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Un Jour, Une Critique : SHERLOCK (par Subculture.be)

6 Octobre 2010 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Un Jour - Une Critique

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Voici la troisième critique de l'opération Un Jour, Une Critique, des critiques écrites par des lecteurs et blogueurs. Ecrite par Laurent Gabriel. Subculture.be : Il y a la culture avec un grand 'C', celle qui s'étale comme la confiture. Et puis il y a la sous-culture, celle qui m'anime et me passionne. Cinéma, BD's, series TV, techno ou évènements divers, j'essaie de vous faire partager mes passions et mes expériences avec un supplément d'âme. J'attends vos avis et vos commentaires !


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Je ne suis certainement pas le mieux placé pour vous parler de Sherlock car je ne connais finalement que très peu le personnage. Comme tout le monde, ce nom m'évoque l'enquêteur aux capacités de déduction inégalées, crapahutant dans les rues embrumées de Londres avec son comparse le Dr Watson; deerstalker vissé sur la tête, pipe au bec et loupe à la main. Mais bien plus que ce cliché populaire, Holmes est une véritable icône, un personnage légendaire à la renommée planétaire. Bien conscient de ma tare en la matière, j'ai décidé d'effectuer quelques recherches dont je vais vous livrer les résultats, pas plus tard que tout de suite!

 

