Critique Ciné : Sunset Strip Killers (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Sunset Strip Killers (2026, direct to SVOD)

Sunset Strip Killers // De Chad Ferrin. Avec Robert Miano, Ken May et Brenda James.

 

Hollywood aime piocher dans ses faits divers les plus crasseux pour nous pondre du frisson à pas cher. Avec Sunset Strip Killers, le réalisateur Chad Ferrin s'attaque à l'histoire vraie de Douglas Clark et Carol Bundy, un duo d'assassins qui a ensanglanté Los Angeles au début des années 80. Sur le papier, mélanger la sordide réalité d'un fait divers avec une esthétique grindhouse pur jus pouvait réserver un trip poisseux et dérangeant. Dans la réalité de mon écran, c'est surtout une énorme foire à la saucisse. On se retrouve face à une série Z tellement mal emballée qu'elle en devient involontairement risible. Tout commence par une scène de fuite totalement téléphonée où une malheureuse se fait dessouder en pleine rue. 

 

Dans le Los Angeles des années 80, une infirmière solitaire tombe sous l'emprise d'un homme charismatique mais violent. Leur relation toxique l'entraîne dans son univers sombre, effaçant la frontière entre manipulation et complicité.

 

L'ambiance est posée : Los Angeles est moche, sale, nocturne, et les figurants ont l'air de se demander ce qu'ils font là. C'est dans ce décor de carton-pâte que Carol, une infirmière complètement paumée, croise le chemin de Douglas, un ingénieur du son coincé entre le rock et le cinéma porno d'époque. Très vite, le film tente de nous vendre une emprise psychologique censée glacer le sang. Douglas manipule, humilie, et Carol encaisse en souriant presque. Sauf que le scénario oublie un détail capital : écrire la transition. Carol passe du statut de femme fragile à celui de complice sadique en trois claquements de doigts, sans le moindre conflit intérieur, sans explication, sans logique. 

 

Je veux bien suspendre mon incrédulité deux minutes, mais là, c'est du travail de sagouin. Le récit saute d'une scène à l'autre sans aucune cohérence, à tel point qu'on a la sensation très nette que le monteur a laissé la moitié des scènes explicatives sur le carrelage de sa salle de montage. Pourtant, je dois reconnaître qu'axer le récit sur le quotidien de ce couple de marteaux plutôt que sur l'enquête policière était une idée intéressante. Sauf qu'à force de vouloir filmer la banalisation du mal, Chad Ferrin ne filme que le vide. On assiste à une succession de séquences répétitives, molles et sans véritable montée en pression. La psychologie des personnages tient sur un ticket de métro mouillé. 

 

Les victimes, elles, sont réduites à de simples figurantes alignées comme des quilles pour se faire massacrer, ce qui rend le traitement du fait divers aussi superficiel qu'irrespectueux. Au milieu de ce naufrage, tout n'est pas à jeter aux poubelles, et c'est bien ce qui rend la chose frustrante. L'acteur Max E. Williams fait ce qu'il peut dans la peau de Douglas et parvient par moments à dégager une froideur bête et méchante assez efficace. L'autre bonne surprise vient des effets spéciaux pratiques. Le réalisateur a eu le bon goût d'éviter les effets numériques dégueulasses pour favoriser les maquillages à l'ancienne. Quelques séquences sanglantes ont un petit côté artisanal plutôt réjouissant qui plaira aux amateurs de gore à la papa. 

 

Le grain d'image et le look rétro rappellent vaguement les VHS d'exploitation d'autrefois, mais avoir de bons effets gore ne suffit pas à faire un film. La mise en scène est d'une rigidité cadavérique. Le rythme s'effondre toutes les dix minutes, les raccords sont foireux, et la bande-son semble parfois avoir été collée au hasard par un stagiaire étourdi. Les dialogues sont d'une platitude affligeante et n'aident jamais les comédiens à sortir la tête de l'eau, Susan Priver en tête, totalement perdue dans un rôle trop lourd pour elle. Sunset Strip Killers avait entre les mains un matériau historique fascinant et un concept grindhouse prometteur. Le résultat final ressemble plutôt à un nanar mal fignolé qui fait de la peine. 

 

Note : 2/10. En bref, un nanar poisseux qui fait pitié plus que peur. C'est bancal, maladroit, souvent ridicule, et ça tourne en rond pendant une heure et demi. Les fondus de cinéma bis y trouveront peut-être deux ou trois effets gore amusants à se mettre sous la dent, mais pour le reste, c'est un rendez-vous manqué complet que j'aurai oublié d'ici demain matin.

Prochainement en France en SVOD

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article