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Critique Ciné : Ablations, que feriez vous si on vous volait un rein ?

26 Juillet 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Ablations // De Arnold de Parscau. Avec Denis Ménochet, Florence Thomassin et Virginie Ledoyen.


Et vous que feriez vous si un jour vous vous réveillez dans un terrain vague et qu’il vous manque un rein ? Feriez vous comme Pastor qui va décider de retrouver son rein et faire payer cela à la personne qui a pu l’opérer. Le plus gros problème d’Ablations c’est d’être un film bourré d’incohérence qui enchaîne alors les scènes à la mise en scène peu inspirer pour nous donner l’impression qu’il y a quelque chose qui est réellement fait là dedans. Pourtant, il y a largement de quoi faire avec un tel sujet mais le personnage de Pastor est un peu trop soupe au lait et il se laisse parfois un peu trop porter par ses romances, avec sa femme et sa maîtresse. Il y a quelque chose de terrible pourtant mais plus le temps passe et plus on n’a finalement moins de compassion pour le héros du film qu’il ne semble. Benoît Delépine a écrit tout ça avec beaucoup de lâcheté, donnant donc peu d’importance à ces voleurs de reins sans parvenir à faire quelque chose de réellement brillant. Certes, le fait que Yolande Moreau pense qu’il est de son devoir religieux d’aider des enfants tombés dans des trafics d’organes c’est touchant mais Ablations ne rend jamais ça touchant.

Un homme se réveille dans un terrain vague, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos. Une ancienne maîtresse, chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein. Obnubilé par ce vol,  il va tout sacrifier pour le retrouver : sa famille, son travail… jusqu’à sombrer dans la folie.

L’histoire manque donc cruellement de passion qui aurait pu rendre le tout réellement passionnant. J’ai donc plutôt eu l’impression d’être devant un film qui avait tout pour être merveilleux, l’une des surprises du mois, et qui termine sa route dans un ravin. Il y a tout un tas de scènes qui ne servent strictement à rien et qui alourdissent même le film. Je parle des moments psychédéliques de Pastor. On a l’impression que Arnold de Parscau veut tenter des choses avec sa caméra mais manque de bol pour lui, rien ne fonctionne quand il sort des lignes. Il y a aussi toutes les scènes de Virginie Ledoyen (XIII). Cette dernière est loin d’être gâtée par le cinéma ces derniers temps tant ses rôles sont aussi irritants qu’insipides (qu’est-ce qu’elle pouvait être énervante dans Une autre Vie avec Joey Starr par exemple). Mais voilà, on ne peut refaire le film. Sans compter que celui-ci ne se concentre pas non plus sur l’aspect journalistique (vous imaginez la panique des gens si dans votre région il y avait un serial voleur de reins ?). On ne ressent rien. Tout est très souvent inerte dans un film qui aurait dû être tout l’inverse. Je ne dis pas que le film avait besoin d’être rythmé sous adrénaline, mais cela ne pouvait pas non plus être un film sous sédatif comme il l’est ici.

Fort heureusement qu’il y a dans Ablations quelque chose qui me plaît et c’est plutôt l’aspect psychologique du personnage. C’est quelque chose qui va petit à petit le plonger dans la folie. En effet, sa quête de réponse ne va pas vraiment le servir et je dois avouer que j’ai trouvé ça merveilleux. Mais ce n’est pas suffisamment pour transformer Ablations en grande réussite. C’est dommage car quand je suis aller voir ce film, je m’attendais à voir un film merveilleux. Et c’est tout le contraire qui s’est déroulé, tout ça à cause d’une mécanique étrange qui ne fonctionne pas très bien. On enchaîne donc les personnages et les histoires sans qu’il n’y ait vraiment de grande cohérence entre tous les ingrédients. J’ai notamment trouvé un peu étrange que les personnages qui sont à l’origine de cette sorte de conspiration des reins ne parviennent pas du tout à nous intriguer. J’avais envie de savoir pourquoi ils faisaient ça mais même la réponse m’a presque déçu. Je m’attendais à quelque chose d’un peu moins touchant. Le parti pris est là c’est sûr.

Note : 4.5/10. En bref, malgré un pitch d’une richesse étonnante, le film n’en exploite presque rien.

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