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Critique Ciné : Le Temps des Aveux, rouge révolution

23 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Le Temps des Aveux, rouge révolution

Le Temps des Aveux // De Régis Wargnier. Avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung et Olivier Gourmet.


La France semble apprécier l’Asie cette année. Alors que Le Promeneur d’Oiseau (Ye Ying en VO) de Philippe Muyl représente la Chine pour la course aux Oscars, Régis Wargnier décide non pas de nous envoyer en Chine mais au Cambodge en pleine Révolution des Khmers rouges. C’est l’histoire vraie de François Bizot, un ethnologue français venu admirer les derniers vestiges d’une culture qui pourrait bien disparaître à cause de la guerre qui se prépare. Sauf qu’à ce moment là il va être kidnappé, accusé d’être un espion et découvrir ce qui se cache dans l’envers du décor de la révolution. Il va alors pouvoir par la suite nous raconter son histoire, celle du génocide cambodgien tout en incluant sa vie personnelle (sa femme, sa fille, sa rencontre avec Douch, ses anciens acolytes, l’ambassadeur français, etc.). Si le film n’est pas toujours à la hauteur des attentes, certainement à cause d’un manque cruel de moyens financiers, Régis Wargnier tente de nous montrer l’horreur de cette époque au Cambodge, comment les Khmers rouges traitaient les leurs quand ils ne voulaient pas faire la guerre.

Cambodge, 1971.
Alors qu’il travaille à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l'embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable…

Mais je pense que le plus gros reproche que l’on puisse faire au film de Régis Wargnier c’est de manquer cruellement d’émotions. Il y a des idées là dedans mais justement, en cherchant à tout prix à ne pas faire de fioritures, le réalisateur s’égare dans sa façon d’exposer les sentiments et l’on se retrouve par la même occasion devant un film qui ne creuse peut-être pas suffisamment tout ce qu’il aurait dû être et pu être. Je trouve également dommage le fait que Le Temps des Aveux se concentre sur presque toute l’histoire, l’avant, le pendant et l’après de l’histoire entre Bizot et son geôlier Douch. Il aurait probablement été intéressant de se concentrer uniquement sur ce qu’il a vécu en tant que prisonnier, les mois de torture psychologique plus que physique. Mais là encore le fait ne cherche pas à aller dans ce sens là ce qui à mon sens est une très grosse erreur de la part du réalisateur. Mais globalement, si le film fait l’impasse sur pas mal de choses qu’il aurait été judicieux d’utiliser, on a un film assez sincère qui, dans sa façon d’exposer les choses, trouve tout de même un éveil salutaire. Après tout ce n’est pas facile de parler d’une telle révolution au travers des yeux d’un seul homme.

Surtout quand on veut raconter toute son histoire. On effleure donc énormément de choses, là où probablement quelqu’un d’autre aurait pu prendre son temps mais Le Temps des Aveux souffre aussi du temps qu’il s’impose. 1h30 c’est beaucoup trop court pour raconter autant de choses. Il aurait probablement été plus judicieux de raconter un bon trois quart d’heure ou même une heure au film afin d’aller dans les recoins d’une histoire qui avait un potentiel bien différent. On retrouve alors au milieu de tout ça une certaine amertume, celle qui vient de l’envie de voir beaucoup plus, d’être émus. Le Temps des Aveux souffre presque du même mal que The Search de Michel Hazanavicius et pourtant les moyens des deux films sont complètement différents et l’on sent que l’un est tout de même plus artisanal que l’autre. La retenue a du bon mais peut-être pas ici, surtout qu’à vouloir trop être dans l’exposition de tous les faits de la vie de Bizot, on a un récit qui ne marque pas vraiment les esprits car s’il a été détenu, on ne partage pas vraiment sa souffrance tant on ne nous laisse le temps de la palper. Reste alors Raphael Personnaz, plutôt convaincant.

Note : 5.5/10. En bref, un film intéressant, parfois très solide mais qui occulte l’émotion nous empêchant de réellement nous souvenir.

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