13 Reasons Why (Saison 3, 13 épisodes) : vive le vent

13 Reasons Why (Saison 3, 13 épisodes) : vive le vent

Alors que la saison 4 de 13 Reasons Why sera la dernière de la série, cette saison 3 était au départ meilleure que les premières saisons, moins bordélique et cherchant à moins montrer la violence à l’écran. Mais l’enquête sur la mort de Bryce (dont la révélation finale attendra le dernier épisode) tourne parfois en rond, quitte à laisser la série plonger dans certains problèmes narratifs qui persistent depuis le début.

Mais… les personnages évoluent et nous révèlent plus de choses sur eux cette année. Car 13 Reasons Why a plus de temps à leur donner, contrairement à l’an dernier et ses aventures de procès qui à la longue devenaient réellement problématique. Il y a dans un premier temps une nouvelle : Ari Achola. Cette dernière apparait comme le bon personnage pour nous introduire à la saison, sauf que quand elle dit que cela va prendre du temps de tout raconter, elle avait raison. Car la série prend son temps. L’un des gros problèmes de 13 Reasons Why a toujours été la durée de ses saisons. 13 épisodes c’est beaucoup trop, tirant sur la corde la plupart du temps pour ne rien raconter de réellement palpitant. L’arc sur Hannah Baker s’est achevé l’an dernier au terme d’une saison 2 épuisante. Mais maintenant, nous avons droit à la mort de Bryce Walker et le but est de savoir qui l’a tué. Après avoir été jugé non coupable des viols d’Hannah et Jessica (permis d’autres), 13 Reasons Why décide aussi de révéler au travers d’une scène à la fin de la saison que Bryce les a bien violé et qu’au fond, il n’a pas les regrets qu’il devrait avoir.

Est-ce une façon d’édulcorer son meurtre ? Je ne sais pas. Mais la saison mélange le présent (où Bryce est mort) et le passé qui nous permet de voir que chacun des personnages de la série avait une raison de le tuer. Grâce à son rythme plus soutenu par moment, la saison enchaîne les épisodes sans trop de difficultés, grâce notamment à de bons twists et des cliffanghers qui conduisent rapidement à la suite. L’intrigue reste aussi assez fluide dans son ensemble grâce aux mélanges narratifs entre passé et présent. Mais revenons sur la nouvelle, Ari Achola, sensée détenir la vérité sur la mort de Bryce. Son personnage ne sert que la révélation finale et pas vraiment le reste, ce qui est particulièrement problématique. Le prisme de ce personnage manque d’inspiration malgré la bonne idée de départ qu’était d’introduire un nouveau personnage.

On aurait pu croire que les scénaristes voulaient faire d’elle une sorte de nouvelle Veronica Mars, mais il n’en est rien. Elle n’en a jamais les épaules et son personnage est bien trop faible pour réellement engager le téléspectateur dans ses aventures. Alors on reste branchés sur les autres, notamment Bryce, la bagarre qui a éclaté lors d’un match, Monty qui va se révélée gay (et dont l’histoire est presque plus touchante qu’autre chose malgré la violence d’une scène de viol). 13 Reasons Why continue d’offrir des messages forts sans les porter de façon intelligente. Chaque scène violente (et autres) semblent sortir de nulle part, et n’ont pas les conséquences que l’on pourrait souhaiter. Et le fait que le message est suis peu nuancé est problématique à mon humble avis.

Il y a aussi l’erreur de faire de Bryce quelqu’un de meilleur que l’on aurait pu le croire. Le scénario se veut emphatique et c’est là le problème. C’est une idée assez douteuse qui n’a pas de sens compte tenu du fait que la série veut justement aider les adolescents. Bien entendu il est possible que Bryce ait voulu devenir quelqu’un de mieux, mais on ne peut pas vraiment nous demander de compatir à sa situation. En somme, 13 Reasons Why continue d’avoir de gros problèmes narratifs et notamment les longueurs qui deviennent parfois de longs moments de vide narratif. La nuance manque à la saison, car Monty est démoli en place publique alors que la série ne cherche pas à montrer la vie malheureuse qu’il a en parallèle : un père alcoolique et violent, son homosexualité qu’il a du mal à accepter, etc. Et Tyler de son côté est plus ou moins pardonné de ce qu’il a failli faire à la fin de la saison 2 pour mieux parler du viol qu’il a subi. Côté psychologie il y a de l’idée, mais encore une fois 13 Reasons Why ne creuse pas suffisamment ses idées et c’est dommage.

Reste alors les femmes. De ce point de vue là, le combat féministe et des violences que les femmes peuvent subir est un choix narratif intéressant. Cette intrigue est probablement ce que la saison réussie le mieux. Le personnage de Jessica devient rapidement le meilleur personnage de la saison et son évolution est forte. C’est ce qui la rend autant attachante et surtout dans son combat, elle devient l’emblème même de ce que pour moi 13 Reasons Why veut incarner depuis le départ. En somme, 13 Reasons Why est capable de belles choses parfois, mais s’auto-détruit rapidement. Dommage.

Note : 5/10. En bref, une saison moins foutraque que la précédente avec de jolies idées mais elle reste souvent le cul entre deux chaises et subit les longueurs d’une saison trop longue.

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