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Critiques Séries : Capital. Saison 1. Pilot (UK).

26 Novembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Capital

Critiques Séries : Capital. Saison 1. Pilot (UK).

Capital // Saison 1. Episode 1. Pilot.


Adaptée du roman de John Lanchester du même nom par Peter Bowker (Asylum, Monroe), Capital est une plongée intéressante dans un Londres que l’on n’a pas toujours l’occasion de voir et de poser des questions sur l’état actuel des choses. Au premier abord, nous sommes dans un quartier tout à fait ordinaire du sud de Londres. Cette zone va être transformée à cause de la montée en flèche des prix de l’immobilier. Ce qui aurait très rapidement pu être ennuyeux (ou inintéressant) devient très rapidement l’inverse alors que l’on suit le destin des personnages qui ont reçu cette fameuse carte postale dans leur boite aux lettres. Cette nouvelle série de BBC One cherche à nous plonger dans une sorte de satire sociale, presque proche de l’univers de Ken Loach dans son idée d’approche sociale mais pas seulement. Car si cela ressemble un peu à ce que le réalisateur britannique peut développer comme histoires, j’aime bien le fait que cela ne soit pas si facile que ça non plus. Qui de mieux que Toby Jones (Harry Potter, Captain America) pouvait incarner l’un des rôles principaux. Cet acteur qui connait à la fois le registre de la comédie et le registre plus dramatique trouve ici un équilibre assez intéressant qui change de ce que l’on a pour habitude de voir.

Les habitants de Pepys Road, une rue du sud de Londres, reçoivent tous un jour une carte postale qui comprend le message "Nous voulons ce que vous avez". Qui est derrière cette campagne anonyme ? Et surtout, que veulent-ils ? Le mystère s'épaissit et les intrigues personnelles des résidents se mélangent pour révéler au grand jour des changements inhérents au rythme de la vie londonienne.

Car Capital c’est aussi l’histoire du petit peuple qui tente de subsister, qui tente de survivre et de garder le peu qu’il a (notamment cette jeune femme  du Zimbabwe qui travaille illégalement dont l’histoire est assez touchante mais avec laquelle Capital ne cherche jamais à tomber dans le cliché de l’émotion trop simpliste). La série parle de questions tout à fait intéressante et pas seulement autour de l’immigration, mais aussi du rapport entre la richesse et la pauvreté (et le fait que les riches ont toujours plus que les autres), comment la vie en ville se déroule désormais et puis comment l’évolution du monde a pu changer aussi certaines choses comme le quartier de Pepys Road. En apparence très simpliste, Capital est finalement beaucoup plus complexe alors que la série nous fait traverser tout un tas d’émotions différentes. Comme avec Petunia. Cette dernière est le personnage à l’optimisme le plus restreint et cela se voit sur son visage. Le ton dramatique est intéressant malgré tout car justement Capital veut raconter les choses autrement. C’est aussi une série qui montre les conséquences du modernisme (comme quand Usman va prier après avoir regardé un peu trop des publicités de femmes dénudées et se retrouve avec son vélo volé). Il y a des tas de choses qui pourraient ressembler à des raccourcis afin de parler de tout un tas de choses différentes et pourtant, je dirais bien que c’est tout le contraire.

C’est d’autant plus intéressant que le casting de Capital est très réussi. Je ne connaissais pas le roman de John Lanchester (Cher voisins en VF) mais paru en 2012, il semble plus que jamais d’actualité et dépeindre des choses terriblement vraies sur la société de nos jours. La bulle immobilière londonienne est quelque chose qui avait éclaté il y a quelques années de ça et c’est ce que tente d’explorer la série ici. En se retrouvant ici dans le présent, après les histoires de crise financière, Capital choisit donc de raconter des choses différemment. Mais je pense que c’est avant tout le casting qui fait que Capital fonctionne aussi bien. Toby Jones le premier mais aussi Rachael Stirling, Gemma Jones (dans le rôle de Petunia bien évidemment) et puis Wunmi Mosaku qui tente de rester mais qui a bien du mal. L’idée d’avoir intégrer la religion (et sa pratique), permet de parler d’autres choses mais justement, c’est pile poil ce dont j’avais besoin ici. Finalement, Capital délivre donc quelque chose d’assez intéressant dans son ensemble et j’ai déjà hâte de voir les prochains épisodes. Et puis le destin de chacun se retrouve bouleversé par ces petites cartes laissées dans des boîtes aux lettres.

Note : 6/10. En bref, malgré pas mal de clichés et de stéréotypes, la série est touchante et intelligente. Le contraste nord/sud est ici assez bien développé laissant le téléspectateur avec l’envie d’en voir plus.

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