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Critique Ciné : Belles Familles (2015)

21 Octobre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Belles Familles (2015)

Belles Familles // De Jean-Paul Rappeneau. Avec Mathieu Amalric, Marine Vacth et Gilles Lellouche.


Belles Familles ou comment raconter une énième romance sur fond de conflit immobilier familial. Doté d’un casting assez surprenant, le film a le malheureux désavantage d’être parfois un peu trop long à la détente et ainsi à ne pas réussir à totalement investir le téléspectateur. Jean-Paul Rappeneau, connu pour des films comme Le Hussard sur le Toit ou encore Cyrano de Bergerac n’avait rien tourné depuis Bon Voyage (2003). Cela fait donc onze ans qu’il prépare son retour avec un film personnel qui s’inspire de sa propre histoire. Enfin, en quelque sorte. L’idée est assez sympathique mais rapidement, cela commence à devenir redondant et malheureusement pas aussi efficace que prévu. Ce qui mange à tous les râteliers n’est pas si percutant. On aurait peut-être préféré quelque chose d’un peu plus théâtral, plus proche du cinéma d’Alain Resnais avec cette fresque familiale que du cinéma un peu désuet que Jean-Paul Rappeneau semble vouloir nous offrir. Pourtant, et c’est étrange, le film a aussi de bonnes idées et un visuel assez travaillé dans son ensemble. On retrouve aussi les atouts du cinéma de Rappeneau, notamment dans sa façon de créer des comédies intelligentes et raffinées (à sa façon).

Jérôme Varenne, qui vit à Shanghai, est de passage à Paris. Il apprend que la maison de famille d’Ambray où il a grandi est au cœur d’un conflit local. Il décide de se rendre sur place pour le résoudre. Cette échappée provinciale changera sa vie…

Cependant, Belles Familles n’est pas une oeuvre majeure de son cinéma. On a beau retrouver son charme, on ne se retrouve pas pour autant avec un très bon film. Reste alors sa mise en scène, soignée et léchée comme il se doit afin de sortir un peu des carcans de la comédie française téléfilmée. Mais Jean-Paul Rappeneau n’offre pas vraiment de grande alternative à l’histoire de départ qui était déjà un peu vue et revue. Si l’aspect familial est donc un peu mal fagoté, c’est presque la même chose avec l’aspect romancé du film. Cette romance un peu désuète qui donne l’impression d’être au centre d’un film qui pète plus haut qu’il ne le devrait m’a déçu. D’autant plus que la romance que le film cherche à nous raconter manque cruellement de caractère et les personnages d’émotions. Car l’émotion ne vient jamais alors que Belles Familles tente pourtant de créer des scènes intéressantes de ce point de vue là. C’est à ce moment que l’on peut se demander si finalement Belles Familles n’est pas plus une comédie (et le résultat est là aussi très décevant). L’humour manque cruellement malgré le charme léger de certains bons moments du film.

Finalement, Belles Familles est une comédie dramatique et romantique agréable mais passe partout. Ce qui aurait pu signifier le retour d’un cinéaste donne surtout l’impression que l’homme derrière la caméra s’est un peu endormi sur son script durant trop d’années. Sa mise en scène reste élégante et inspirée, mais c’est bien le seul truc qui m’ait véritablement plu dans ce film. Le casting est lui aussi réussi, à commencer par Mathieu Amalric même si ce dernier n’a pas grand chose de neuf à jouer. On a l’impression d’avoir droit à une resucée de ce qu’il a déjà pu faire depuis deux ans dans le cinéma français (et pourtant, je suis un très grand adepte de cet acteur). Nous avons par ailleurs Karin Viard qui elle aussi déçoit (alors que depuis quelques années je n’ai de cesse d’être surpris dans le bon sens par ses choix de film). Du coup, la seule vraie force de ce film c’est probablement André Dussollier en Maire complètement barré et éperdument amoureux du personnage de Nicole Garcia. On ne profite pas assez bien de ces deux personnages qui auraient pu délivrer beaucoup plus. Quant au charme de Marine Vacth (Jeune & Jolie), retrouvant Gilles Lellouche et Karin Viard (pour jouer deux rôles importants autour de son personnage) après Ma Part du Gâteau (2011), il ne semble venir que de sa plastique.

Note : 4/10. En bref, un film parfois correct, parfois ennuyeux, parfois décevant. Le ton léger sauve en grande partie cette histoire d’un naufrage.

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