20 Juillet 2026
Criminal Minds: Evolution // Saison 4. Episode 9. Special Agent Garrity.
À l’approche du final de cette quatrième saison de Esprits Criminels : Evolution (ou saison 19 pour les puristes), le neuvième épisode passe enfin la vitesse supérieure. Après des semaines passées à poser patiemment les cartes sur la table, la série dévoile l’ampleur du plan monté par The Fan. On ne prépare pas seulement le terrain pour le final : cet épisode rééclaire sous un jour nouveau tout ce qu’on nous a raconté depuis le début. Jusqu’à présent, je trouvais le développement du mystérieux admirateur de Voit intrigant, mais il me manquait encore ce petit truc pour saisir en quoi il constituait une menace différente. L’épisode apporte enfin la pièce manquante.
Là où d’autres tueurs agissent sous l’impulsion ou gèrent l’urgence, The Fan a anticipé chaque scénario bien avant que le BAU ne commence à traquer sa piste. Cette longueur d’avance insuffle une tension constante. Pour une fois, l’équipe n’accuse pas juste quelques heures de retard sur le suspect : elle prend conscience que ses déductions étaient incomplètes, voire complètement fausses. Cette remise en question fonctionne à merveille. Elle évite d'en faire des profileurs infaillibles. Depuis le lancement de la saison, plusieurs personnages assument leurs failles, et l'épisode poursuit intelligemment sur cette lancée. Les membres du BAU restent brillants, mais ils affrontent quelqu’un capable d’exploiter la mécanique même de leurs habitudes de raisonnement.
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L’identité de The Fan gagne d'ailleurs une épaisseur bienvenue. Sans tomber dans le piège du génie criminel caricatural, le scénario affine un profil obnubilé par le contrôle et le détail. Cette obsession se ressent dans chaque geste, sa façon de parler et sa gestion des imprévus. Ce soin apporté au personnage le rend nettement plus crédible que certains méchants vus ces dernières années. Son calme olympien tranche d'autant plus avec la violence de ses actes. Pas besoin d’en faire trop : il dégage une assurance dérangeante, comme si l'histoire était déjà écrite. De son côté, Brian Garrity prend une place bien plus importante qu’auparavant. Cantonné jusqu’ici au rôle de respiration comique ou d'élément perturbateur, il prend enfin de la bouteille. La relation avec son ex-femme amène un vrai supplément d’âme.
Derrière des répliques parfois mordantes se cache un lourd passif de regrets. La série prend le temps de montrer deux trajectoires séparées mais toujours reliées par leur passé, ce qui donne immédiatement plus de poids aux scènes de suspense. Je retiens surtout le traitement réservé à Brian : on dépasse enfin la figure du podcasteur un peu à côté de ses pompes. Le côté excentrique reste là, mais on découvre une vulnérabilité et un courage très touchants, sans jamais en faire un héros tiré par les cheveux. Emily Prentiss hérite elle aussi de superbes séquences. Elle portait déjà pas mal de charge mentale ces derniers temps, mais cet épisode met en avant toute son implication personnelle.
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Son inquiétude face au sort de Brian sonne juste et rappelle la solidité des liens tissés au fil des ans. J'aime cette manière d'humaniser les personnages sans en faire des tonnes. La saison insiste sur les séquelles psychologiques des enquêtes (que ce soit pour Luke, JJ ou Emily) et cet équilibre fonctionne bien mieux que par le passé, où l'émotion passait souvent à la trappe. L’autre gros morceau concerne évidemment Elias Voit. On le sentait glisser lentement depuis quelques semaines, et cet épisode enfonce le clou tout en traçant une voie captivante pour le final. Voit réalise que la menace vise aussi sa propre famille. Poussé dans ses derniers retranchements, il est acculé à un choix radical.
Le récit joue à fond la carte de l’ambiguïté : protège-t-il les siens en père de famille ou redevient-il le tueur impitoyable qu’il a toujours été ? La frontière entre Elias Voit et Sicarius n'a jamais paru aussi poreuse. L'épisode en profite pour donner un vrai coup d'accélérateur au rythme. Fini les temporisations des premiers épisodes, les révélations s'enchaînent sans étouffer les moments d'émotion. Même les rares notes d'humour tombent pile au bon moment, sans gâcher le suspense. Si je devais émettre une réserve, c'est sur la complexité parfois excessive des plans de The Fan, qui demandent d'accepter deux ou trois grosses coïncidences. Mais cela reste dans les clous du format plus feuilletonnant adopté par Evolution.
Note : 7/10. En bref, toutes les pièces s'emboîtent. Les intrigues disséminées ces dernières semaines convergent enfin. Entre l'évasion de Voit et un tueur dans la nature, le season finale s'annonce particulièrement intense.
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