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Critique Ciné : Benoît Brisefer, les Taxis Rouges

23 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Benoît Brisefer, les Taxis Rouges

Benoît Brisefer : les Taxis Rouges // De Manuel Pradal. Avec Gérard Jugnot et Jean Reno.


Si les américains ont ridiculisé notre très cher Peyo avec leur version des Schtroumpfs, la France avait elle aussi besoin de ridiculiser un peu Peyo et son oeuvre avec Benoît Brisefer. Je suis donc partagé sur une adaptation qui a tout de même le mérite d’être bourrée d’idées mais pas du tout bien exploitées. Je pense par exemple à l’univers très coloré, proche de l’univers de la BD. C’est donc une très bonne chose que de retranscrire l’univers de la BD à l’écran sauf que cela ne fonctionne peut-être pas aussi bien que l’on aurait pu l’espérer car au delà de tout ça, les dialogues manquent cruellement de sel. On se retrouve alors avec un film qui semble faire les choses de façon très gamines, très maladroites. J’ai conscience du fait que c’est destiné à un public plus enfantin qu’adulte mais il est dommage de se mettre à dos ceux qui ont découvert la bande dessiné les premiers. Il y a malgré tout des références assez intéressantes mais ce n’est pas suffisamment appuyé. Il aurait été agréable de voir un film qui assume pleinement tout ce qu’il cherche à mettre en place et alors on aurait probablement eu un bon film.

Benoît Brisefer, âgé de 10 ans, est un petit garçon au caractère bien trempé et d’une grande générosité qui cache sous une apparence très ordinaire de supers pouvoirs. Son seul point faible : il perd toute sa force quand il s’enrhume. Courageux, vaillant et très volontaire, ce super-héros pas comme les autres n’hésite pas une seconde à passer à l’action pour défendre ses amis et combattre le mal.
Sa petite ville est menacée par une bande de malfrats avec à leur tête le leader charismatique Poilonez qui, sous couvert de l’implantation d’une nouvelle compagnie de taxis, LES TAXIS ROUGES, ont pour objectif de piller la ville. Mais c’est sans compter sur l’intervention fortuite de Jules Dussiflard et surtout Benoît Brisefer qui vont se dresser sur leur route…

Je ne pense pas que je puisse être trop méchant avec les effets spéciaux de Benoît Brisefer étant donné que ce n’est pas une énorme production et que la plupart du budget a du passer dans ce très grand casting d’acteurs français plus ou moins côté : Gérard Jugnot en chauffeur de taxi qui cabotine plus que jamais, Jean Reno en grand méchant rendant une sorte d’hommage à Austin Powers (pour le décor notamment) sans parler de Thierry Lhermitte en nouvelle version de Seul au Monde. On se moque aussi des films policiers français à tire-larigot et avec pas mal de simplicité mais le scénario manque là aussi un peu de forme. Ce petit film a beau être en grande partie assez raté, il y a quelques éclats de réussites qui font que je ne peux pas non plus totalement le détester. Je pense que le plus gros défaut de Benoît Brisefer c’est Leopold Huet, notre héros. L’acteur est assez mauvais. J’ai conscience du fait que ce n’est pas facile de trouver de bons acteurs enfants mais c’est un travail qui demande forcément du temps et des efforts. Pour le coup, je ne vois pas du tout l’effort. On aurait très bien pu voir ce jeune garçon dans un épisode de Joséphine et trouvé ça drôle au second degré, ici pas du tout.

Car c’est un peu le problème de Benoît Brisefer, de ne pas parvenir à nous trouver un acteur potable pour le héros d’une bande dessiné créée par Peyo. Ce dernier n’est tout de même pas inconnu du grand public. Et dans ce marasme il y a Manuel Pradal, un homme qui tente de mettre le tout en boîte sauf que le côté très porté sur le bon vieux téléfilm français de seconde zone n’aide pas vraiment à apprécier toutes les petites trouvailles des décors. Car le vrai héros de Benoît Brisefer c’est justement le décor et accessoirement Jean Reno qui est tout de même très bon dans son cabotinage de méchant désuet. Il ne se ridiculise pas et provoque le rire comme son personnage se devait de l’apporter tout simplement. Ainsi, Benoît Brisefer est probablement un échec et sera probablement un échec au box office. Je ne suis pas pour autant indigné. Ce n’est pas une bonne adaptation mais elle n’est pas non plus ce qui s’est fait de pire. C’est de l’acabit de ce que les américains ont fait des Schtroumpfs. En destinant son film au mauvais public, en évitant les références, Manuel Pradal a fait tout le contraire de ce que Benoît Brisefer aurait dû être.

Note : 3/10. En bref, il y a quelque chose d’honorable là dedans sauf que le film ne s’adresse pas au bon public et devient assez crétin dans le mauvais sens du terme.

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