Critiques Séries : Revival (2025). Saison 1. Episode 9.

Critiques Séries : Revival (2025). Saison 1. Episode 9.

Revival (2025) // Saison 1. Episode 9. Mother of Babylon.

 

À un épisode de la conclusion, Revival prend une tournure plus sombre et plus ritualisée, comme si l’histoire, qui avait commencé dans un silence presque inquiet autour du retour des morts, se dirigeait maintenant vers un cérémonial apocalyptique. Dans Mother of Babylon, le neuvième épisode de cette première saison, les tensions atteignent un point où les drames intimes et les enjeux collectifs s’entrelacent au point de devenir indissociables. Ce qui frappe en premier, c’est qu’au milieu des manœuvres militaires, des théories religieuses et des opérations improvisées, ce sont toujours les relations humaines qui dictent le rythme. 

 

Em vit l’épisode comme une longue séquestration, piégée à la fois par les barreaux qui l’entourent et par la présence de sa mère Patty, qui apparaît comme une figure oscillant entre douceur feinte et cruauté calculée. Ce n’est pas une apparition réconfortante venue du passé, mais une matérialisation de ses propres blessures intérieures. Patty semble connaître chaque recoin de ses doutes et les utiliser pour l’enfoncer un peu plus. Cela transforme chaque échange en un affrontement psychologique où la culpabilité prend la forme d’un visage familier. Malgré tout, Em garde un lien avec Rhodey, ce fil ténu qui les relie depuis le début, même après des épisodes où la confiance a été brisée. Ce mélange de rancune et de loyauté persiste dans les moments les plus tendus, comme lorsqu’elle murmure, presque en supplication, qu’elle ne veut pas qu’il la quitte à nouveau.

Pendant qu’Em lutte contre ses fantômes, Blaine poursuit sa dérive mystique. Dans son esprit, elle n’est plus seulement une survivante du Revival Day, mais l’incarnation même de la Mère de Babylone, figure qu’il s’imagine devoir sacrifier pour clore une prophétie inventée à sa mesure. Sa mise en scène tient davantage du rite sectaire que de la stratégie. Depuis plusieurs épisodes, il se positionne en prophète auto-proclamé, persuadé de tenir entre ses mains la clé d’un équilibre divin. Plus il parle, plus il semble enfermé dans ses propres certitudes, incapable de percevoir que ses discours ne sont peut-être qu’une tentative désespérée de donner du sens à un phénomène qui lui échappe.

 

Ibrahim, de son côté, tente de comprendre les origines du Revival Day et se risque à des hypothèses fragiles, allant jusqu’à relier directement la mort d’Em au déclenchement du phénomène. Cette idée, qu’elle soit vraie ou non, devient un point d’ancrage pour ses réflexions et influence, consciemment ou non, les choix des autres. Parallèlement, la famille Cypress continue de se déchirer. Wayne et Dana découvrent enfin la vérité sur la nuit de la mort de Patty, et cette vérité n’a rien de libérateur. L’explication de Wayne, qui n’a pas répondu à l’appel crucial parce qu’il était avec Diane, ne fait qu’ajouter un poids supplémentaire à la rancune de sa fille. 

Ces tensions familiales, déjà présentes dans les épisodes précédents, éclipsent parfois la menace extérieure, comme si les blessures intimes avaient toujours plus d’urgence que les dangers collectifs. La menace militaire, elle, se précise à travers la générale Cale, qui avance son plan de transfert des Revivers vers une destination inconnue. Les raisons officielles paraissent vagues, les réelles motivations encore plus opaques. Face à cela, une partie de la communauté décide de s’organiser. Dana, Wayne, May, Rhodey et quelques autres improvisent une manœuvre pour intercepter les convois, mêlant détermination et urgence. La solidarité qui émerge rappelle certains passages antérieurs de la saison, mais prend ici un aspect plus frontal, comme si chaque geste pouvait être le dernier. 

 

Même Carla, longtemps alignée sur les directives de l’armée, finit par changer d’attitude. Elle transmet aux Revivers des fioles contenant de l’eau de Moss Creek, censée avoir un effet sur eux. Peu importe que ce soit une arme ou un placebo, cela devient un prétexte à l’action. Le plan d’évasion partiellement réussi disperse une partie des Revivers, mais Em, elle, tombe dans le piège tendu par Tyler, qui se présente comme un allié envoyé par Dana, avant de la livrer directement à Blaine. Celui-ci l’attend dans une église, transformée en théâtre macabre, avec Ibrahim comme témoin silencieux dans les bancs. Tout semble converger vers ce moment où Blaine, sûr de lui, proclame qu’Em est la gardienne des enfers, celle qu’il doit renvoyer à sa prétendue source. 

La tension repose alors autant sur ce qui pourrait se passer que sur ce que cela représente : la capture d’Em n’est pas seulement un geste physique, c’est aussi la mainmise d’une idéologie sur un individu déjà fragilisé par le poids de ses propres remords. Les questions qui restaient en arrière-plan reviennent ici avec plus d’insistance. Si la mort d’Em a réellement déclenché le Revival Day, qu’est-ce que cela signifie pour la suite ? L’ange observé par certains est-il un sauveur ou une menace masquée ? Et s’il y avait en réalité deux forces distinctes, l’une protectrice et l’autre destructrice ? Quant au rituel de Blaine, a-t-il la moindre portée réelle ou n’est-il qu’un théâtre morbide où il se donne le premier rôle ? Autant de pistes qui, pour l’instant, ne trouvent pas de réponse claire.

 

Ce qui ressort le plus de cet épisode, c’est la continuité d’un thème déjà bien installé depuis le début de la saison : le deuil comme élément déformant des relations humaines. Chaque personnage, à sa manière, tente de combler le vide laissé par une perte, et dans cette tentative, les alliances se font et se défont, souvent au prix de nouvelles blessures. Les vérités qui éclatent ne soignent rien. Elles déplacent simplement la douleur d’un endroit à un autre, créant de nouvelles rancunes ou réactivant d’anciennes. À l’approche du final, tout est en place pour un affrontement qui ne sera pas uniquement physique. Les Revivers sont dispersés, Blaine tient Em sous son influence, l’armée poursuit ses objectifs, et la vérité sur le Revival Day reste partielle. 

 

La suite devra trancher entre les croyances, les illusions et les faits, tout en laissant aux personnages la possibilité – ou non – de réparer ce qui peut encore l’être. Car malgré le surnaturel et les complots, Revival n’a jamais cessé de raconter une histoire de liens fragiles, usés mais toujours capables, parfois, de résister à ce qui cherche à les briser.

 

Note : 6/10. En bref, “Mother of Babylon” ne résout pas grand-chose, mais resserre l’étau autour de ses protagonistes.

Prochainement sur Universal+ et Syfy France

 

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