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Critique Ciné : Premier Contact (2016)

10 Décembre 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Premier Contact (2016)

Premier Contact // De Denis Villeneuve. Avec Amy Adams et Jeremy Renner.


Après Sicario et Prisoners, Denis Villeneuve est de retour avec Premier Contact, un film étonnant et intelligent qui sous couvert d’une histoire alien nous offre une relecture du mythe de la Tour de Babel. Dans un monde qui se déchire plus que jamais, Premier Contact est un signal d’alarme, un film qui vient véhiculer une image de paix sur fond d’invasion extra-terrestre. C’est assez bien trouvé comme miroir et l’idée fonctionne du début à la fin sans aucun temps mort. Le film procure de l’émotion et emprunte les codes d’une SF qui fait mouche. Je ne m’attendais pas nécessairement à une telle claque, tant sur le plan visuel que sur le plan narratif, mais tout y est. Du début à la fin. Le film est purement et simplement grandiose. Cette fresque n’est pas vraiment là pour nous raconter les aventures aliens que Roland Emmerich et d’autres aiment nous raconter, encore moins pour copier ce que Ridley Scott a déjà initié avec sa franchise Alien/Prometheus. Premier Contact c’est plus subtile et propose alors une réflexion sur notre société et ce qu’elle est en train de devenir sous nos yeux. L’une des anecdotes les plus intéressantes du film et qui résume parfaitement l’histoire est ce que Louise invente au sujet des aborigènes face aux étrangers en Australie avec le mot « kangourou ».

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…

Ce mot anodin et la fausse histoire qui nous est contée avec symbolise alors à la perfection le message que cherche à faire passer Premier Contact : la variété de nos langages est notre faiblesse et l’une des causes de guerre dans le monde. Le film parle aussi du fait que le langage est la première arme utilisée dans un conflit, ce qui n’est pas totalement faux. Je trouve que le propos de Premier Contact est vraiment réfléchi et creuse réellement ce que la société a forgé pour nous. Quand ces aliens viennent pour nous sauver, je trouve le message beau et poétique. Denis Villeneuve n’en est pas à son coup d’essai et il continue de nous proposer des histoires qui font réfléchir sur l’humanité elle-même. Pour Sicario c’était déjà important sur la réflexion qu’il apportait par rapport à la guerre et aux rapports humains. Eric Heisserer (Dans le noir, Destination Finale 5) change complètement de registre ici afin de délivrer son premier scénario de SF. Le jeune homme trouve tout un tas d’astuces narratives afin de ne jamais laisser le spectateur tomber dans l’ennui. Le rythme est solide, toujours pimenté par des révélations à des moments stratégiques où les questions s’accumulent et les réponses se font attendre.

Côté casting, Amy Adams brille sous les traits de Louise Banks et je crois que pour la première fois depuis un sacré bout de temps j’ai trouvé Jeremy Renner plutôt bon dans son interprétation. Il forme un bon duo avec Amy Adams. Accompagné d’acteurs comme Forest Whitaker qui viennent compléter un casting déjà bien ficelé, Premier Contact m’a fasciné et me fascine encore. Cette façon de réinterpréter le mythe de la Tour de Babel et de ce que cela pourrait apporter au monde est une vraie surprise que je ne m’attendais pas du tout à voir.

Note : 10/10. En bref, l’une des plus belles claques de l’année, peut-être même le meilleur film de 2016 pour moi. Je réfléchis encore, j’en suis toujours aussi retourné.

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