28 Février 2026
9-1-1 // Saison 9. Episode 11. Going Once, Going Twice.
Après le cliffhanger tendu de l’épisode 10, je ne savais pas vraiment dans quel état d’esprit j’allais retrouver 9-1-1. L’image d’Abigail quittant l’école avec Christopher sans l’autorisation d’Eddie restait en tête, et la coupure avait laissé le temps à toutes les hypothèses de s’installer. L’épisode 11 choisit finalement une résolution plus nuancée que dramatique, et c’est peut-être ce qui résume le mieux cette heure : beaucoup d’agitation, mais un impact émotionnel moins durable que prévu. La confrontation entre Eddie et Abigail arrive rapidement. La série ne transforme pas la jeune femme en antagoniste caricaturale, et j’apprécie ce choix. Son geste relève davantage d’un manque de repères que d’une volonté de nuire.
Son passé explique ses difficultés à comprendre les limites, sans pour autant excuser ce qu’elle a fait. Eddie, en père inquiet, réagit avec colère et peur. Cette réaction me semble juste. Personne ne peut rester calme lorsqu’il s’agit de son enfant. Ce qui m’a davantage marqué, c’est la manière dont Eddie tente malgré tout de rester humain face à elle. Il pourrait couper tout contact, il pourrait s’endurcir, mais il continue à chercher une solution qui protège Christopher sans abandonner Abigail à son sort. Cette compassion constante fait partie de son identité depuis la saison 2, et je retrouve ici ce trait qui m’avait tant attaché à lui.
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Pourtant, je ressens aussi une forme de fatigue : Eddie porte toujours le poids des autres, mais la série hésite encore à lui offrir un espace pour explorer ses propres conflits intérieurs. L’intrigue prend un virage plus sombre lorsque le véritable danger se révèle ailleurs. Le soupçon d’obsession qui pesait sur Abigail se dissipe progressivement, et la tension se déplace vers une menace extérieure bien plus directe. Ce retournement fonctionne sur le plan narratif, mais il illustre aussi une tendance récurrente : 9-1-1 préfère souvent la surenchère dramatique à l’exploration intime.
Eddie blessé, puis déjà replongé dans un autre décor quelques scènes plus tard, donne l’impression que les événements n’ont jamais vraiment le temps de laisser une trace. En parallèle, l’épisode adopte un ton beaucoup plus léger avec la vente aux enchères organisée par la caserne. Cette intrigue secondaire apporte une respiration bienvenue. Voir les membres du 118 sortir du cadre strict des interventions rappelle pourquoi je reste fidèle à la série depuis neuf saisons : ces dynamiques de groupe, ces échanges parfois absurdes, cette capacité à mêler gravité et humour. J’aurais aimé que cet équilibre soit davantage assumé ces derniers temps.
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Buck occupe une place intéressante dans cette partie plus légère. Ses questionnements sur l’âge et l’image qu’il renvoie résonnent avec le parcours qu’il a effectué depuis la saison 1. L’ancien pompier impulsif laisse place à un homme plus réfléchi, mais toujours traversé par des insécurités. Sa conversation avec Maddie apporte une douceur que j’attendais depuis plusieurs épisodes. Leur relation fraternelle reste l’un des piliers émotionnels de la série, et ces moments plus simples m’ont paru sincères. Hen, de son côté, se trouve face à une décision importante. Son état de santé et la gestion du stress posent une question légitime : peut-elle continuer à exercer dans les mêmes conditions ? J’ai trouvé crédible son hésitation.
Après tout ce qu’elle a traversé cette saison, un retour immédiat au statu quo aurait semblé artificiel. L’accident qui la pousse à agir comme avant fonctionne comme un déclic narratif classique, peut-être un peu attendu, mais cohérent avec son identité profonde. Être paramédic fait partie d’elle. Cela ne résume pas toute sa personne, mais cela structure son rapport au monde. Ce qui me laisse plus partagé, c’est l’impression générale que la série avance pour mieux revenir au point de départ. L’épisode 11 divertit, rassemble les personnages, répare les tensions immédiates. Pourtant, je peine à identifier ce qui a véritablement changé à long terme.
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Eddie reste en suspens, Buck poursuit son évolution sans réelle rupture, Hen reprend sa place. La promesse de transformation flotte dans les dialogues, mais j’attends encore de la voir pleinement incarnée. Je ressors malgré tout avec un certain attachement renouvelé pour le 118. Lorsque chaque personnage bénéficie d’un moment, même bref, l’ensemble retrouve une cohésion qui m’avait manqué en début de saison. L’alternance entre émotion et légèreté rappelle les premières années de 9-1-1, lorsque les catastrophes spectaculaires servaient avant tout de toile de fond aux histoires humaines.
À ce stade de la saison 9, je ressens un mélange d’espoir et de prudence. L’épisode 11 montre que la série sait encore orchestrer un chaos narratif sans perdre totalement son cœur. Reste à savoir si cette énergie sera utilisée pour approfondir les trajectoires des personnages, ou si elle servira simplement à maintenir un équilibre confortable. J’ai envie de croire que les prochains épisodes choisiront la première option.
Note : 5.5/10. En bref, l’épisode 11 montre que la série sait encore orchestrer un chaos narratif sans perdre totalement son cœur. Reste à savoir si cette énergie sera utilisée pour approfondir les trajectoires des personnages, ou si elle servira simplement à maintenir un équilibre confortable
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