Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : La Famille Bélier, comédie des champs

23 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : La Famille Bélier, comédie des champs

La Famille Bélier // De Eric Lartigau. Avec François Damiens, Karin Viard et Louane Emera.


Mis en scène comme un téléfilm unitaire d’une chaîne française avec une intrigue tire larmes, La Famille Bélier s’en sort correctement grâce au talent de François Damiens et Karin Viard, particulièrement drôles et touchants malgré le handicap de leurs personnages. Ce que j’adore avec François Damiens c’est qu’il ne cesse de se mettre en danger au cinéma. Il ne cherche donc pas à faire toujours la même chose encore et encore mais accepte des rôles complètement différents. C’est quelque chose qui force le respect, surtout que quand il joue dans un drame, je le trouve toujours aussi drôle et même très touchant. La Famille Bélier reste cependant une dramédie dont l’ambition reste très limitée. Le film a ses moments (notamment une scène silence qui m’a fait verser toutes les larmes de mon coeur) mais au delà de ça, j’ai eu parfois du mal à voir où est-ce que cela voulait nous emmener, sans compter que Eric Lartigau ne parvient pas à mettre tout ça en scène de façon à nous faire oublier que des téléfilms français sont mis en scène de la même façon. Le réalisateur de l’excellent L’homme qui voulait vivre sa vie ou encore de Prête-moi ta main prouve encore une fois son goût prononcé pour la dramédie.

Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à
ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l’éloignement de sa famille et un passage inévitable à l’âge adulte.

L’histoire de La Famille Bélier pèche parfois à cause de Louane Emera, ancienne candidate de The Voice France. Si sa voix est talentueuse, on ne peut pas en dire de son jeu d’actrice qui laisse malheureusement à désirer. Le côté jeune fille qui n’a de cesse de faire la moue car rien ne va dans sa vie, c’est quelque chose que l’on a déjà pu voir des dizaines de fois dans des épisodes de Joséphine Ange Gardien avec des actrices aussi médiocres. Je pense que son manque de talent n’a pas vraiment aidé à apprécier le film autant que je n’aurais aimé l’apprécier. En parallèle, nous avons les parents et leurs petites aventures. Là c’est bien plus drôle. Le film cherche à nous prouver que l’on peut être sourd et rire à gorge déployée. Karin Viard et François Damiens sont à la fois bluffant par rapport à leur maîtrise de la langue des signes mais également de l’alchimie qu’il y a entre les deux et qui se ressent rapidement dès l’entrée en matière. C’est ce qui ressort donc vraiment d’un film qui se fait peut-être un peu trop timide à mon goût. Je ne dis pas que le film est complètement raté, loin de là, comme je le disais il a aussi ses bons moments. Il y a des scènes qui m’ont surpris où l’on peut rire encore et encore sans s’arrêter (Eric Elmosnino n’est pas en reste)…

… mais il y a aussi des scènes où l’on peut tout simplement pleurer. J’ai été ému une fois dans ce film, lors d’une scène magnifique qui était à la hauteur de mes attentes. J’avais envie de voir quelque chose d’original et même si ce n’est pas une astuce complètement nouvelle, elle fait ici mouche et sort aussi du lot. On n’a pas l’impression de voir un film aussi classique en somme et c’est certainement ce qu’il y a de plus important. Eric Lartigau délivre donc avec La Famille Bélier un film en doux amère qui, par certains problèmes pèches. Je peux citer le scénario (toute cette histoire de maîtrise Radio France c’est pas assez sexy, trop terne) et le talent de Louane Emera est plus que limité en actrice, ce qui n’aide pas à apprécier complètement le film. Ses camarades de classe sont tous un peu pareil dans le genre. C’est sans compter sur la bien pensance qui veut nous offrir une morale aux petits oignons où une chanson, « Je m’envole » de Michel Sardou peut finalement résoudre tout un film qui aurait mérité tout de même quelque chose de bien moins bateau, surtout que cela partait d’une idée ambitieuse.

Note : 6/10. En bref, François Damiens et Karin Viard font le show dans une comédie dramatique qui manque de souffle.

Commenter cet article