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Patriot (Saison 1, 10 épisodes) : un espion pas comme les autres

7 Mai 2017 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Patriot

Patriot (Saison 1, 10 épisodes) : un espion pas comme les autres


Créée par Steve Conrad (The Secret Life of Walter Mitty, Happiness Therapy), Patriot est une sorte de comédie noire sur un agent des services secrets au papa bizarre et à la femme magnifique. Son père n’a de cesse de parler de conspirations internationales et jusque là, Patriot pourrait partir sur de bonnes bases. Après tout, Patriot n’est pas mauvaise mais elle n’est peut-être pas la série pour laquelle j’avais signé au départ. Le héros est plutôt charmant, il faut bien l’avouer. Michael Dorman apporte alors son charme de néo-zélandais sur le sol américain dans cette série d’Amazon Studios. Il ne s’en sort pas trop mal d’ailleurs dans tout ce que la série lui offre à chaque épisode. Il n’y a pas toujours grand chose à manger dans le script mais Patriot tente de se reposer sur ce jeune acteur, à mi chemin entre Michael C. Hall et Michael Shannon. Et c’est encore un Michael. Je pense que l’acteur a un énorme potentiel et que la télévision devrait le remarquer si elle lui donne véritablement sa chance. C’est ce que Patriot tente de faire en offrant au personnage la plupart des meilleurs moments de la série, laissant alors des miettes à des garçons beaucoup plus chevronnés comme Terry O’Quinn (Lost) ou même Kurtwood Smith (That 70s Show). Dorman incarne donc un espion nommé John (rien de bien original dans le présent).

Il a un sens de l’humour un peu noir et c’est quelqu’un de très bon dans son boulot. Alors que le genre de l’espionnage est réellement en train d’envahir nos écrans, Patriot portrait quelque chose de nouveau au téléspectateur. Sauf que le résultat est discutable sur plusieurs points. C’est malheureux car globalement je m’attendais à un truc légèrement différent qui avait réellement le potentiel d’être efficace. Patriot tente d’être un mélange de tout un tas de choses et d’apporter à sa façon l’humour spécial et noir des frères Coen. Sauf que ce n’est pas Fargo. Patriot n’a pas du tout l’aisance que Fargo (le film comme la série) a à reproduire cet humour noir et subtile qui tombe par moment un peu dans l’absurde. On est loin de Burn After Reading des frères Coen par exemple. Car les personnages sont ici intelligents et veulent peut-être trop l’être. La série se veut sérieuse quand elle parle de conspirations mais d’un autre côté elle veut un brin de légèreté et tente alors de faire de l’humour. Je pense que l’erreur de Steve Conrad c’est de ne pas avoir su dès le départ ce qu’il voulait réellement faire de Patriot. Au fil des épisodes on n’apprend pas forcément grand chose sur ce dont le père de John parle par rapport à la conspiration.

Et tout ce qui se construit en parallèle n’est pas forcément mauvais, mais ne parvient pas à impliquer suffisamment le téléspectateur. Patriot c’est un divertissement qui ne se pose pas suffisamment de questions sur le ton à adopter et peut-être trop sur comment ses personnages doivent évoluer. Patriot a un avantage, celui d’être une série un brin prestigieuse dans sa façon d’avoir été mise en scène. En effet, la réalisation est efficace et permet de donner au téléspectateur l’impression que Patriot n’est peut-être pas si mauvaise que ça. Ou qu’en tout cas elle vaut vraiment le coup. Et j’en doute parfois. Même si des épisodes comme le 1.04 savent briller par leur façon de rendre des petits trucs vraiment passionnants (comme les dix premières minutes de l’épisode qui sont pour moi brillantes), mais l’erreur est que Patriot reste trop simpliste. Elle ne parvient pas à sortir de tout ce qui est familier et que l’on a donc déjà vu auparavant ailleurs. Le générique de la série pouvait laisser supposer quelque chose de différent, mais non, Patriot se contente de reprendre ce que l’on connaît (et pas toujours de la meilleure façon pour autant non plus). Patriot n’est pas mauvaise pour autant. Après tout, elle est bien meilleure que d’autres séries originales que propose Amazon.

Sans compter qu’elle gagne des points en ayant choisi comme héros un acteur inconnu au bataillon, plutôt que de faire comme HBO ou FX et choisir des grandes stars. Mais c’est aussi très loin de Man in the High Castle. Et puis Patriot c’est une série étrange. Car j’ai beau être un grand fan de séries d’espionnage, durant toute cette saison 1 de la série, je n’ai pas eu l’impression que la série était vraiment faite pour moi. Un peu, mais pas que. Elle semble vouloir séduire tellement de publics différents qu’elle s’est un peu embourbée par moment. Mais il y a de très bons épisodes durant cette saison, qui permet d’équilibrer les choses. Patriot n’est donc pas vraiment le pitch qui nous est vendu. Elle est un peu plus que ça voire légèrement différente. Oui, il y a de l’espionnage, du thriller conspirationniste, etc. et tout ce qui fait l’intérêt du sujet de départ, mais la série n’a de cesse de faire des digressions qui nous embarquent ailleurs. De plus, il y a de la violence, des subterfuges, et tout un tas d’autres trucs qui mélangent plein de genres à la fois. Il y a des trucs qui font tout de même mouche comme quand dans l’épisode 1.04, John doit mettre un homme dans un sac à dos. La scène est impressionnante. Et Patriot est pleine de scènes de ce genre là.

C’est pour cela que la série est capable de fonctionner par moment, car elle sait nous prendre de cour. Et le coup du sac à dos fait partie des bonnes surprises. Patriot est donc une série étrange qui fonctionne grâce à son envie de proposer un truc légèrement différent, entre violence et folie, humour noir et conspiration, espionnage et action. Finalement, Patriot est peut-être une série à voir. Pas exceptionnelle mais qui a su construire un truc sympathique qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui ne laissera pas d’empreinte impérissable dans le monde des séries.

Note : 5.5/10. En bref, rien d’exceptionnel mais une certaine vision de l’espionnage qui devient séduisante par moment.

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