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Critiques Séries : Sensitive Skin. Saison 1. BILAN (Canada).

12 Septembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Sensitive Skin

Critiques Séries : Sensitive Skin. Saison 1. BILAN (Canada).

Sensitive Skin // Saison 1. 6 épisodes.
BILAN


Sensitive Skin est une série qui, sans être terriblement originale, parvient à mettre en abîme les problèmes d’un couple qui est en train de vivre sa crise de la cinquantaine. Enfin, surtout Davina Jackson. Cette dernière est une femme adorable qui va petit à petit nous permettre d’en découvrir un peu plus sur où elle est en dans sa vie et sur ce qu’elle semble avoir envie de faire. Davina se cherche et ce n’est pas Al qui va parvenir à l’aider, surtout quand on voit à quel point Al est certainement l’un des hommes les plus malchanceux du monde (il faut le faire pour se retrouver à s’engueuler avec une chinoise qui va par la suite nous ruiner le pare-brise ou encore se faire diagnostiquer avec un problème au coeur et avoir un PV de stationnement jusque derrière). Sensitive Skin c’est un peu tout ça, un mélange mélodramatique des problèmes de la vie une fois que l’on est arrivé à 50 ans. Un demi-siècle. Je comprends pourquoi Kim Cattrall a voulu a tout prix adapter ce qui était au départ une série anglaise. Il y a un ton qui semble assez personnel pour elle où elle nous montre une part beaucoup plus intime d’elle même (alors que l’on avait déjà eu l’impression de tout voir dans Sex and the City, ce n’est pas du tout le cas). Kim Cattrall est d’ailleurs parfaite dans le rôle de Davina. Touchante à souhait.

Au fil des six épisodes on tente donc de cerner ce que Davina va bien pouvoir faire, à la fois dans sa vie professionnelle, dans sa relation avec Al, etc. Elle est en train de changer et au fond elle ne se sent plus du tout en phase avec le monde dans lequel elle s’est enfermée. La série est bien aidée par sa mise en scène. C’est d’ailleurs Don McKellar (celui qui incarne Al) qui a réalisé les six épisodes de cette charmante première saison. On y retrouve le ton des séries HBO. Ce côté ultra feutré mais pas trop, qui cherche l’intimisme mais qui veut aussi nous raconter quelque chose d’universel. Car les sentiments que l’on voit à l’écran sont finalement des choses que l’on a déjà ressenti dans sa vie ou que l’on sera amené à ressentir beaucoup plus tard. La première saison fait un joli travail de ce point de vue là, explorant à merveille les problèmes d’être une femme à 50 ans. Ce que cela implique d’un point de vue physique (c’est certainement la partie la plus rasoir de Sensitive Skin qui est rapidement balayée). Puis d’un point de vue psychologique. On commence à être un peu trop vieux pour les personnes plus jeunes et vice versa. Davina c’est un peu tout ça. Dans sa quête je l’ai trouvé vraiment touchante. Surtout que la mise en scène aide beaucoup.

Le soutien que Davina va pouvoir recevoir des gens qu’elle aime dans ses « apparitions » était de jolis moments que seule Sensitive Skin semble savoir maîtriser. Par ailleurs il y a Al. Ce dernier est donc un homme malchanceux. Il va même tenter de courser dans le dernier épisode de la saison un homme qui lui a fait des misères durant une journée entière sans parvenir à l’arrêter puisqu’il va faire une crise cardiaque en plein milieu de sa course. Je me demande aussi si le but de Sensitive Skin n’est pas de nous faire réfléchir sur la jeunesse quand on est jeune en la regardant. Je me demande donc si finalement Sensitive Skin n’est pas là pour parler à des gens de mon âge de ce que l’on va devenir dans le futur. Il faut donc faire attention à ce que l’on fait dans la vie peut-être un peu plus. L’un des chocs les plus intenses de la fin de la saison c’est forcément la dernière image et ce son d’électrocardiogramme plat. Que s’est-il passé et surtout que va t-il advenir de Al ? Telle est la question. Je suppose qu’il va mourir ce qui pourrait dans une seconde saison poser de nouvelles questions sur la vie et notre relation avec la vie. Car justement, c’est ce genre de choses que j’ai envie de voir un peu plus dans cette série.

Il faut dire qu’elle pose tellement de bonnes et belles questions sur la vie et le virage que l’on prend à 50 ans qu’au fond on ne peut pas avoir envie qu’elle s’arrête. C’est aussi une comédie noire qui n’a pas vraiment d’égard pour le monde qui l’entoure et qui, sous la pleine de Bob Martin (Slings & Arrows, Michael : Tuesdays and Thurdays) prend vraiment tout son sens. En tout cas, Sensitive Skin est une très belle série. Pas parfaite mais très belle. C’est soigné et l’on sent que la manière dont Bob Martin semble gérer ses personnages est fait de façon intelligente tout en conservant un regard assez humoristique. Après tout, le but n’est pas non plus de trop en faire, mais juste ce qu’il faut. A la fois dans la comédie noire mais aussi dans le bon mélodrame.  

Note : 6.5/10. En bref, une très belle première saison pour une série intelligente sur la crise de la cinquantaine.

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