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Critique Ciné : Hard Day, dur journée

16 Janvier 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Hard Day, dur journée

Hard Day // De Kim Seong-hun. Avec Lee Seon-gyoon, Jo Jin-woong et Shin Jung-Keun.


Les sud-coréens sont tout de même forts pour ce qui est des bons petits thrillers concoctés aux oignons. Hard Day fait partie de ces réussites assez inattendues. Elle nous montre ses talents encore et encore, prouvant que finalement ils s’imposent dans un genre de cinéma dont Hollywood semble avoir abandonné l’originalité. Mêlant thriller et humour noir, ce film est une petite réussite présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes. Le but n’est pas de prendre le spectateur avec des pincettes et de le mettre en condition très rapidement. La scène d’introduction permet de nous laisser cette impression de rythme continu où la surprise n’est finalement pas permise. Mais ce n’est pas bien grave car c’est justement ce que l’on vient chercher avec un tel film, le côté bourrin et amusant. C’est brut, violent et cela ne prend pas le spectateur avec des pincettes mais voilà un polar fantaisiste qui change un peu de ce que l’on a déjà pour habitude de voir en Europe et aux Etats-Unis. On a l’impression que seule l’Asie est capable de produire ce genre de films et l’an dernier déjà j’ai été bluffé par pas mal de films asiatiques (Black Coal, A Touch of Sin, Ugly, Le Promeneur d’Oiseau, etc.) dans des registres complètement différents.  

En route pour assister aux funérailles de sa mère, et tandis qu’il est visé par une enquête pour corruption, le commissaire KO Gun-su renverse accidentellement un homme. Pour se couvrir, il décide de cacher le corps dans le cercueil de sa mère.
Lorsque l'affaire est découverte, on nomme son partenaire pour mener l’enquête. Et quand l’unique témoin de l’accident l’appelle pour le faire chanter, Gun-su comprend qu’il n’est pas au bout de ses peines…

Kim Seong-hun trouve son salut également dans une mise en scène appuyant les délires du film. Le but est de nous en mettre plein la vue sans pour autant en faire des tonnes et c’est ce que l’on va avoir dans Hard Day. Le plaisir est entier tout au long des deux heures de film. Je ne m’attendais pas forcément à un film aussi ingénieux, bourré de trouvailles pour plonger notre héros un peu plus dans le chaos. Le suspense est quant à lui très bien entretenu, mélangeant les genres et les idées que l’on peut retrouver dans le monde des polars. Par ailleurs, la mise en scène est tout simplement brillante. Elle met en avant tous les atouts de comédie noire de ce film. Le but est de transformer la vie de notre héros en un cauchemar et le film le fait brillamment. Je ne m’y attendais pas du tout d’autant plus que le film impose également une vision de la société sud-coréenne qui me plaît énormément. Cela change des polars occidentaux qui n’ont finalement plus grand chose à révéler tant ils ont déjà épuisés la plupart de leurs idées. Hard Day impose un vrai style, une mécanique intelligente et un changement dans la façon de faire qui me bluffe, tout simplement.

Le scénario est quant à lui complètement tordu. On enchaîne les scènes sans que l’on ait l’impression que le film soit mal fichu, bien au contraire on sent que celui-ci fait tout pour nous surprendre. C’est jouissif du début à la fin et surtout sans temps mort. On aurait très bien pu avoir des scènes émotionnelles pompeuses et des bons sentiments qui viennent gâcher le plaisir mais il n’en est rien. Ce film en veut pas nous prendre par des pincettes mais tout le contraire et la réussite est justement là dedans. On retrouve un peu la folie d’un Bong Joon-ho (Memories of Murder) qui est connu pour avoir fait des films du même acabit. Je ne suis pas un spécialiste du cinéma asiatique mais c’est aussi probablement pour ça que j’ai plus de facilité à être surpris. Sans compter que j’ai l’impression que seul les bons films asiatiques viennent dans nos cinémas en France. Le but de Hard Day n’était pas de faire un film cohérent et il s’assume comme un film qui s’éclate du début à la fin en transformant la vie de son héros en véritable enfer. Le spectateur assiste à cela avec l’envie d’en voir plus. La fin du film est presque un coup de massue.  

Note : 9/10. En bref, voici ce qu’est un bon casse-tête chinois (enfin, sud-coréen ici).

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