Critique Ciné : Stop! That! Train! (2026)

Critique Ciné : Stop! That! Train! (2026)

Stop! That! Train! // De Adam Shankman. Avec RuPaul, Ginger Minj et Jujube.

 

Quand on lance Stop! That! Train!, le contrat est clair dès la première scène. Ici, pas question de chercher du réalisme, de la logique ou une intrigue tirée au cordeau. Adam Shankman livre une comédie absurde, kitsch et complètement assumée. Son ambition ? S’inscrire directement dans la lignée des monuments de la parodie façon Y a-t-il un pilote dans l’avion ?. Malheureusement, avoir de bonnes intentions et une énergie à revendre ne suffit pas toujours à faire un grand film comique. Le point de départ avait pourtant de quoi donner le sourire. L’histoire nous embarque à bord du Glamazonian Express, un train ultra rapide et luxueux qui traverse les États-Unis. 

 

Tess et DeeDee, deux meilleures amies et hôtesses de train qui échangent leurs services à bord du Stank Rail contre les paillettes du Glamazonian Express. Lorsqu’une catastrophique menace de faire dérailler le train à grande vitesse et de le précipiter sur Los Angeles, le duo en classe économique doit faire équipe avec les arrogants agents de la première classe — et la présidente Judy Gagwell — pour sauver la situation.

 

Tout bascule évidemment quand les freins lâchent en pleine tempête. Au milieu de ce joyeux bordel, on suit Tess et DeeDee, deux copines qui rêvent de devenir hôtesses à bord de ce TGV VIP après s'être fait virer d'une compagnie beaucoup moins prestigieuse. Sur le papier, le concept déroule tous les codes du film catastrophe revisités à la sauce absurde. Annonces de bord surjouées, passagers tous plus stéréotypés les uns que les autres et situations rocambolesques : le film cherche à enchaîner les gags à un rythme effréné. Le souci, c’est que cette formule demande une précision d'horloger que le métrage n'a pas toujours. L’écriture souffre d’une irrégularité très classique dans ce genre de production. 

 

Si certains sketches font mouche, d’autres tombent complètement à plat. On a trop souvent l’impression d’assister à une suite d’idées mises bout à bout sans véritable fil conducteur. L’ensemble manque cruellement de progression et ressemble parfois davantage à un enchaînement de scènes indépendantes qu'à un vrai long-métrage structuré. Heureusement, la vraie force du projet réside dans sa distribution. Les reines du drag apportent une fraîcheur et une générosité incontestables. Jujubee tire clairement son épingle du jeu avec une prestation étonnamment nuancée, capable de basculer du slapstick pur à des petits moments de complicité très attachants. Ginger Minj assure elle aussi le spectacle dans son registre de diva excessive.

 

Autre apparition remarquée : RuPaul dans le rôle de la présidente des États-Unis, Judy Gagwell. En dirigeante politique totalement déconnectée du réel et obsédée par son image alors que le pays frôle le drame, elle offre quelques-uns des passages les plus drôles du film. Le décalage entre la panique à bord et l'attitude absurde du gouvernement fonctionne vraiment bien. Du côté des apparitions télévisuelles et des caméos, le résultat est un peu plus mitigé. Voir Sarah Michelle Gellar ou d'autres figures de la pop culture débarquer à l'écran fait sourire sur le moment, mais ces présences ressemblent souvent à des clins d'œil gratuits pour fans plutôt qu'à de vraies idées de cinéma. 

 

Sur le plan purement esthétique, le film assume son esthétique, faite de couleurs flashy, de costumes extravagants et d'un mauvais goût revendiqué. Si cet aspect visuel fait partie du charme, les effets spéciaux trahissent un budget limité. Par moments, ce côté bricolé renforce le second degré ambiant, mais lors des scènes d’action plus denses, la pauvreté des truquages manque de sortir le spectateur de l'histoire. Face aux géants de la comédie parodique dont il s'inspire, le film peine à tenir la comparaison sur la durée. Là où les classiques du genre enchaînaient une blague toutes les cinq secondes sans jamais baisser de régime, Stop! That! Train! subit de gros coup de mou. 

 

Les dialogues manquent régulièrement de percutant et pas mal de vannes auraient mérité une écriture un peu plus affûtée. Il serait pourtant injuste de balayer le film d'un revers de main. Il se dégage de cette aventure une sincérité rafraîchissante. On sent un plaisir évident chez les comédiens, et le film a le mérite de mettre en avant la culture drag dans un format grand public sans se prendre au sérieux. 

 

Note : 5/10. En bref, ce voyage ferroviaire ressemble à un trajet mouvementé : il y a des secousses, des arrêts inutiles en rase campagne, mais aussi quelques jolies accélérations. Si vous cherchez une mécanique comique parfaite, vous risquez de rester sur votre faim. Si vous voulez juste un moment décalé, léger et haut en couleur, l'expérience reste plutôt sympathique.

Prochainement en France

 

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