Le mythe réactualisé
Sherlock Holmes est donc un personnage créé en 1887 par Sir Arthur Conan Doyle. Doté d'une mémoire et d'une capacité de déduction hors du commun, ses enquêtes sont relatées dans pas moins de 4 romans et 56 nouvelles. Il semblerait que l'auteur ce soit pas mal inspiré d'un de ses contemporains, le Dr Joseph Bell pour créer son personnage. D'après les informations que j'ai pu glaner ici et là, il semblerait que Bell ait été une espèce de docteur House - le cynisme en moins- de l'époque, il a beaucoup impressionné Doyle par ses déductions sur ses patients et leurs maladies. Très vite, le public s'est passionné pour les aventures de cet enquêteur hors pair et le septième art s'est rapidement emparé du phénomène; Sherlock Holmes détient actuellement le record du nombre d'adaptations télévisuelles : 260 films et plus d'un dizaine de séries tv lui sont consacrées! Mais la Holmes-o-mania ne s'arrête pas là puisqu'on dénombre par ailleurs des dizaines de déclinaisons radiophoniques, en bande dessinée, en jeux de société et même en jeu vidéo; bref, c'est une super star. Du coup j'ai presque honte car mes seules références à l'univers créé par Doyle sont l'excellente série animée de Hayao Miyazaki (1985!) et le récent film de Guy Ritchie (2010). Oui je sais, ça fait un peu court et du coup vous vous demandez probablement ce qui a bien pu me donner envie de voir cette nouvelle série de la BBC? Et bien tout d'abord, c'est une saison assez courte puisqu'elle ne compte que 3 épisodes (de 90 minutes certes), ce qui m'a permis de l'intercaler facilement dans mon planning séries pourtant surchargé. Ensuite parce qu'elle a été créée par Stephen Moffat (à qui l'on doit aussi le scenario d'un des épisodes) et que cet homme a signé certains de mes épisodes préférés de L'autre série anglaise, j'ai nommé Dr Who (pour les amateurs : Girl in the fireplace et Blink pour ne citer que ceux là). La grosse originalité de cette nouvelle série est qu'elle a pris le parti d'abandonner l'époque victorienne pour nous montrer un détective évoluant à notre époque! La perspective d'un Sherlock des temps modernes signé Moffat, et le bouche à oreille déjà très bon, ont fini de me convaincre.
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La série
Dans cette nouvelle série, sobrement intitulée Sherlock, le héros est incarné par un certain Benedict Cumberbatch; si le nom est connu dans le petit monde de la série Anglaise, pour ma part je ne le connaissais pas du tout. Le fidèle Watson lui, est ici campé par Martin Freeman que j'avais déjà vu dans le guide du voyageur galactique (également une adaptation de la littérature anglaise). On retrouve également dans cette version moderne tous les principaux personnages de la mythologie "holmesienne": Mrs Hudson, la gentille logeuse du 221b Baker Street (qui ici en prend souvent pour son grade), l'inspecteur Lestrade de Scotland Yard mais aussi l'infame Moriarti, ennemi juré de Holmes. Alors autant annoncer la couleur directement, les aventures de notre célèbre enquêteur dans le Londres de 2010 fonctionnent très bien! Cumberbatch, en plus d'avoir un nom ridicule, a une tête à claques mais je vous rassure on s'habitue très vite, d'autant qu'il faut lui reconnaître un certain talent d'acteur. Freeman de son côté nous sert un Dr Watson tout ce qu'il y a de plus respectable, légèrement perturbé par son service en Afghanistan. Les fans de Holmes s'amuseront certainement beaucoup à identifier les similitudes avec les classiques ou comment Moffat s'est amusé à les mettre au goût du jour. Je suis allé lire la biographie fictive de Sherlock Holmes et il faut avouer que cette modernisation du mythe est très réussie, toutes les références sont là mais transposées ou revisitées; les clins d'oeil sont nombreux. Un exemple: Watson est sensé être également le biographe de Holmes, dans cette version il raconte plutôt leurs aventures sur son blog! Ou encore: tout le monde sait que Sherlock est un fumeur invétéré et qu'il s'adonne même parfois à quelque substance illicite; ici on ne le verra pas fumer la moindre substance et pour cause, il est accro aux patches anti-tabac!
Comme la saison ne comporte que 3 épisodes, je vais me risquer à une mini-critique de chacun d'entre eux.
"A study in pink"
La police enquête sur une série de morts étranges dont les victimes se seraient suicidées en prenant une pilule empoisonnée. Dérouté par cette affaire, l'inspecteur Lestrade décide de faire appel au consultant non-officiel de Scotland Yard: un certain Sherlock Holmes.
Comme tout bon pilote de série, cet épisode (de Moffat) plante le décor et les personnages. Hormis Holmes, Watson et Lestrade, on découvre quelques personnages secondaires de la série comme Mrs Hudson ou Mycroft Holmes, le frère de Sherlock. C'est donc un épisode d'introduction certes, mais il est loin d'être ennuyeux pour la cause, j'irai même jusqu'à dire qu'il met en appétit. L'enquête est passionnante et le rythme va crescendo pour s'achever sur une confrontation très tendue qui mettra vos nerfs à rude épreuve. La réalisation est très dynamique et moderne, Moffat et Paul McGuiguan (réalisateur de ce pilote) ont parfaitement réussi à retranscrire à l'écran la supériorité intellectuelle de Holmes sur le commun des mortels. A tout instant, celui-ci a plusieurs longueurs d'avance sur tout le monde (y compris le spectateur). Astuce de mise en scène tout à fait jouissive, certaines pensées ou réflexions de Sherlock s'affichent parfois en surimpression à l'image. L'effet est immédiat et le spectateur soudain dans la confidence, a tout le loisir de regarder Holmes humilier les forces de police ou rabaisser le pauvre Watson qui n'en demandait pas tant. Un très bon pilote.
"The blind banker"
Sherlock est engagé par un vieil ami pour enquêter sur un mystérieux vol ayant eu lieu dans sa banque. Très vite, Holmes et Watson établiront le lien entre cette effraction et une série de meurtres perpétrés par la mafia chinoise...
Probablement le moins bon épisode des trois, il n'est pourtant pas inintéressant car on retrouve avec plaisir nos deux comparses alors qu'ils apprennent à cohabiter et à se faire confiance. Néanmoins, l'intrigue est tirée par les cheveux et la subtile alchimie du premier épisode prend un peu de plomb dans l'aile. Les déductions de Holmes semblent parfois sorties du chapeau et le spectateur reste sur le carreau. Mauvais point également pour Stephen Thompson (qui a écrit ce second épisode), le début d'histoire d'amour entre Watson et sa patronne n'apporte rien et on se fiche éperdument de ce qui peut arriver à celle-ci. A voir néanmoins, pour le plaisir de voir cabotiner nos deux amis tandis que l'infâme Moriarti tisse sa toile.
"The great game"
Mycroft Holmes charge son frère de mener l'enquête sur la mort suspecte d'un employé du gouvernement qui travaillait sur un projet top-secret. C'est finalement Watson qui va mener l'enquête, car Holmes est mis au défi par un criminel qui menace d'exécuter des innocents, s'il ne parvient pas à résoudre ses énigmes dans le temps imparti.
On retrouve dans cet épisode tout ce qui faisait le charme du pilote mais cette fois, le décor étant déjà planté, l'histoire démarre sur les chapeaux de roue. Le spectateur se voit embarqué à toute allure dans une double enquête ponctuée des scènes "contre la montre" haletantes. Sherlock et Watson usent à nouveau de la technologie moderne et les sms affichés à l'écran (à l'attention des spectateurs) font leur retour (après avoir été totalement éclipsés du second épisode), redonnant cette identité particulière à la série. Seul bémol, quand on voit Holmes résoudre certaines énigmes, on se dit qu'il est trop fort; et je veux dire VRAIMENT TROP FORT. A vouloir en mettre plein la vue, on perd un peu la subtilité dont faisait preuve le premier épisode au risque de laisser les spectateurs sur le carreau. Mention spéciale pour le cliffhanger final dans lequel on voit s'opposer Holmes et son Némésis, le Pr Moriarti dans une bras de fer dantesque! Vous supplierez pour voir la suite.
Pour conclure, je dirais que ce Sherlock cuvée 2010 est un très bon cru. Une chouette série avec de bons acteurs Anglais, qui devrait plaire aussi bien aux adeptes de Sir Conan Doyle qu'aux autres. Reste à voir si sur la durée, la série parviendra à se renouveler dans la continuité, puisque une seconde saison est prévue pour l'année prochaine!
Voici la video du superbe générique de la série qui a la particularité d'être filmé avec un objectif de type tilt-shift (cela crée un flou sur une partie de l'image donnant aux plans panoramiques un effet "modèle réduit"). D'autres plans, captés de la même manière, ponctuent la série lui donnant une esthétique particulière et une identité visuelle propre. Les amoureux de la capitale britannique en auront pour leur argent.

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