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Critique Ciné : Swim Little Fish Swim, fourre tout newyorkais

5 Juin 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Swim Little Fish Swim // De Ruben Amar et Lola Bessis. Avec Lola Bessis, Brooke Bloom et Anne Consigny.


Swim Little Fish Swim n’est pas sans rappeler ce que Julie Delpy peut faire au cinéma indépendant américain (notamment avec son 2 Days in Paris et surtout, pour la comparaison, son 2 Days in New York). Ce petit film adopte alors un ton rafraichissant qui, tout au long, parvient à réellement nous transporter. Le film a des défauts aussi, notamment celui d’être sur la fin un peu trop long mais Swim Little Fish Swim s’approprie ce New York des artistes avec beaucoup de malice en nous plongeant dans le destin de deux personnages : Leeward et Lilas. Les deux n’ont au premier abord pas grand chose en commun. L’un a une vie de famille et par ses principes refuse de s’adonner au principe du capitaliste. L’autre est une jeune femme qui a envie que sa mère reconnaisse enfin son talent. Le film se cherche constamment, entre une chronique de la vie des artistes à New York, la vie d’un artiste conciliée à sa vie amoureuse et/ou sa vie de famille, etc. C’est assez bien conçu, notamment car l’histoire est assez trapue ce qui donne énormément de matière à traiter mais ce n’est pas totalement réussi non plus, notamment car à certains moments on ne peut s’empêcher d’entrevoir le côté ultra patch-worké.

Dans son petit appartement new-yorkais où il vit avec sa femme, Leeward, musicien talentueux et atypique, compose des morceaux à l'aide de jouets de sa fille de trois ans, Rainbow.
Lilas, jeune vidéaste, traîne sa valise de squats d'artistes underground en galeries branchées, en espérant percer dans le milieu fermé de l'art contemporain.
Leur rencontre pourrait bien les pousser à enfin accomplir leurs rêves...

Par là je veux dire que Swim Little Fish Swim en fait peut-être un peu trop dans les bondieuseries. Les maladresses sont donc là mais finalement, la bonne humeur est tellement communicative que l’on ne parvient pas à passer un mauvais moment. J’ai beaucoup aimé le personnage de Lilas par exemple. Cette jeune femme est aussi le personnage auquel, depuis la France, on peut s’attacher plus facilement. C’est une fille française, d’une artiste reconnue dans le monde entier. Elle a des problèmes avec son visa (encore un moyen de démontrer la difficulté d’être artiste et surtout de le prouver), elle tente d’avoir enfin de la reconnaissance et de faire éclore son rêve américain (qui n’a jamais déjà rêvé d’aller aux Etats-Unis et parvenir à y trouver quelque chose qui pourrait être l’essor de notre vie). Le personnage passe donc par plusieurs stades de la jeune fille innocente à la femme qui prend conscience des choses et qui devient donc beaucoup plus mature. Le film ne cherche pas nécessairement à faire dans la grande singularité de ce point de vue là mais ce n’est pas bien grave car on ne peut qu’être à l’aise avec ce qu’il nous raconte.

J’ai retrouvé par moment un peu de Woody Allen également dans cette chronique enlevée. Etrangement pas du cinéma new-yorkais du réalisateur mais plutôt de Vicky Christina Barcelona. Disons que ce rapport à la lumière était assez proche de ce que le réalisateur américain avait pu faire de son côté. Mis en scène à plusieurs, écrit à plusieurs, le film a donc la patte de plusieurs personnes et parvient à le faire ressentir au travers de ce qu’il tente de réellement mettre en exergue. C’est tantôt mignon, tantôt pas assez mûr mais c’est souvent sympathique. On peut également être étonnés de voir Anne Consigny là dedans. Disons que ce n’est pas le genre d’actrice que j’aurais imaginé voir dans un film indépendant américain. Mais après tout, tout le monde a ne droit de faire ce qu’il veut et d’avoir sa chance. Swim Little Fish Swim est une petite chronique artistique amusante qui se veut plus patchwork que réel travail d’artiste de fond. Le but n’est pas de faire un état des lieux de la vie artistique à New York (ce qui aurait été excellent) mais plutôt de nous parler de ces petites mains qui tentent de percer.

Note : 5.5/10. En bref, un film innocent et mignon, trop tendre par moment mais qui parvient malgré tout à nous raconter la vie de personnages avec une étonnante sincérité.

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