Pourquoi des séries comme Big Bang Theory ou New Girl ont réussie à conquérir la saison dernière, grâce à leurs propres moyens évidemment, un public déjà étouffé aux milieux de sitcom. Pourquoi Modern Family (et le carré sitcom d’ABC en général) a aussi bien fonctionné ? Et si le succès des sitcoms était le symbole d’un changement dans la société. La génération Y est la génération des zappeurs. C’est bien connu, maintenant on ne veut plus perdre son temps devant des heures et de heures de programmes interrompus de façon intempestives par de la publicité. Ce que l’on veut c’est consommer comme on veut, quand on le veut, mais aussi des choses plus spontanées, plus courtes. D’ailleurs, le succès de Bref en France est un des reflets du succès des comédies. Laissant sûrement une place à la possibilité de diffuser plus de sitcoms sur notre sol.

 

Pendant des décennies entières, l’American way of life a été influencée par de nombreux courants mais aussi a été mesurée de façon très différentes : le statut, l’argent, les libertés individuelles, … Le rêve américain est un concept qui a permis aux plus grands hommes de ne jamais laisser tomber leurs rêves et de parvenir à décrocher les étoiles. Et c’est ce concept qui a influencé toute une succession de séries par la suite. La première ? « I Love Lucy ». Qui n’a jamais vu un épisode de l’excellente sitcom de William Asher. Je pense que c’est la première série qui a réellement su créer une réelle dynamique autour de la famille en laquelle tout le monde pouvait se sentir impliquer. Asher a vu venir le potentiel de la télévision et l’a très bien utilisé à son avantage. Les sitcoms c’est un courant qui évolue constamment en fonctionne de l’humeur du pays. Aurait-on pu avoir une Modern Family dans les années 50 ? Parlons d’homosexualité, d’homoparentalité, de divorce, de famille recomposée, … ? Je ne pense pas puisque ce sont des thèmes ultra modernes, inscrits dans notre société actuelle. De même que les geeks qui font le succès de Big Bang Theory. Avaient-ils une vraie hype il y a de ça quelques années alors qu’un geek n’était pas encore branché ou in.

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Les phénomènes de mode on influencés les séries en général mais je pense que c’est encore plus flagrant pour les sitcoms. Dans les années 50, « I Love You » dépeint la famille populaire du nucléaire, avec une femme qui reste à la maison, mère et avec un mari qui pense qu’elle n’était pas faite pour travailler. Quelques années plus tard, on va avoir l’arrivée de séries comme « All in the Family » qui vont faire évoluer le concept en ajoutant des thèmes de société comme la question de la race (encore très tabou à l’époque aux Etats-Unis), l’homosexualité, … D’ailleurs, « All in the Family » a vu évoluer pas mal de faits de société d’années en années, créée pendant une période charnière de l’évolution des Etats Unis. De nos jours nous avons Modern Family, et dans une certaine mesure Big Bang Theory, deux gros blockbuster des sitcoms, bulldozer des grilles de programmes respective d’ABC et de CBS. Les deux séries parlent d’égalité (notamment en termes de parentalité, puisque l’on a plusieurs définition ici et là). On a également des questions d’évolution technologique mais aussi de normes sociales. Nous sommes dans un monde où l’on change de téléphone tous les ans (l’addiction de Phil dans Modern Family aux nouvelles technologies est un des symptômes, sans parler de Big Bang Theory, tournant autour de ça).

 

Chaque année nous n’avons pas moins d’une douzaine de nouvelles sitcoms qui apparaissent sur les écrans (l’an prochain ce sera The Neighbors, Go On, The New Normal, Animal Practice, Guys With Kids, Ben & Kate, The Mindy Project, Malibu Country sans citer les séries pas encore programmées comme The Goodwin Games, Save Me, Next Caller, et j’en passe et des meilleurs). Il faut faire de l’audience, ne pas coûter trop cher, et être à la hauteur des attentes critiques. Le succès de New Girl cette saison s’inscrit parfaitement dans ce que je disais au dessus. Les américains voulaient d’une série qui leur parle de relations amicales modernes, sans forcément trop en rire. Il suffit juste d’en faire suffisamment pour nous laisser intéressés, jouer sur les sentiments et le côté guimauve. La sitcom reflète ce de quoi la société américaine se soucie au moment venu. Les sitcoms ont toujours eu la capacité de dire ce que veux entendre le public. Dans une certaine mesure, la sitcom décide comment le téléspectateur doit se sentir à tel ou tel moment de l’année. Quand on regarde certaines sitcoms avec un certain recul (celui des années), on voit une évolution soudaine. Récemment je peux prendre l’exemple de Raising Hope qui a inclue la pop culture durant sa seconde saison.

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C’est un phénomène de mode. La pop culture se retrouve de partout (Community, Happy Endings, The Office, pour les plus grosses référenceuses). Encore une fois, les sitcoms évoluent avec leur temps. Même si le genre est sensé évoluer avec nous, finalement on peut voir que pas moment ce sont les sitcoms qui influencent désormais les téléspectateurs. Elles arrivent à donner des opinions, de quoi réagir, de quoi débattre, au risque même de s’y brûler les ailes. Pendant des années, la sitcom traditionnelle fonctionnait autour d’un couple qui se querelle. L’humour provient d’un conflit et dans tous les mariages, il y a forcément des conflits. Cependant, au fils du temps, le concept a évolué de même que celui du mariage. La femme est libre, elle travaille et prend sa revanche. De nos jours, nous ne voyons plus le mariage comme une sorte de boulet au pied. C’est un sujet usé et cliché des sitcoms. Le côté usé est d’ailleurs un des paradigmes de la sitcom de nos jours, tiraillées entre le multi camera et le single camera, l’un étant le genre moderne, l’autre le vieillot. Il y a une raison pour laquelle How I Met Your Mother cartonne. C’est parce que l’opinion collective du mariage a changée. Ce n’est plus une obligation mais une vraie union.

 

On peut bien évidemment dire que cette nouvelle vision plus moderne du mariage est le résultat d’un changement social naturel que les scénaristes tentent de prendre en cours de route. Mais on peut aussi répondre en disant que les scénaristes changent la manière de faire parce que la sitcom a conduit en général à un profond changement social. Le succès des sitcoms pendant la crise économique n’est pas vain. Il est logique. Les gens préfèrent rire de leurs propres malades plutôt que d’en déprimer dans des dramas larmoyants. Chacun ses goûts c’est certain, mais c’est aussi une des raisons. Certaines sitcoms ont même exploitées le filon de la crise comme Raising Hope, celle de la famille pauvre qui tente de s’en sortir au beau milieu d’une société de consumérisme. Au fond, les comédies tentent de mettre en visage sur le rêve américain, mais petit à petit les gens se sont lassés de ce côté lisse, de la femme à la maison, des barrières blanches et des draps qui sèchent dans le jardin. Maintenant, en jouant des différentes states sociales (des plus riches aux plus pauvres), on a un nouveau modèle de comédie, qui évolue constamment avec son temps et avec ce que les gens veulent.

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