28 Février 2026
9-1-1: Nashville // Saison 1. Episode 11. Don Begins.
L’épisode 11 de la saison 1 de 9-1-1: Nashville, intitulé “Don Begins”, était censé apporter un éclairage décisif sur Don Hart. Après plusieurs épisodes où le personnage oscillait entre autorité rigide et posture de héros irréprochable, ce retour en arrière devait offrir des clés de compréhension. Le résultat reste plus nuancé. Depuis le début de la saison, Don est présenté comme un capitaine sûr de lui, parfois paternaliste, souvent persuadé d’agir pour le bien commun. Pourtant, cet épisode confirme un sentiment déjà présent : derrière l’image du leader, il existe une part d’immaturité affective que la série peine à confronter frontalement.
Les flashbacks permettent de découvrir le jeune Don, ses débuts, sa rencontre avec Dixie puis avec Blythe. La série continue de démontrer son talent pour le casting des versions plus jeunes des personnages. La jeune Dixie, notamment, reproduit avec précision les attitudes et l’énergie que l’on connaît du personnage adulte. Ce souci du détail rend les scènes du passé crédibles et vivantes. Pourtant, au-delà de la réussite formelle, quelque chose dérange. Don annonce l’existence de son fils avec une désinvolture surprenante. Comme si une information aussi déterminante ne nécessitait ni préparation ni délicatesse.
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Cette manière de gérer l’intime traverse tout l’épisode : Don semble attendre que chacun s’adapte à ses décisions sans véritablement se soucier des conséquences émotionnelles. La relation avec Dixie illustre parfaitement ce problème. Les flashbacks mettent en lumière son tempérament impulsif, son goût du contrôle, une forme de narcissisme assumé. Elle n’est pas exempte de reproches. Pourtant, Don entretient une dynamique ambiguë avec elle. Les limites ne sont jamais clairement posées. Même une fois leur relation terminée, l’attachement conflictuel persiste. La présence de clés d’appartement, les échanges insistants, tout cela traduit une incapacité à couper le cordon.
L’arrivée de Blythe marque un contraste. Elle représente la stabilité, l’ambition structurée, une volonté d’élévation sociale et personnelle. Contrairement à Dixie, Blythe ne cherche pas le drame permanent. Elle investit dans la relation, elle s’engage. Les flashbacks la montrent déterminée, parfois stratège. Son implication dans l’arrestation du responsable du drame qui a frappé la famille de Don renforce l’idée qu’elle agit concrètement, là où Dixie s’agite. Mais cet épisode pose une question centrale : Don mérite-t-il vraiment cette loyauté ? L’évolution de la saison montre un homme souvent dur avec Blythe, parfois condescendant.
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Les scènes précédentes ont laissé transparaître un manque de respect latent, comme si la stabilité qu’elle apporte allait de soi. “Don Begins” tente d’humaniser ce comportement en rappelant le traumatisme fondateur : la perte de sa famille. C’est ici que l’épisode divise le plus. Le thème du pardon occupe une place centrale. Don se retrouve confronté au responsable du drame qui a détruit son passé. La série choisit d’explorer la voie de la clémence, ou du moins d’une forme d’apaisement. Cette orientation ne convainc pas totalement. Certaines blessures ne se referment pas par une simple déclaration lors d’une audience. La souffrance des victimes, l’irréversibilité de la perte, tout cela dépasse la symbolique d’un “je te pardonne”.
La scène paraît presque déconnectée de la colère que l’on aurait dû ressentir tout au long de la saison. Jusqu’ici, Don ne semblait pas habité par une rage sourde, mais plutôt par une rigidité morale parfois agaçante. Le lien entre le jeune homme brisé et le capitaine actuel manque de continuité émotionnelle. Par ailleurs, l’ombre du père de Blythe plane sur l’épisode. Les allusions à une possible ingérence dans la séparation du couple ajoutent une couche supplémentaire au drame conjugal. L’idée qu’une figure paternelle ait cherché à saboter la relation ouvre des perspectives intéressantes pour la suite.
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Cela expliquerait certaines ruptures abruptes et renforcerait la dimension sociale du conflit : différences de milieu, d’ambitions, de vision du monde. En parallèle, l’épisode rappelle que 9-1-1: Nashville fonctionne souvent mieux lorsqu’il s’éloigne de Don. Les personnages féminins, en particulier, apportent une énergie plus authentique. Dixie et Blythe partagent une tension presque électrique à l’écran. Leurs confrontations ont plus de relief que leurs interactions respectives avec Don. La série frôle parfois le soap opera en les opposant autour d’un homme qui ne semble pas toujours à la hauteur de l’enjeu. Malgré ces réserves, cet épisode a le mérite d’ancrer Don dans une histoire plus large. Il offre un socle, même imparfait.
La saison 1 avait besoin de cette plongée dans le passé pour justifier certaines attitudes présentes. Reste à savoir si les prochains épisodes exploiteront réellement ces révélations ou si elles resteront à l’état de simple contextualisation. Au final, “Don Begins” éclaire sans totalement réhabiliter. Le portrait esquissé est celui d’un homme façonné par la perte, mais aussi par des choix discutables. L’évolution de la saison dépendra de la capacité de la série à confronter Don à ses contradictions plutôt qu’à les excuser.
Note : 5.5/10. En bref, pour l’instant, l’attachement à 9-1-1: Nashville repose davantage sur la richesse de ses personnages secondaires que sur son capitaine.
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