Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 3.

Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 3.

Ted Lasso // Saison 4. Episode 3. Richmond's Got Talent.

 

Après deux premiers épisodes qui posaient gentiment le cadre de cette nouvelle dynamique, L’épisode 3 de la saison 4 de Ted Lasso décide enfin d'accorder du vrai temps de jeu aux joueuses des Lady Greyhounds. Intitulé « Richmond’s Got Talent », ce chapitre se concentre principalement sur la création de ce collectif féminin, obligé de monter une équipe à la hâte à la suite de plusieurs coups durs. Si la formule marche bien par moments, elle montre aussi très vite ses limites actuelles. Le souci ne vient pas de l'intention, mais plutôt de la façon dont le scénario emballe le tout. La série a toujours aimé utiliser des situations un peu simples pour aborder des sujets plus profonds, mais là, l’écriture semble parfois trop pressée de faire passer ses messages. 

 

On passe un bon moment, les vannes fusent et certains personnages marquent des points, mais ça manque encore d'un brin de spontanéité. Le problème tombe très vite : l’équipe manque cruellement de joueuses offensives alors que le premier match arrive à grands pas. Entre une grave blessure et un heureux événement, l'effectif prend un sacré coup sur la tête. Ted et Alice se retrouvent dos au mur. La solution arrive dans la foulée sous la forme d'un grand casting sauvage. À la base, c’est une vanne d'Alice, mais Ted s’en empare immédiatement. C'est tout à fait lui : prendre un pépin, le transformer en opportunité et essayer de persuader tout le monde que le projet va tenir la route.

Ces essais permettent de découvrir de nouveaux visages. Dans le lot, Lizzie Davis sort tout de suite du lot. Mère célibataire, elle jongle entre ses responsabilités de maman et ses ambitions sur le terrain. Son parcours apporte une vraie touche d'humanité et donne envie d'en voir plus. De son côté, le cas de Shannon divise. Ted veut tenter le coup, alors qu’Alice et Beard la trouvent beaucoup trop juste pour le haut niveau. Le choix de Ted paraît un peu précipité sur le moment, mais ça demande à être développé plus tard. En coulisses, Rebecca gère un autre chantier tout aussi compliqué : le portefeuille du club. Certains actionnaires voient l'équipe féminine comme un simple gouffre financier et doutent ouvertement de sa rentabilité.

 

Le sujet est pertinent, il permet d'aborder la réalité du sport féminin sans dénaturer l’ambiance de la série. Dommage que certains décideurs soient dépeints de manière si caricaturale. Leurs réactions manquent tellement de nuance qu’on a du mal à imaginer ce genre d'échanges dans une vraie réunion de bureau. Rebecca finit par hausser le ton. Son intervention ressemble plus à une prise de conscience personnelle qu'à une grosse surprise narrative. Au vu du parcours du personnage, cette réaction tombait sous le sens. Sa relation avec Matthijs apporte un peu plus de relief. Les tracas du boulot finissent par déborder sur son quotidien, ce qui nous montre une Rebecca différente, détachée pour un temps de son costume de présidente. 

La série marque des points sur cette partie-là. Journée galère aussi pour Keeley, qui se retrouve sans maillots à quelques heures de l'échéance. L'incident la touche particulièrement, parce qu'il symbolise les doutes et le manque de moyens qui pèsent sur l'équipe. L'intrigue reste légère, mais elle sert surtout de prétexte pour faire évoluer sa relation avec Roy. Fidèle à lui-même, Roy n'a pas les mots parfaits quand tout va mal. Par contre, il comprend rapidement qu'une preuve d'attention vaux tous les longs discours du monde. C'est dans ce genre d'interactions que la série retrouve son naturel. Pas besoin d'ajouter du drame inutile entre eux. Une petite maladresse, deux vannes et quelques gestes simples suffisent à faire fonctionner leur duo.

 

L’arrivée de Gemma est sans doute le meilleur atout de cet épisode. Cette ancienne joueuse avait tiré un trait sur le ballon rond pour se lancer dans des études de droit. Alice va tout faire pour la convaincre de rechausser les crampons. Le passif entre les deux femmes remet vite les choses en contexte. Alice s'est montrée particulièrement dure avec elle à l'époque où elles jouaient ensemble, au point d'accélérer son départ des terrains. Il y a un vrai potentiel dans ce duo, même si le comportement d'Alice paraît parfois difficile à suivre. Son attitude envers Gemma donne l'impression que son développement personnel a fait un petit pas en arrière. Heureusement, la réalité du terrain remet les pendules à l'heure lors du match amical.

Gemma entre en cours de jeu, plante le but de la victoire et rappelle à tout le monde ce qu'elle a dans les jambes. Alice reste de marbre, ce qui annonce de belles étincelles pour la suite. C'est clairement le fil rouge que j'ai envie de suivre. L’enjeu de cette saison 4 se confirme : il faut réussir à donner une vraie substance aux Lady Greyhounds pour ne pas en faire un simple décor. Si des profils comme Lizzie, Gemma ou Shannon commencent à exister, le reste du vestiaire reste encore trop effacé. Pour qu'on y croie vraiment, ces joueuses doivent avoir droit à leur propre espace.

 

Note : 6.5/10. En bref, ce troisième épisode fait le job, malgré des raccourcis un peu faciles et des messages parfois amenés avec de gros sabots. Mais l'arrivée de ce nouveau groupe apporte un vent de fraîcheur évident. J'attends maintenant de voir si la série saura sortir de son schéma habituel pour offrir à cette équipe la profondeur qu'elle mérite.

Disponible sur Apple TV

 

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