30 Juillet 2026
Les Fous du Pickelball // De Josh Greenbaum. Avec Jake Johnson, Mary Steenburgen et Ed Harris.
Apple vient de sortir Les Fous du Pickleball, une comédie américaine qui tente de surfer sur l'engouement soudain pour ce sport de raquette venu des Etats-Unis. Sur le papier, le pitch avait de quoi éveiller la curiosité : raconter l'histoire d'un ancien espoir du tennis qui cherche à se refaire une santé morale et sociale grâce au pickleball. Le tout emballé avec des histoires de famille, des rivalités absurdes et un brin d'humour. Sauf qu'à l'arrivée, le film reste constamment au bord de son sujet et peine franchement à déclencher de vrais piques de comédie. On y suit Dusty, un gars qui traîne ses regrets depuis qu'il a loupé son virage dans le tennis professionnel.
En essayant de sauver un club en crise et de gagner le respect de son père, un joueur de tennis professionnel est forcé de faire la seule chose qu'il avait juré de ne jamais faire : jouer au pickleball.
Coincé entre ses souvenirs d'un succès manqué et la pression d'un cadre familial étouffant, il se raccroche à ce sport souvent moqué mais en pleine explosion. Pour lui, cette petite balle trouée devient le moyen de prouver qu'il existe encore, de régler deux ou trois comptes avec son père et d'accepter enfin ses échecs. L'idée de départ tenait la route. Mettre en parallèle le tennis, discipline perçue comme élitiste et exigeante, avec le pickleball, plus convivial et parfois perçu comme un passe-temps de préretraités, offrait un cadre idéal pour parler de seconde chance sans se prendre au sérieux. Le problème, c'est que la réalisation et l'écriture préfèrent dérouler une enfilade de clichés plutôt que de s'amuser réellement avec ce contraste.
Le scénario emprunte une trajectoire tellement balisée qu'on devine chaque virage vingt minutes à l'avance. Tout y passe : la crise de doute, le tournoi décisif pour regagner le respect de ses pairs, les règlements de comptes familiaux autour d'un verre, et la romance casée là parce qu'il fallait bien une intrigue amoureuse. Ce n'est pas honteux dans la construction, mais c'est tellement classique qu'aucune scène ne parvient vraiment à surprendre. Côté humour, c'est le même constat de timidité. Quelques passages fonctionnent bien, surtout quand le film s'appuie sur la maladresse naturelle de Dusty ou sur des silences un peu pesants. Mais la majorité des vannes repose sur de gros rouages : des chutes prévisibles, des blagues téléphonées sur l'âge des joueurs et des quiproquos vus mille fois.
On sent le film crispé, comme s'il n'osait jamais pousser le curseur vers le décalé ou le corrosif, alors que l'univers du pickleball s'y prêtait à merveille. C'est regrettable, d'autant que le casting avait la gueule de l'emploi. Jake Johnson fait du Jake Johnson, avec ce charme de perdant magnifique et touchant qu'il maîtrise à la perfection. Il réussit à rendre son personnage attachant alors même que le texte ne lui offre pas grand-chose à défendre. Autour de lui, des têtes bien connues comme Mary Steenburgen, Ed Harris ou Ben Stiller font acte de présence et apportent un peu d'épaisseur à l'écran. Malgré leur talent, ces acteurs finissent par se heurter au manque d'ambition du récit.
Les seconds rôles traversent l'histoire sans jamais être développés. La relation entre Dusty et Candace, par exemple, aurait pu apporter un vrai liant dramatique, mais elle ressemble plus à une coche cochée sur la feuille de route du scénariste qu'à une vraie rencontre. Le choix d'intégrer une romance marquée par une nette différence d'âge laisse lui aussi perplexe. Traité différemment, le sujet aurait pu apporter un peu de fraîcheur. Là, il tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et rend certaines scènes bizarrement gênantes, trahissant un film qui ne sait pas sur quel pied danser. Techniquement et visuellement, c'est propre mais terne.
Les scènes de matchs manquent de punch, la caméra reste très sage et le sport en lui-même n'est jamais filmé de manière gratifiante ou déjantée. Le pickleball possède pourtant son propre folklore, ses codes visuels et un potentiel comique évident. Mais le film choisit la sécurité à chaque plan. Tout n'est pas à jeter pour autant. Le propos sur la défaite, l'acceptation d'un parcours imparfait et le droit de recommencer à zéro résonne plutôt bien par moments. Dusty reste un bon gars pour qui on éprouve de la sympathie, précisément parce qu'il n'a rien d'un héros hollywoodien sans tâche.
Note : 4/10. En bref, Les Fous du Pickleball s'avère être une comédie sportive trop polissée pour marquer les esprits. On sourit deux ou trois fois, ça se laisse regarder d'un œil distrait un dimanche soir, mais l'ensemble manque cruellement d'énergie, de rythme et d'originalité. Un divertissement correct mais dispensable, qui vaut surtout pour son casting bien plus inspiré que son scénario.
Sorti le 24 juillet 2206 directement sur Apple TV
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog